Croyances et décroyance

Ce qui suit peut sembler d'une facilité déconcertante, c'est rarement le cas : décroire est un processus plus complexe que croire. Tant qu'un "microgramme" de croyance persiste dans notre champ de conscience, c'est une limitation à la liberté d'être. Si je me suis libérée de beaucoup de croyances, chaque jour me montre qu'il m'en reste dans la mesure où je n'ai pas entièrement effacé mon inconscient mais j'y travaille avec persévérance.

 

Depuis plusieurs années, j'ai entamé un retrait de la société et de la conscience collective en pratiquant méthodiquement la décroyance.
J'ai fait une liste de toutes les évidences qui faisaient de moi un être social et j'ai décidé de m'en désidentifier en conscience.
J'ai d'abord commencé à me désidentifier du sexe féminin en admettant que j'étais incarnée dans un corps de femme sans y attacher de particularités ou de spécificités.


J'ai poursuivi avec la désidentification de parent/mère/éducatrice envers celle qui est ma fille au regard de la société. Lili a bientôt 15 ans ; elle est pour l'instant la seule personne que je fréquente à avoir accepté la transparence. Elle sait que je sais et elle ne se sent ni jugée ni épiée. J'ai donc la chance de vivre avec un être en vérité.


J'ai continué à décroire et à me désidentifier de tout ce qui m'entoure et surtout, je me suis désidentifiée des caractéristiques de ma fausse personnalité et que vous appelez le prédateur.


Quel soulagement de savoir que mes goûts et mes dégoûts, mes avis sur tout, ces jugements permanents que je m'infligeais et que j'infligeais à autrui n'étaient pas mon soi véritable ! J'étais agie de l'intérieur !


Régulièrement, avant de parler ou d'agir, je dis mentalement " je pense par moi-même, j'agis par moi-même" . En faisant ainsi, le blabla du mental s'est calmé : je (me) contrôle moins car je calcule moins donc je peux accueillir le silence et la joie d'être présente ici et maintenant.
Avec la désidentification, les réactions émotionnelles se sont amoindries et elles sont devenues plus rares donc plus faciles à repérer et à transcender.


J'ai senti une grande différence de perceptions lorsque je me suis désidentifiée de ce qu'on appelle la nature. En effet, j'avais remarqué depuis mon enfance une empathie mêlée de pitié envers les animaux. Je me disais que les animaux étaient les plus mal lotis parmi les êtres vivants car souvent incapables de se défendre des humains.


Pendant mes promenades, j'ai décidé de ne plus croire au décor extérieur (ciel, terre, végétation, animaux, vent, etc) . En conséquence, la pitié et donc l'auto apitoiement ont cessé envers cette fameuse nature et aussi envers les victimes potentielles, celles que je croise parfois ou celles qui sont exhibées dans les média. Parallèlement, j'ai réussi à débusquer les attitudes de victime/sauveur de mon prédateur et je les élimine au fur et à mesure.


Je fais un aparté pour insister sur ce point précis : nos qualités, nos défauts, nos attitudes de bourreau/victime/sauveur, nos pulsions, manies, instincts, idées fixes etc appartiennent au prédateur ou bien sont des programmes, implants, manipulations diverses, etc.


Puisque mon inconscient n'était pas le mien, en me désidentifiant de ma fausse personnalité, j'ai pu échapper de plus en plus souvent au bourreau, mon juge intérieur qui n'était autre que le prédateur, encore lui.


En suivant, je me suis désidentifiée de mon histoire personnelle, de mes histoires (fausse famille*, faux souvenirs*, fausses perceptions, faux karma) , de toutes les histoires, celles que j'ai cru vivre, celles que j'ai vues, lues, écoutées, imaginées.


De mon histoire à l'histoire, j'ai cessé de croire à l'histoire officielle et aux nouvelles vérités historiques qui apparaissent.


Finalement, peu m'importe l'histoire, j'ai décidé de quitter ce fameux train que vous évoquez à plusieurs reprises dans vos dialogues et il me semble que je quitterai plus facilement ce train si je suis toute nue : sans croyances et sans regrets d'aucune sorte.


A chaque instant, nous avons le choix de nous demander "j'y crois ou je n'y crois pas ?".
Seul, l'ego croit des choses. La conscience sait que tout se joue au moment présent.

Note 1 : bien que je me sois évidemment désidentifiée de toutes les théories, de toutes les sciences ou pseudo sciences, tout ce qui tente de nous faire rentrer dans des cases, ceci ne m'empêche pas de lire et d'étudier avec discernement ce que mon soi véritable ou le prédateur mettent sur mon chemin.
D'ailleurs, au moment où j'effectue la mise en page de ce texte, on me propose d'envoyer un cv et une lettre de motivation à une dame dont le patronyme est Bonnecase !

Note 2 : en me désidentifiant du sexe féminin, j'ai cessé d'être "révoltée" par la société dite patriarcale, ce qui me permet de garder mon énergie d'autant que la soit disant condition de victime de la femme est un sujet très récurrent pour opposer les êtres.
Par contre, cette désidentification du sexe féminin est à l'origine de la rupture avec mon compagnon qui n'a pas supporté que je ne joue plus le jeu de la séduction.
Cependant, l'arrêt de la séduction a eu pour avantage la fin de regards, d'attitudes, de sous-entendus que je trouvais inappropriés et lourds dans ma vie de tous les jours en provenance de personnes de mon entourage ou d'inconnus. Quand on ne veut plus ni plaire, ni charmer, le prédateur ne voit plus de proie, il passe son chemin !


* voir le film "Dark city"

 

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Commentaires : 1
  • #1

    Annie minery (samedi, 02 juillet 2016 17:10)

    Dans un premier temps en survolant ce texte je serais tenté d'y accorder une certaine approbation, tant il est vrai que les "croyances" ont un effet limitatif sur la liberté ... Mais mon impression quand à la finalité est un grand vide : décroire oui ! décroître non ! Je pencherais pour une démarche inverse plus positive : croître et à mesure se débarrasser de croyances superflues, je ne vois pas la démarche spirituelle comme une entreprise de démolition mais comme je lente mue vers la transformation ... Et non pas pour se couper de ... Mais s'unir à... Ce texte me laisse une impression de ... Combat !