11 - Inutile de les fuir - par Anna

 

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Inutile de les fuir, ils étaient tous là, les prédateurs, à nous attendre, même plus nombreux qu’avant !

 

Fuir ses prédateurs c’est retarder l’évolution, parce qu’ils sont un passage obligé pour entrer dans de nouvelles densités. Il nous faudrait donc accepter de vivre en leur compagnie, ou à leur côté, afin de poursuivre notre apprentissage SDA. Cependant pour vivre au service des autres, il ne s’agit pas de demeurer leur esclave, ni de leur servir de nourriture en entrant dans leur jeu par des peurs multiples, ou par des renoncements à notre avancement, ni même d’être retardés dans notre propre avancement, c’est ce qu’ils passent leur temps à faire lorsque nous sommes attirés par la voie SDA, non, il s’agit d’être ferme et décidé à leur faire face, après les avoir débusqués, après avoir repéré leur jeu, en leur affirmant notre volonté d’être libre, de nous servir d’eux afin d’unifier toutes les fractales de notre être, mais aussi de les remercier au passage, en continuant d’accepter leur existence ou leur présence, afin de permettre également leur propre apprentissage.

Bref, de leur laisser, à eux aussi, la possibilité d’évoluer en acceptant leur présence dérangeante (dérangeante pour nous, signe qu’alors nous avons encore des choses à apprendre d’eux, car lorsque nous n’avons plus rien à apprendre d’eux, soit leur présence ne nous dérange plus, n’est plus un frein à quoi que ce soit, soit ils s’en vont d’eux-mêmes, ils disparaissent tout seul).

Ça pourrait paraître utopique, mais ça ne l’est pas. Pas pour ceux qui vivent déjà au SDA. Parce qu’alors, ils peuvent vivre au milieu des prédateurs sans crainte aucune puisqu’ils ont une force supérieure en eux. Au contraire, cette présence va accentuer encore leur apprentissage. Les éloigner de force ne ferait donc que ralentir l’évolution. Nous avons donc intérêt à continuer à les côtoyer, si nous en sentons la force intérieure, jusqu’à ce qu’ils disparaissent d’eux-mêmes, par les circonstances guidées par ce que j’appelle La Providence. Cependant, et cette restriction est très importante, nous ne devons pas forcer les choses, ne jamais aller plus vite que nous n’en sommes capables, au risque sinon de freiner notre propre évolution. Nous ne pouvons accepter de vivre au milieu de prédateurs que si, et seulement si, nous sommes nous-mêmes déjà très avancés dans la connaissance et l’expérience de la voie SDA. Ce que j’écris là peut paraître paradoxal, alors entrons dans le concret pour mieux comprendre :

 

J’aime donner d’abord les conclusions de mes expériences personnelles afin d’éviter à ceux qui les comprennent avec leurs propres expériences de ne pas s’ennuyer inutilement à lire les miennes.

 

Expérience : depuis deux mois nous sommes revenus à la source, dans ce lieu que j’avais dû fuir pour ne pas mourir. Lorsque nous sommes revenus, ils étaient tous là, nos prédateurs, comme s’ils nous attendaient, et même davantage, j’ai reconnu également ceux qui s’étaient ajoutés ailleurs et qui revenaient avec nous ici, comme des chiens prêts à mordre à la moindre faiblesse, mais fidèles parce qu’ils savent qu’à notre contact, il y a plusieurs nourritures, celle du SDS, mais aussi celle du SDA. Et les autres étaient là, comme s’ils nous attendaient, comme s’ils n’avaient pas bougé, ils n’avaient pas faibli. Mais alors dans quelle galère entrions-nous, pourquoi y retourner ?

 

Il le fallait, pour évoluer plus vite parce que maintenant les choses pressent, parce qu’à ce moment-là, sept ans en arrière, je n’étais pas encore prête, pas assez forte, il me manquait certaines données, celles que j’ai découvertes avec le réseau Léo. Tout était déjà là, en moi, mais il manquait des clefs. Ces clefs que les Léos, (grâce à leur écoute de leur En-je, grâce à leurs lectures, leur attention lors de leurs expériences et enfin grâce à tous les témoignages qui arrivent de partout sur le site), ont pu ainsi me transmettre pour éclairer ma compréhension des choses sur la part de mes ombres et de mes prédateurs. Je les avais repérés depuis tout temps, d’ailleurs je les débusquais un à un, refusant de me laisser manger par eux, parce que j’avais compris que la source de mon être était bien plus grande que ce que je pressentais, mais aussi, je passais mon temps, d’une certaine manière, à les fuir.

Mon intelligence me servait à les dépasser, ma foi en l’amour me servait à tout pardonner, mon intuition me poussait à ne jamais les condamner, mais il me manquait une compréhension, qui s’éclairait au fur et à mesure de chacun des enseignements Léo, y compris ceux des personnes sur le site, visiblement encore sous l’emprise de leurs prédateurs, pour comprendre qu’on pouvait aller bien au-delà, qu’il n’y avait aucune limite parce que tout concourt à l’évolution, la mienne et celle de ceux que je côtoie, quels qu’ils soient.

Je compris progressivement qu’être au service des autres, c’était ouvrir entièrement la porte à son En-Je avec une confiance totale dans sa guidance qui ne peut travailler qu’à l’évolution de tous les êtres, au milieu même des prédateurs, les miens et ceux des autres. En fait, les En-je de chacun travaillent tous à l’évolution du TOUT, le TOUT incluant prédateurs et compagnie, puisque nous permettons tous, en 3ème densité, aux prédateurs en nous et autour de nous de mener la danse. Il s’agit donc d’élever la danse à la sauce des En-Je de chacun. Tout en repérant ce qui vient des En-je et ce qui vient de la prédation.

 

En retournant donc dans notre maison, la prédation s’en est donné à cœur joie, mais je ne fus pas longue à constater qu’elle le faisait sous l’autorisation de mon En-je, puisque tout cela n’allait servir qu’à renforcer d’un coup ce que je savais déjà, et accélérer à la vitesse grand V mon apprentissage.

 

La voie SDA passe obligatoirement par un certain DEPOUILLEMENT pour une AUTRE RICHESSE.

 

J’abrège les détails du dépouillement qui fût radical sur les points qui me paraissaient pourtant, à moi, essentiels à ma survie et à mon apprentissage :

 

- Pas d’internet à la maison, et plus de possibilité de passer mon temps à étudier sur le réseau Léo. Juste en lecture rapide pour découvrir les nouveaux enseignements en allant lire les articles sur mon téléphone au milieu d’une zone SDS-, le centre commercial de la ville la plus proche !

Ce qui me fait comprendre qu’il est temps de passer plus de temps à acter qu’à étudier !

 

- La perte de mon piano, unique moyen pour moi d’exprimer mes émotions qui refusent de sortir en larmes ou en rires ou en quelconque mouvement de mon corps, puisque dans mon enfance, on a cassé en moi tout moyen d’expression en me punissant dès que je faisais un geste « non homologué » par la bienséance érigée en norme ou un cri qu’on jugeait « animal ». Je pianotais donc tous les jours, c’était vital pour moi de frapper les notes pour extraire ma colère en musique ou faire pleurer mon instrument à ma place par une complainte triste et mélancolique. De tout temps, dans cette maison, j’avais un simple piano d’étude qui me suffisait, mais en la quittant, à l’arrivée dans la nouvelle, mon compagnon, avec la volonté de me faire plaisir en me permettant de jouer « tout mon saoul » m’offrit un immense piano… à queue ! Joie immense pour moi. Il prit rapidement toute sa place dans la plus grande pièce de la maison et dans ma vie pendant sept ans. Seulement voilà : en retournant dans l’ancienne maison, nous ne trouvons aucun déménageur qui accepte de le déménager. L’escalier en bois pour accéder à l’appartement ne le permettait pas. Il fallait le vendre pour en racheter un plus petit. Mais aucun acheteur à l’horizon ! Catastrophe pour moi, privée ainsi de mon piano qui reste dans l’autre maison… De quoi mourir tous les jours, étouffée d’émotions non exprimées, mais situation permise par mon En-je, donc acceptée dans la confiance…

Je comprends là que ce n’est pas seulement le dépouillement qui est visé, mais bien plus, concernant l’expression de mes émotions.

 

- Il y eut encore la perte de toutes nos économies et davantage dans la remise en état de choses plus ou moins désagréables et non prévues de notre ancienne-nouvelle maison. Le débordement de la fausse sceptique. (Il fallait dégager toute la « merde » antérieure ; pas besoin de décryptage, tout le monde comprend). Mais cela ne suffisait pas, parce que malgré la fausse sceptique vidée, les toilettes continuaient à déborder. Un effondrement sous terrain (qu’on ne voyait pas à cause de la terrasse sur pilotis) devant la maison bouchait les canalisations ( nettoyer notre canal pour permettre à notre supraconscience de mieux communiquer avec nous). Les travaux furent délicats et onéreux, et « indispensables » pour que la maison soit habitable. J’ai proposé des toilettes sèches, mais on pensa que je n’avais pas les pieds sur terre, et que je ne me rendais pas compte de la réalité… Je compris ainsi qu’il fallait que je m’impose car « mes pensées ne sont pas folles », les Léo m’ont appris ça, et j’obtins, je ne sais par quel miracle, des toilettes sèches pour une partie de la maison. J’avançais dans la découverte de mes réelles possibilités … (qu’on approfondira un peu plus loin).

 

- Les critiques de plus en plus acerbes et envahissantes de mon frère et de ma sœur qui ne comprennent pas « ce retour en arrière, décidément elle ne s’arrange pas avec le temps ». J’ai la conviction que si mon compagnon n’était plus là, ils envisageraient aussitôt une mise sous tutelle de ma personne pour « me protéger de moi-même ! ». Il s’agissait donc d’accepter intérieurement de couper l’attachement particulier à ces deux fractales et à cette volonté obsessionnelle qui m’étreignait depuis l’enfance à travailler à être « normale » afin qu’ils m’acceptent dans leur duo fraternel de frères et sœurs « normaux ». Je comprends que je SUIS une personne normale, non parce que je me comporte comme la majorité, mais simplement parce que je SUIS. Et ça, personne ne peut me l’enlever.

 

- Autre dépouillement, commencé depuis longtemps, mais très accentué ces derniers mois, voire semaines. Nos enfants qui, l’un après l’autre, semblent choisir et s’enfoncer de plus en plus dans des voies SDS qui me paraissent sans issue, alors que j’ai passé ma vie à vouloir ouvrir en eux l’esprit d’enquêteurs. Ils enquêtent, ils cherchent, se posent mille questions tant qu’ils sont petits, et puis… la matrice les rattrape… Certains plus que d’autres… L’un d’eux m’interpelle particulièrement surtout en ce moment, dont les agissements sont terribles et font beaucoup de mal sur son passage, y compris chez ses frères et sœurs… Des dégâts incroyables ! Je me demande même, douloureusement, (et ce « douloureusement » prouve que je ne suis pas entièrement détachée) s’il ne fait pas partie des PO, tellement il semble dépourvu de cœur ou oserais-je le dire, d’âme ? J’essaie de relire le passé, et ce que j’y lis me fait frissonner. Mais l’En-je me fait passer par ces détachements maternels… qui seront salutaires à tous, je le sais…dans la confiance.

 

- Mon voisin !!!!! Je l’avais presque oublié celui-là, pendant ces sept ans d’éloignement, alors qu’il est le parfait représentant de la marionnette qui agit en tout point au service de son prédateur qui n’a d’autre objectif semblerait-il que de provoquer mes colères intérieures. Empiètement sur mon espace privé, c’est-à-dire ma bulle zone de confort, en agissant sur chacun de mes sens sans relâche ; exemple je ne peux sortir de chez moi sans qu’il vienne aussitôt me dire bonjour et entamer des discussions à n’en plus finir pour critiquer le temps, les habitants du village, les politiques, le monde, etc…

Je ne peux faire un travail dans mon jardin sans qu’il vienne me donner ses conseils, m’offrir son aide (pour mieux orienter le résultat dans son sens, s’il a décidé de couper et de désherber, il le fera malgré moi quand je ne suis pas là et dira quand je rentrerai « vous avez vu, c’est quand même mieux comme ça ! »), et mes mémoires en colère qui remontent dans cette ingérence dans mon quotidien et me rappellent alors qu’il a, jadis, asséché ce petit plan d’eau qui irriguait mon jardin sous prétexte de le nettoyer, car ça faisait désordre. Dans la réalité, il l’a percé je ne sais où ni comment et l’eau ne se retient plus. Bref, plus de plan d’eau. Il a ainsi saccagé l’écosystème de tout le coin jardin à force de le nettoyer en profondeur, alors que j’essaie par tous les moyens de lui dire de ne pas le toucher. Comment ai-je pu l’oublier au point de revenir habiter ici ? Mon En-je a permis qu’il soit toujours là, augmenté de mille outils plus horribles les uns que les autres pour exaspérer mes sens (comme ce souffleur de feuilles mortes qu’il utilise tous les jours devant chez moi, sous les dizaines d’arbres, en automne !!!, pour que ce soit nickel ! (Ceux qui connaissent la maniaquerie des gens de l’Est de la France comprendront). Et ce souffleur qui hurle tous les jours sous mes fenêtres provoque en moi par son moteur strident pour mes oreilles trop sensibles des envies de meurtre !!! Sans aucun piano à frapper pour hurler plus fort que ce satané moteur ma colère intérieure !

 

Alors j’apprends. J’apprends à refuser quand il veut faire quelque chose chez moi. En m’enfuyant aussitôt après avoir essayé de le prononcer. Le premier NON a été si faible, en même temps qu’un déchirement. Avec toute la culpabilité de lui avoir peut-être fait de la peine. Je sais que cela peut paraître fou, mais je ne sais pas dire NON. Je me laisse envahir sous prétexte que je ne suis pas capable, parce qu’on a toujours tout décidé pour moi, que je suis entièrement dépendante des autres dans cette société. Je crois que si mon voisin est si pénible, plus encore qu’avant, c’est parce que cela appartient à une réalité SDS que permet mon En-je pour ouvrir une nouvelle porte SDA. A moi de chercher et de trouver comment la franchir… Et ainsi j’avance… avec joie. Oui, j’en suis moi-même étonnée. Avec même de plus en plus de joie dans toutes ces tourmentes, aventure passionnante qui ouvre la voie SDA que je n’aurais jamais soupçonnée possible dans un monde SDS. Et l’apprentissage me renforce dans cette conclusion : Poursuivre l’apprentissage de la voie SDA est possible en tout lieu, en tout temps, en toute circonstance, avec toute personne. Pour peu qu’on fasse confiance à son En-je.

 

Ainsi donc, malgré tous ces dépouillements, depuis que je suis dans la « nouvelle ancienne » maison, je dors à nouveau. Depuis sept ans, je ne dormais presque plus. Je n’en souffrais pas car j’en profitais pour écrire la nuit, pour chercher, pour lire, pour enquêter…

Mais à présent, c’est comme si je devais rattraper du sommeil. A peine allongée, je disparais dans un sommeil profond et habité. Habité, je le sais au réveil, à cause des traces qui restent, une paix, une bienveillance, un détachement du réel même si je n’arrive pas à me souvenir des détails. Je me réveille avec le sourire et je sens une nouvelle énergie, tous les matins, comme si je partais pour une nouvelle aventure, inconnue et en même temps connue, comme si, en fait, je la reconnaissais. Cela fait bien longtemps que je n’avais plus ressenti cette paix intérieure, je ne savais même plus qu’elle pouvait exister. Mais je la reconnais, comme lorsqu’ enfant, j’étais en vacances chez ma grand-mère. Il ne se passait rien, mais il se passait tout, car je pouvais enfin me construire dans la paix. Je n’avais à me défendre de rien, parce que ma grand-mère (elle s’appelait Anna, d’où mon deuxième prénom que j’ai choisi) respectait celle que j’étais. Elle ne semblait même pas voir, elle, que j’étais différente. J’y allais une semaine par an, et je pouvais, pendant cette petite semaine être moi. La joie de pouvoir être soi : un bonheur sans prix. Je retrouve petit à petit cet état-là, en ce moment, sans comprendre encore pourquoi.

 

Depuis que je suis ici donc, on travaille sur moi. Je le sens. Et ce travail poursuit le détachement. Il agit aussi sur cette peur récurrente des choses du quotidien.

J’ai toujours su beaucoup de choses par l’intellect, je comprenais les tenants, les aboutissants, mais j’avais du mal parfois à les vivre pleinement, même si j’en posais facilement les actes. Il restait quelque chose derrière, comme une peur invisible, un soupçon de destabilité. Je posais des actes en conformité avec ce que je savais, ce que je comprenais en suivant mes intuitions, mais il restait toujours un soupçon de peur, (la peur a toujours été très présente dans ma vie, puisque je ne correspondais jamais à ce qu’on attendait de moi, je devais parfois subir de violentes réactions ou représailles. Je ne parle pas là d’une peur profonde, car en profondeur, je n’ai absolument pas peur, de rien ni personne, j’ai une confiance absolue, mais une peur de surface, de réaction, une peur qui se déposait sur moi comme une peau qu’il fallait que j’essuie régulièrement d’un sursaut de pensée : « arrête d’avoir peur, tu n’as aucune raison, cette peur est extérieure, elle ne fait pas partie de toi, tu n’es pas obligée de l’accepter ».

 

Ici, cette peur semble avoir disparu. Je dis « semble », car j’en suis si étonnée, c’est comme une délivrance. Comme si tout peut arriver : je ne crains plus la réaction des autres. Je sens que je suis vraiment en train de me détacher de leurs pensées et de leurs actes. Je sens aussi que j’étais esclave des autres par cette peur de ne pas correspondre à ce qu’ils attendent, d’être incomprise. J’ai passé ma vie à apprendre à correspondre à ce qu’on attendait de moi, parce que naturellement je fonctionne autrement. Et comme justement, ce n’est pas naturel pour moi de vivre comme tout le monde, je reste dans un effort permanent pour survivre. Parce que du coup, je dépendais des autres pour vivre. Toute ma vie, j’ai dépendu des autres. Car dans ce monde, tel qu’il est bâti, avec ses normes ridicules, je ne suis pas autonome. Les normes, en fait, sont des barrières et m’empêchent d’avancer, mon problème de communication verbale est un frein, et je n’arrive pas à entrer dans les règles pour pouvoir vivre.

 

Résultat, c’est mon compagnon qui fait tout, qui assume, qui suit le troupeau de la matrice pour qu’on ne manque de rien.

Je prends conscience de cela soudain ! Que ces barrières, mes barrières ne sont qu’illusion, elles sont fausses, que je pourrais peut-être me débrouiller toute seule, il suffirait que je n’aie pas peur d’être et de paraître différente, il suffirait que je me moque de ce qu’on peut penser de moi, il suffirait que j’accepte de choquer, de contrarier, de contredire les personnes qui veulent me maintenir dans un état de dépendance, dans un mime de ce qui se fait, de ce qui se dit et de ce qui se pense.

Parce qu’on a fait de moi un mime.

Rien qu’un mime dans tous les gestes que je pose.

Il n’y a que dans cette écriture-là, celle que j’envoie au réseau Léo que je suis vraiment moi. Même les livres écrits jusqu’à présent ne sont qu’une petite partie de moi, les trois quarts pour que cela puisse être lu par la majorité, sinon, ils ne seraient pas édités.

Ici, dans ce monde, je retiens mon corps en permanence, pour qu’il ne choque pas, alors que lorsque je suis en joie, il a une folle envie de danser, de crier, de bouger. Dans la tristesse, il voudrait pleurer, hurler de douleur mais à force de le retenir, il est devenu tout sec.

Je retiens ma bouche à chaque mot, parce que ceux qui voudraient sortir pourraient choquer, mais je n’ai plus envie d’être un mime, je n’ai plus besoin d’avoir peur. Une force nouvelle est en train de passer par tout ce que je relis sur le réseau Léo, chaque phrase coule en moi, se répand dans mes veines. J’aurais dû avoir peur d’être séparée à cause de l’internet absent. On nous a dit que ça pouvait mettre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et ça ne m’inquiète pas, car je sais que j’aurai tout ce dont j’aurai besoin, les moyens sont infinis. (Je crois à la transmission de pensées). Si mon ange m’a fait rencontrer le réseau Léo, ce n’est pas pour me le reprendre, il a un plan, tout ce qu’il fait est bien.

 

Il se passe quelque chose dans cette maison, comme une délivrance, une énorme libération de ce qui me retenait encore prisonnière. Je ne vois plus les choses comme avant.

 

Alors, pour la première fois, j’ai osé dire en face, à une personne qui me parlait sans rien savoir que j’étais autiste !... Elle m’a regardée d’abord comme si je venais de la lune… Comme si ce n’était pas possible… Ou comme si je déraillais… Et puis j’ai vu en elle un voile de peur qui la traversait… Et j’ai eu peur… Peur de sa peur ! C’est comme ça que j’ai compris que j’avais encore peur… Je n’étais pas délivrée.

 

- Il faut dire que depuis un certain temps, un autre dépouillement m’interpellait. Depuis quelques temps, environ six mois, j’avais des crises articulaires qui m’empêchaient de bouger. Je n’avais jamais eu ça auparavant, c’est très douloureux ! Mon corps voulait me parler, mais je n’entendais pas, alors il insistait par ces crises, il voulait à tout prix que j’entende.

 

C’est peut-être un symptôme de mon incapacité à bouger, et une invitation à arrêter ce mime qu’on m’a imposé pour cacher mon « infirmité », on m’a appris pour survivre dans le monde, à faire des gestes « bien comme il faut ». Je vois bien que cette douleur représente la peur d’avancer sans le masque, mais cette maladie même, l’arthrOSE me souffle d’Oser… Je l’entends qui me crie : Ose être qui tu es, Ose dire tout ce que tu as compris, Ose parler à l’envers de ce qui se dit, Ose dire oui quand tu veux dire oui et non quand tu veux dire non. Ose suivre tes intuitions même si elles paraissent folles aux yeux de ton entourage, Ose sortir de la coquille qui te retient prisonnière.

 

Voici la pluie qui tombe, elle n’est pas tombée ici depuis le printemps. J’adore la pluie, elle m’apaise quand mon cœur s’emballe, et mon cœur s’emballe d’imaginer que je puisse oser… Est-ce que tout ça n’est qu’un rêve qui traverse ma tête, ou est-ce réellement possible ? Dans ce monde de troisième densité, celui où je suis autiste,(parce que dans les autres densités je n’y suis pas), donc dans ce monde là, je me rends compte que je continue à douter. Cependant, les trois quarts du temps, je n’y suis déjà plus dans cette densité, il n’y a que mon corps qui s’y débat encore, ma conscience, elle, est loin, là où peu de gens arrivent à comprendre la loi qui transcende les âmes, l’amour inconditionnel, celui qui me fait aimer chacun de mes alters, bourreaux ou victimes avec la même compassion. Je sais depuis toujours que je suis capable du pire comme du meilleur et ça ne me gêne pas, parce que j’ai compris que ce ne sont que des expériences pour comprendre l’amour inconditionnel. Je savais déjà que j’avais dépassé ce qui peut se comprendre ici-bas, parce que je les aime (les miroirs de tous mes alters lorsque je les rencontre concrètement) du même amour infini, je vois au-delà des apparences, et j’en ai eu la confirmation encore par l’expérience concrète en troisième densité par deux de mes enfants, lorsque l’un a fait souffrir l’autre. L’un se comportait en bourreau de l’autre, victime. D’une manière, jugée par ce monde, de grave. Très grave même. Il aurait été impossible de vivre cette situation sainement pour une « mère » dans cette troisième densité. Impossible de la supporter sans être détachée, sans avoir compris au préalable que tous, nous jouons tantôt un rôle, tantôt l’autre. Cette expérience peut paraître déstabilisante pour une mère, (à l’image de la mère de Caïn et Abel) mais avec cette certitude que « pas un seul de ces petits ne peut se perdre », ce n’était alors pour moi qu’une question de temps et d’apprentissage. Mais à qui puis-je parler ainsi sans qu’on ne pense aussitôt « mais elle est vraiment folle, elle n’a même pas de cœur ! » J’ai compris cependant dans cette expérience que j’aimais désormais chacun de mes alters, et j’ai pu éprouver pour l’un comme pour l’autre de mes enfants, miroirs de mes propres alters, un amour transdimensionnel, chemin SDA qui du même coup me fait aimer ma pauvre condition SDS de mon enfermement autistique, parce qu’elle continue de m’enseigner…

 

Je ne dois même plus m’inquiéter de ce qui va se passer. Cela ne me regarde plus, c’est comme si j’étais déjà partie ailleurs. Je suis montée dans le train et il m’entraîne. C’est ça, partir, c’est se libérer des choses, les unes après les autres, et un jour, lorsque je couperai le dernier fil, hop, je passerai dans une autre densité, c’est pour cela qu’il faut se détacher des choses et des êtres, c’est peut-être ce qu’il y a de plus important.

 

Pourtant, je suis encore là. J’en déduis que mon chemin n’est pas fini, je dois encore apprendre. Il y a des choses plus ou moins difficiles à dépasser pour moi, qu’on ne soupçonne pas, comme le regard des autres, la pensée des autres parce qu’elle me pompe toute mon énergie quand je ne veux pas l’ignorer, (j’ai compris ça aussi quand Sand parle de l’alimentation, elle qui rit de ce que peuvent penser les autres si elle va manger seule dans son camion ! Cette parole m’a fait tellement de bien, moi qui n’ose aller nulle part, parce que rien que l’alimentation est un problème pour moi dès que je suis dans un groupe). Car tout est combat pour moi dès que je ne suis plus seule ! Et je travaille la phrase de Jenaël qui dit qu’il faut respecter son service de soi, pour mieux être au service des autres. Mon chemin dans ce domaine est encore long…

 

- Autre dépouillement : j’ai perdu mes lunettes et elles me manquent terriblement. Je veux le nier et je fais semblant de pouvoir tout faire sans elles, en réalité, je me sens terriblement handicapée. Je ne peux plus lire. A tout instant, dès que je pose les yeux sur mon entourage proche, tout est flou, alors pour reposer mes yeux, je les relève sur le paysage lointain, là où je vois parfaitement, même mieux que la moyenne. Cela fait plusieurs jours, comme si on voulait m’empêcher de regarder trop près de moi, il faut que je regarde au loin. Il faut savoir que pour pouvoir fonctionner, j’ai besoin, moi, de maîtriser les choses, d’analyser chaque geste, de repérer chaque détail autour de moi, de tout observer, de tout comprendre. Là, sans lunette, c’est le flou dans ma zone de confort, je dois trouver le repos dans le lointain. Ce qui est drôle, c’est que naturellement, j’ai toujours eu tendance à me perdre au loin, et l’on m’a forcé toute ma vie à revenir à ce qui était juste là, sous mes yeux, à me forcer à regarder l’autre, alors que mon regard avait au contraire envie de fuir très loin. C’est comme si, en perdant mes lunettes, il m’était donné de pouvoir à nouveau me perdre dans le lointain pour oublier le monde où je me trouve.

 

Je suis partagée entre le désir de retrouver mes lunettes le plus vite possible et celui de m’évader d’ici à tout jamais. Une tentation d’oublier tout ce que j’ai dû apprendre, de faire valser tous ces codes que j’ai dû me forcer à intégrer, une tentation même de retrouver ma folie, de la remettre aux yeux du monde afin d’élever une barrière, celle qui pourrait protéger ma vraie personnalité. Mais aussitôt la peur me reprend, parce qu’on n’a pas le droit d’être un peu fou dans ce monde sans qu’on soit aussitôt enfermé. Soit dans une camisole chimique, soit physique, soit même psychologique. Je sais de quoi je parle. Alors on n’a plus le droit de s’exprimer, on n’en a plus la légitimité, pour avoir la légitimité de dire quelque chose, il faut paraître un minimum normal. Si je peux m’exprimer aujourd’hui et vivre une vie en « liberté », (en guillemets car je parle de la liberté au sens de ce monde), c’est parce que j’ai passé ma vie à essayer de tuer ma vraie personnalité pour entrer dans le moule de la normalité. Et j’y suis arrivée ! Les gens qui me connaissent ne s’imaginent pas qui je suis, ce que j’ai enduré pour en arriver là, pour pouvoir simplement vivre et parler sans qu’on me regarde bizarrement.

 

Mais là, quelque chose est en train de craquer. Quelque chose de doux et de violent. Une douceur inattendue qui me prend de plus en plus souvent en pensant que je peux simplement être moi et une violence de voir tout ce chemin sacrificiel que j’ai fait pour rien, (tiens, je me rends compte à quel point je suis encore attachée par la peur de perdre l’acquis) une violence à cause de cette peur sous-jacente : si je craque le vernis que j’ai passé des années à poser sur ma personne (c’est pour cela que je ne peux plus avancer, que mes articulations sont bloquées, à force), va-t-on m’enfermer ? Si j’enlève le masque, si je montre qui je suis réellement, tout va-t-il s’effondrer ? Vais-je tout perdre ? Et voilà ! Tout est là ! Je comprends tout à coup combien finalement je me suis attachée à cette vie que j’ai galéré à construire, que j’ai pleurée sans larme, à mettre en place pour dépasser mon handicap, car ici, pas de place pour les handicapés ! Mais je ne peux le nier, et je n’ai pas besoin de mes lunettes pour le voir, je suis bel et bien encore dans l’attachement. En plein dedans. Et ce sont ces deux petits verres que je viens de perdre qui le montrent le mieux. Je suis attachée à cette image que tous ont de moi maintenant, une personne qui paraît « presque » normale, en tout cas qui a su surmonter, dans l’apparence du moins, son handicap ! Quel courage me faudra-t-il pour renoncer à celà ? Je creuse en moi pour comprendre, et je vois cette peur immense, énorme, d’être enfermée ici à nouveau dans mon autisme. Ne va-t-on pas s’en servir pour me retirer les choses qui me tiennent à cœur, une à une ; la parole et la légitimité d’être écoutée, je ne serai plus éditée, on ne lira plus mes histoires, on va me regarder avec un petit air condescendant que j’exècre, et je sens déjà une violence monter en moi rien que d’y penser… Les émotions sont en train de m’envahir, et quand je sens qu’elles montent ainsi, j’arrête tout, j’ai appris à le faire, pour me poser et me calmer en un instant. En réalité : nier ce que je suis !

 

Il serait temps de relire, c’est trop long, les pages s’accumulent, il faudrait couper, être plus concise mais sans lunettes, c’est galère. Mon prédateur ou mon En-je, je ne discerne pas toujours du premier coup, me souffle que je suis en train de manger l’énergie des lecteurs, je me vois tourner en rond tout à coup, moi qui croyais être détachée.

J’étais même fière de tous ces dépouillements progressifs et je me rends compte que mes liens d’attachement sont en réalité plus hauts qu’une montagne, plus profonds qu’un gouffre, et qu’il va me falloir les couper un à un et que c’est loin d’être achevé. Vais-je y arriver ou la peur va t-elle me paralyser ?

 

Je ne veux plus lutter, je me laisse couler dans la peur, la ressentir une bonne fois pour toute, jusqu’au bout, même si elle me fait complètement disjoncter, quitte à en mourir, j’en ai marre de devoir garder le contrôle…

 

 

Mais à peine je lâche prise, qu’elle s’en va, pour laisser toute la place à mon En-je qui prend le relais. Il affirme : « rien n’existe qui ne sert l’évolution, même les pires peurs, tout dépend de notre désir, qu’importe le chemin, le lieu ou le temps »… Et cette simple phrase me ressuscite.

 

… Et je retrouve mes lunettes…

 

… Et l’on m’appelle au téléphone, l’installateur d’internet vient le lendemain…

 

… Et une rencontre improbable, où une personne me propose d’échanger mon piano à queue (qui est toujours dans l’autre maison) contre un piano droit. Cette personne m’a même proposé de s’occuper de tout, transport, installation et accordage. J’ai dit « oui », au grand dam de mon entourage qui m’a dit que j’étais folle d’échanger un piano d’une telle valeur contre un qui ne valait pas « un clou » ! « Elle a vraiment un grain ! ». Et je ris doucement de leurs jugements à l’emporte-pièce sur des choses dont ils ne savent pas la vraie valeur. Parce que je me suis assise devant ce « gueux » piano, et mes doigts l’ont effleuré avec émotion. Mes mains se sont promenées sur les touches du cadeau de mon En-je, pendant que mon cœur disait merci. Et mon âme s’est mise à chanter, et mes yeux se sont mis à couler. Ce n’était plus mon piano qui pleurait pour moi, non, il accompagnait seulement la libération de mon âme par cette eau qui pouvait enfin s’échapper de mon corps pour laver ma mémoire. Je croyais que la première fois que j’arriverais à pleurer ce serait pour laver la tristesse, ou la colère, bref, pour faire couler une émotion négative, eh non, c’était pour m’émerveiller de mon En-Je…

 

… Et j’ai visionné les vidéos des Léos… et j’ai lu… et relu…

 

Et cela me mène à une réflexion issue de tout ce que je sens depuis un certain temps dans les témoignages et les questionnements des uns et des autres par rapport à l’avenir des Léos, passant par l’écoléo.

 

Il y a ceux qui veulent faire partie du premier wagon, il y a ceux qui ne veulent plus faire partie du train. Il y a ceux qui ont peur, il y a ceux qui doutent, il y a ceux qui foncent. Tout ça n’est pas important, car il faut savoir que suivre la voie SDA n’est ni une question de lieu, ni de personnes, (je me répète oui, mais c’est nécessaire je le crois) mais d’ouverture à son En-je et de confiance en son En-je.

 

Je m’émerveille de ce que je lis dans les témoignages, je me réjouis du projet écoléo, sans savoir ou même me demander si j’aimerais en faire partie concrètement ou non, car je le sais, j’EN FAIS DEJA PARTIE, et ce depuis les premières phrases que j’ai lues sur le premier site de Jenaël et Sand. Le train était déjà lancé, et je suis montée tout de suite dedans. Maintenant dans cette incarnation, à savoir si je peux en temps qu’autiste vivre une telle expérience de communauté, je ne me pose même pas la question. D’abord parce que rien n’est impossible et que je donne tout pouvoir à mon En-je de me conduire où il faudra, au moment qu’il le décidera, et de me plonger ou non dans les expériences qu’il jugera nécessaire. Je ne sais pas de quoi je suis capable, en vrai. J’ai souvent été surprise après avoir dit « oui » à une situation improbable. Pour l’instant, je continue à enquêter, je revisite mes mémoires l’une après l’autre, et je sais qu’elles sont unifiées à l’ensemble quand les choses se résorbent d’elles-mêmes ou que je n’en souffre plus.

 

Quelle grâce d’avoir pu revenir sur ces lieux, au milieu de personnes qui m’avaient pourtant poussée à fuir l’ensemble. Il me fallait renforcer l’apprentissage avant de pouvoir poursuivre cette route-là, prévue pour moi depuis le début, mais avec plus de connaissance et donc de confiance en mon En-je pour traverser ce que j’imaginais impossible.

Quelle sera la prochaine étape ? J’ai hâte de la découvrir…

 

Anna

 

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Commentaires: 6
  • #1

    Kao (lundi, 05 novembre 2018 08:01)

    Bonjour Anna,
    Et merci. Ton témoignage m'a profondément touchée, profondément émue. Je te reconnais. Ta voix claire perce le temps et l'espace.
    Kao

  • #2

    Muriel f (lundi, 05 novembre 2018 08:37)

    Merci Anna pour ton témoignage.
    Et jolie "erreur" que cette "fausse sceptique" ( fosse sceptique ) puisse etre transformé en "vraie croyante".

  • #3

    Déborah O (lundi, 05 novembre 2018 10:22)

    Waou; Merci Anna..

  • #4

    Jérôme (lundi, 05 novembre 2018 10:28)

    Quel magnifique témoignage!
    Que de larmes ont coulé en lisant ton texte!
    Quand quelque fois le doute et la routine s'installe... Les EN-JE des uns et des autres communiquent, ce texte en est la preuve...
    Je me sens de moins en moins "handicapé" dans ce monde SDS car j'apprends au quotidien à l'accepter tel qu'il est, car quelque soit les épreuves que nos prédateurs nous font vivre, c'est toujours notre supraconscience qui est au commande!

    Merci Anna pour ce rappel.

  • #5

    mohamed (lundi, 05 novembre 2018 15:55)

    Salut Anna,

    merci pour ton partage tes ressentis et ton combat de soi pour débusquer ce qui se cache derrière chaque ombres, pensées, ou personnes, la voie du guerrier affuté qui reconnait dans une émotion ce qui se cache derrière, merci a toi d’Être ce que tu es pour que d'autres puissent Être, merci pour tes pot-en-ciel pour aller droit a l'essence-ciel, merci au réseaux Léo de permettre une compréhension pour ceux qui veulent cheminer vers leur forme la plus parfaite, merci Anna

    mohamed

  • #6

    Vyninho (vendredi, 09 novembre 2018 09:25)

    Beau témoignage si vibrant !
    Les expériences se rejoignent, se communiquent, s'assimilent dans nos gènes !!!
    Merci.