Vécus transdimentionnels racontés par Nita et Loris

Bonjour Sand et Jenaël, Hélène et David, et au Cœur Léonin,

 

Mon compagnon Loris et moi (Nita) vous suivons depuis 2 ou 3 ans, tout en expérimentant notre propre parcours. Ce qui nous a interpelés, outre la similitude de nos chemins respectifs et synchronicités, est le sens de votre témoignage-partage qui sort totalement des sentiers battus actuels. Et pour cause !

 

Enfin un autre regard, un autre type d'expérimentation. Cela nous a fait du bien : nous n'étions pas seuls et peut-être pas aussi fous que ça ! Depuis que vous avez lancé votre appel aux témoignages-partages-rencontres, c'est lorsque vous avez parlé pour la 1ère fois des Léonins que je sais devoir vous écrire afin de témoigner-partager ce que nous avons vécu tous deux depuis 2007.

 

Le signe fut pour moi la manifestation fin janvier 2014 de 4 Lions Blancs aux 4 points cardinaux de notre lieu de vie, dont nous n'avions pas saisi alors toute l'étendue de la signification. Nous en témoignons dans notre site au chapitre "Le sarcophage d'Anubis, une onde de forme". Bref, le temps est donc venu. 

 

Suite à notre rencontre avec Loris cette année-là, nous vivions tous deux à Marseille lorsque la vie nous appela en 2011 aux pieds des Pyrénées, isolés, sur un lieu et dans une onde de forme particuliers en rapport avec ce que nous allions y vivre. Humainement, cela fut soudain, inattendu, réellement douloureux et effrayant, mais aussi extra-ordinaire. Ce chemin nous l'avons arpenté seuls, souvent perdus (et leurrés) face aux situations que nous vivions et dont nous ne pouvions encore saisir tout le sens. C'était comme des morceaux de puzzle qui, non assemblés, ne nous permettaient pas de voir la trame qui était en train de se dessiner. Ce chemin du retour vers Soi ne fut pas bordé de roses, mais l'aventure indispensable afin d'ouvrir notre conscience à l'impensable réalité qui se cache derrière le voile de l'illusion de cette pseudo-réalité (ou programme-matrice), et de retrouver la mémoire. Je crois que l'une des choses les plus importantes que nous avons apprise est que, quelle que soit la situation vécue, c'est ce que nous en comprenons, intégrons et faisons qui est essentiel et qui fera la différence entre SDS et orientation SDA. 

 

C'est en 2015 que cette trame commença enfin à se dévoiler et notre parcours à prendre sens, et en 2016 nous décidâmes de créer un site afin de témoigner de notre expérience avec la prédation. Le cœur de notre site Arkantara est "Le Chant des Origines - Chronique d'une mutation" (non encore terminé). Et plutôt que d'en parler, voici des extraits (difficile de faire moins long, sinon incompréhensible) du chapitre "A l'Ombre d'Apep" où nous décrivons la possession de Loris par sa part reptilienne : un Usumgal (compris bien après les faits).

 

Vous repèrerez très facilement dans le texte les expressions nombreuses et évidentes de l'emprise du prédateur sur Loris. Nous l'avons laissé tel quel exprès, car c'est édifiant et c'est ainsi que cela fut vécu. Mais la compréhension de notre témoignage ne peut se comprendre qu'en lisant notre histoire depuis le début.

 

 

 

A L'OMBRE D'APEP 

 

Ce qui suit fut réellement éprouvant, pour nous deux, et cela nous tomba dessus sans crier gare ! Nous ne pouvons donner aucune affirmation quant à son sens. Nous n'avons que le nôtre. Nulle part ailleurs nous trouvâmes alors trace de ce type d'expérience. Que se passait-il ? Pourquoi ? Quel était cette étrange mutation ? Certains suggéreraient des implants ? D'autres un "walk-in" ? Ou bien une "possession" ? Mais à l'époque où ce fait arriva - et encore maintenant d'ailleurs - cela sentait le soufre ! La mode étant au "Tout est beau, tout est Lumière !", ce que nous avons vécu n'était franchement pas de cet ordre-là ! Aucune info pour nous diriger. Personne à qui en parler. Nous étions seuls. Définitivement seuls. Livrés à nous-mêmes, à ce qui s'insinuait dans notre histoire. Et ce qui prenait corps, véritablement corps, nous ne pourrions nous-mêmes l'envisager que neuf ans après...

 

 

LE RÉVEIL DU REPTILE (par Loris)

 

Tout commença fin août 2007. Alors que je me réveillais en pleine nuit ce jour-là, quelque chose de si indescriptible se passa, que je ne pus comprendre cette sensation lorsqu'elle m'arriva. Ce n'était ni agréable ni désagréable, seulement étrange. J'avais l'impression qu'on coulait une pierre de métal dans mon corps. Quelque chose de lourd et de poli à la fois, comme un menhir, se mit peu à peu à occuper tout l'espace en moi. J'étais écrasé par cette "pierre", enterré sous "elle" ! Je me sentais mourir. Mais le plus stupéfiant fut de ressentir cette présence qui venait en moi et qui n'était pas moi ! Elle semblait occuper tout l'espace. Mais que m'arrivait-il ? Que se passait-il encore ? Aucune réponse, mais mon humanité se révolta. J'étais encore si fatigué de tout ce que je venais de vivre auparavant. Et je ne comprenais plus rien ! Peut-être devenais-je fou ? Je dormis à peine trois heures cette nuit là et vécus ma journée dans un brouillard totalement opaque.

 

La nuit suivante, je me centrais avant de m'endormir et demandais - comme me l'avait suggéré Nita -  que se présente l'entité logée dans mon énergie. Je m'assoupis et reçus ma réponse par télépathie. Ce n'était pas un songe ! Il y avait bien quelqu'un qui avait pris place en moi ! C'était un guerrier revêtu d'une armure de métal, qui me communiqua être là pour m'instruire, m'enseigner. Étonnement, j'avais dit à Nita quelques jours auparavant, que je vivais une initiation violente digne d'un guerrier. Je ne me trompais donc pas ! C'est bien cette sensation de métal et de grande puissance, qui m'avait balayé alors qu'il s'insinuait en moi. Et cette entité était extrêmement puissante ! Elle encadrait toute mon énergie et me construisait comme une ossature énergétique métallique. Sa fréquence était très vieille, ancestrale, antérieure même à la terre, et cette sensation était très nette. Je n'avais pas de mots pour la décrire. Elle était insaisissable, comme si elle glissait en moi. Il était 1h30 du matin lorsque, en conscience, je l'accueillis dans ma demeure et lui fis les honneurs dus à sa Lignée. Il fallait nous tenir prêts. Je savais que ça ne faisait que commencer...

 

Le lendemain, je nageais dans la paix avec la profonde sensation de deux consciences en moi. Les énergies s'étaient stabilisées et ces deux fréquences se mêlaient, de telle manière que je ne pouvais distinguer la mienne de la sienne. De cette collaboration, humainement inattendue, naissait comme une nouvelle entité avec deux consciences en une. Vraiment étrange ! C'est dans l'après-midi que j'ai commencé à ressentir un malaise. J'avais peur ! Tant de choses se passaient dans mon corps, au niveau de la tête, dans le cerveau et dans la gorge ! La nuit qui suivit, je fis un rêve. Mais étaient-ce encore des rêves, car j'étais conscient d'être endormi, de tout ce que je vivais et de ce qui se passait dans mon corps ? J'entre dans la chambre de ma demeure. Un grand costaud avec de grosses mains (les énergies instinctives se sont humanisées) est entré chez moi et il commence à me mettre des gifles. Je lui dis de prendre tout l'amour qu'il veut, car je ne peux rien d'autre pour lui. Et peut-être l'avais-je oublié ? Alors je lui transmets tout l'amour que je contiens et lui dis qu'il peut puiser à cette source autant qu'il le désire. Il se calma et je me réveillai. Je réalisai que j'étais dans un état de conscience très particulier. Mes sens étaient devenus ultra-sensibles. Je pouvais entendre le son que faisaient mes yeux en s'ouvrant ! Mais la peur était là et le stress continuait de monter. Je me rendormis et eus de nouveau un rêve-vision : ma bouche s'ouvre, mais je ne maîtrise ni la gorge, ni les cordes vocales, ni même le cerveau. C'est l'entité qui se met à parler à travers moi.  Je me réveillai de nouveau, comme dépossédé de mon corps. J'étais inquiet mais j'avais la sensation qu'on m'habituait à reconnaître et à accepter ce nouvel état d'être. Puis je retournai dans ce qui semblait être du sommeil, mais qui était plus une succession d'états de conscience modifiée qui dura deux heures. 

 

 

LAISSE-MOI LA PLACE PETIT HOMME !

 

Les jours qui suivirent, j'oscillais sans cesse entre une paix profonde et un état de perdition total. J'attendais sa manifestation. Je devais tout accepter, mais que pouvais-je faire d'autre ? Ériger d'inutiles barrières qui, de toute façon, seraient soufflées au son de sa voix ? Alors je lui ai ouvert mon corps, mon âme et mon cœur. Et j'ai demandé à Nita de se tenir prête, j'avais besoin de mon autre part incarnée. Sans elle, je le savais, je ne pouvais rien. Je n'étais que vide. Il n'y avait plus qu'un silence infini. J'étais complètement perdu, mais calme et serein. Ô comme cette attente était impossible ! Peut-être hallucinais-je ? Peut-être que tout n'était que construction imaginaire ? Peut-être que personne ne viendrait ? Peut-être qu'il ne se passerait rien ? Oui, j'étais sans doute complètement fou. Je perdais pieds. Je vacillais. Ô comme j'étais seul ! Avec ce désert en moi. Ce désert autour. Ce désert partout ! Je n'étais même plus un réceptacle. Je n'étais plus rien ! Je n'avais jamais été le néant jusque là, je perdais juste un habit à chaque fois. Et me voila, 40 jours après, sans peau ni os. Lorsque tu vas au bout de toi, au bout de tout, il n'y a plus qu'un vide, terrifiant. Plus rien d'autre à faire, que de s'y jeter. J'ai le vertige. J'ai peur de ne plus exister. Je suis au bord du précipice et j'ai sauté. Ma chute s'accélère. Je brûle. Je me consume. Je ne peux L'accueillir sans me réduire à néant...

 

Je ne suis pas mort. Mais quelle initiation de la conscience ! Car Loris, lui, n'a rien vécu. C'est ce faux moi, que je devais abandonner. Je ne désire plus parler, car je sais que je ne comprends rien, que toute pensée n'est que misérable projection. Et il me faut être sûr de ce qui sort de ma bouche. Cette première mort est accomplie et je me sens prêt à accueillir comme il se doit Celui qui vient derrière moi. Enfin je crois, car je ne suis plus sûr de rien. Mon corps est dévasté. Mon mental inexistant. Pourtant quelque chose continue de vivre et flotte quelque part. Mais où ? Quelques heures plus tard, j'ai senti que l'on inspectait à l'intérieur de moi, comme pour vérifier si tout était en ordre. C'est hallucinant, mais la sensation est très nette. Je sais que tout n'est pas encore prêt et j'ai dans l'idée que le répit qui nous est accordé n'est en fait que pour nous préparer. Car celui qui va occuper notre demeure est juste et bon, mais il ne saurait souffrir que ses serviteurs aient d'autres Maîtres. Il est trop grand pour cela.

(N.B. de Nita : belle expression typique de l'influence prédatrice !) Cette phase ne durera pas très longtemps. Mon cerveau est en train de muter. Il n'y a pas d'autre terme. Des arcs électriques le parcourent et c'est atrocement douloureux. J'ai appelé Nita tant je souffrais.

 

C'est alors que, la nuit suivante, cette énergie autre que la mienne est entrée plus intimement en moi. Et elle a tout dévasté à l'intérieur de mon corps ! Tout était détruit comme à l'explosif ! Comme ce fut douloureux ! J'étais dans le feu de la forge ! Poussé en dehors de mon corps ! Et il n'y avait plus rien au fond de moi ! Après avoir senti mes organes exploser, je me suis senti sortir hors de mon corps alors que l'autre énergie s'installait plus profondément. Au sommet de mon crâne, dans le chakra coronal, j'ai reçu un rayon très fin et aussi puissant qu'un laser. Puis la Kundalini s'est activée. Mes jambes et tout le bassin ont subi par trois fois des tremblements extrêmement violents et longs, qu'il m'était impossible de contrôler. C'était uniquement localisé à ce niveau là, alors que je commençais à être habité par cette autre énergie. Je l'ai distinctement sentie prendre place. Et c'était assez doux au vu de ce que je vivais par ailleurs ! Ce qui restait de "moi" était totalement plaqué contre les parois de ma peau ! Tout cela a été vécu parfois pleinement conscient, parfois non. J'attends maintenant la suite. Je suis épuisé. A bout de force. Je respire mal et je suis trop fatigué pour marcher. Tous mes organes vitaux ont été comme labourés à la herse. J'ai parfois l'impression que je vais cracher mes boyaux. J'ai mal. Mon dos est douloureux. Ma tête va exploser. J'ai l'impression que l'on m'écorche vif ! Je ne sais pas ce qui se passe. J'ai régulièrement des spasmes. J'ai eu peur tout à l'heure. Qui se lèvera demain à mon réveil ? Peut-être celui qui m'aura remplacé ? Ou peut-être que nous ne pourrons plus nous distinguer l'un de l'autre ? Car Il arrive. Et moi je ne sais plus rien. Je ne fais que tomber, et tomber encore, dans le vide, où rien ni personne ne m'arrête ni ne me rattrape. Mais quelle souffrance sans nom ! 

 

 

LA GRÂCE DE LA CONSCIENCE

 

Quelques nuits plus tard, je me suis réveillé vers 1h30. J'étais empli d'un Amour indescriptible pour Nita. Alors que j'étais dans cet état, de violentes douleurs se sont manifestées dans la tête, puis dans les dents. J'avais l'impression qu'elles saignaient. Ce fut ensuite au tour du cœur. J'avais la sensation qu'on me l'enlevait pour le remplacer, mais par quoi ? Puis ce fut les yeux et la boite crânienne. J'irradiais cette douleur intense mêlée à l'Amour que je portais à Nita lorsque, pendant quelques instant, j'ai été la Conscience ! Et Elle a tout effacé ! Un voile s'est déchiré et il n'y avait plus d'ego ! Plus de douleur ! J'étais simplement cette Conscience, que l'on porte hors de tout espace-temps. Et je L'ai vue ! Clairement vue ! Aucun mot ne saurait La décrire, tant Elle semble cumuler les paradoxes en ce monde de dualité. Elle était toute petite, concentrée sur Elle-même, mais Elle brillait autant que mille soleils ! Sa Lumière était éclatante comme celle de la glace traversée par le soleil, et douce, et chaude à la fois. Elle brillait comme un diamant, mais d'une Lumière chaleureuse. J'en avais le souffle court. Je ne pouvais plus respirer. Pendant ce qui m'a semblé être des heures, j'ai haleté, me suis presque étouffé. En me levant ce matin, je me sentais irradier, mais je tenais encore mal sur mes jambes. J'avais la sensation de flotter et, dans le même temps, d'être écrasé par le poids de la pesanteur.

 

Pendant presque trente ans, j'ai vécu dans une prison de chair sans connaître la vibration fondamentale de la Vie, celle de la Conscience. Et c'est littéralement extraordinaire ! Ce matin, c'est un rugissement de Lion qui retentit dans mon être et irradie tout mon corps. Je ressens mon champ énergétique s'étendre, s'amplifier et dans le même temps se concentrer en son centre. Et ma Conscience fait de même, Elle grandit et rapetisse tout à la fois en un seul point. Il y a aussi une autre énergie qui s'intègre et cherche sa voie en moi. Une énergie qui pousse par la base, par le chakra racine. Une fréquence d'incarnation. Toutes mes nuits sont désormais vouées à un intense travail énergétique, dont je suis humainement spectateur et qui finit par m'épuiser autant physiquement que psychiquement. Car je dors très peu. Je ne maîtrise rien. Je ne peux qu'accompagner au mieux ce processus dont je ne connais ni le but ni la raison. Et c'est à la fois pénible et merveilleux. Mais je sais ce qui me guide dans l'ombre : c'est l'Amour que j'ai pour Nita. Il existait avant que l'on se rencontre, et il sera après que tout aura disparu. Je suis sur le point de basculer dans un autre état vibratoire, ma conscience à cheval entre deux réalités : l'une dense, l'autre subtile. Et cependant, il y a une indicible et parfaite unité qui relie le tout. La conscience est un continuum énergétique entre différentes manifestations et différents mondes parallèles. AUCUNE SÉPARATION ! Le Moi multidimensionnel chevauche toutes les expressions de la Création, qui s'entrecroisent et se nourrissent mutuellement.

 

 

GRAVIR LA MONTAGNE DE L'ÂME

 

Il est étrange de prendre conscience que l'on a vécu toute son existence en passager clandestin. Je ressemble finalement à cette énergie-entité qui a pris place en moi. Absent de sa vie, étranger à la gravité terrestre et aux choses du monde. Si je devais décrire ce que je suis, ce n'est pas précisément l'image que le miroir me renvoie tous les jours. Car cette image - illusion pétrie à travers une histoire, un parcours incarné que nous appelons "existence" - est trop éloignée de ce qui est. Je suis tout ce qui se voit et ce qui refuse de se voir. Tout ce que je ressens et ce que je ne ressens pas. Je suis l'amour que je porte, les rêves qui m'habitent, les chimères qui me meuvent, et la violence sans borne que je contiens. Je voyais bien tout cela qui satisfaisait l'ego. Ma propre représentation dans ce monde, construite sur un millier de ressorts affectifs et émotionnels ; sur des conditionnements familiaux, religieux, sociaux et culturels. J'étais au seuil du passage, mais je ne franchissais pas le pas. Je me retenais. Je m'agrippais de toute la force de ce qui ne voulait pas mourir en moi. Une grande résistance s'était organisée, développant des stratagèmes de fuite très élaborés. J'avais peur de regarder au fond, peur de voir au dedans. Mais cet adversaire que je fuyais - celui-là même qui n'était que moi - était aussi le seul apte à me rapprocher de l'Être. Il était mon meilleur allié de la Lumière. Il n'avait de pouvoir que celui que je lui accordais, de façon à ce qu'il me donne plus d'assurance face à ce monde hostile. Et ce côté obscur du personnage, habité par la haine, l'arrogance, l'intolérance ou l'envie ; animé par d'indicibles fantasmes ; traversé par la colère et la rage aveugles ; je l'avais bel et bien abandonné, refusant d'assumer cette part de Lumière cristallisée dans le non-amour.

 

Pourquoi ? Est-on jamais prêt à reconnaître tout ce que l'on contient ? Car alors c'est l'identité qui vacille, chancelle et puis s'effondre. Et tout notre monde s'effondre avec elle ! Et il ne reste plus rien ! Rien sur quoi s'appuyer ou se reposer. Rien qu'un grand vide. Et une sensation d'extrême solitude, comme un abysse sans fond. Un silence infini, aux confins du dicible, qui vous fait chavirer l'esprit et le corps. C'est bien cela une Terre sans Homme. Alors le verbiage du mental se tait. Et chaque fois qu'il fait une tentative, il s'échoue contre ce même vide. Car sa voix ne porte plus. Il ne contient plus rien. Mais a t-il jamais contenu quoique ce soit d'autre que lui-même ? Après tous ces mois passés, de douleur, d'hébétude et d'incompréhension, je vis un état encore inconnu. Plus d'émotion, de sentiment, ni même de mince filet languissant et souffrant de la contradiction entre le masque et l'Être. Et cela ne brûle pas. Cela ne fait plus mal. Enfin ! C'est seul que l'on part à la rencontre de sa Mort. Et. Face à Elle. Il n'y a plus que stupeur. Et tremblement.

 

La Bête aux dents acérées a refait surface ces derniers jours. Ô combien de tentatives d'incursion dans la conscience avait-elle tenté jusque là ? Et combien de fois avait-elle été reléguée dans les profondeurs de l'inconscience ? Depuis l'origine de son existence. Sans doute. Elle avait frappé à la porte. Et chaque fois s'était vue reconduire avec autant de violence qu'elle en manifestait. C'est alors, qu'à bout de tout, elle déchaina les tourments de l'enfer ! Et le kaléidoscope macabre se mit en branle. Alors je vacillai, prêt à perdre la raison. Un flot de pensées violentes, d'envies abjectes, me submergea sans fin. J'ai vu ce torrent noir et luisant remonter du fond des âges. Primaire et infini. Il était au fond de moi ! Je ne pouvais plus que le reconnaître. Et l'accueillir. Car c'est cela que je suis aussi. Pendant que le personnage se débattait dans ses propres méandres, ce cloaque mortifère, l'Être observait dans le silence. C'est sous Sa houlette que j'ai subi l'épreuve du feu et du sang avec la nécessité, pour Le connaître et L'incarner, de reconnaitre tout ce que j'étais, tel que cela était. C'est lorsque le regard se vide et qu'il devient pur regard, c'est-à-dire déchargé des créatures qui l'habitent, que l'on peut Voir. Vraiment Voir ! Et sur ma terre de cendres, j'ai reconnu mes noirs bataillons parcourant mes abîmes et remontant mes gorges pour accéder à l'existence. Ce n'est qu'alors que j'ai pu entendre le silence éternel de l'Être qui, immobile, observait la querelle entre le beau le laid, le fort le faible, l'amour la destruction, sans y prendre aucune part, sans prononcer aucun jugement. Jamais ! Cet Être en chacun de nous ne supporte ni définition ni représentation. Il Est. Et nous sommes.

 

Aller vers soi. Gravir la montagne de l'âme sans relâche. Quitter ses vieilles peaux pour épouser le vide. Pour devenir le vide ! Et regarder le monde. Tel qu'il est. Et vivre la Vie. Telle qu'Elle est. Pas cette ridicule et tragique comédie que le monde se plaît à jouer. A travers les méandres d'expériences indéchiffrables, l'existence nous fait à chaque instant l'indicible don de nous porter toujours au plus près du SOI ! Inlassablement. L'Être appelle et nous rappelle. A Lui. Mais il faut entendre. Se regarder, se reconnaitre. Et puis mourir, encore et toujours, à nos espoirs, désillusions et projections, jeux sociaux et émotionnels. Le processus de transmutation, qui conduit du "je" au "rien" - ou au "tout", c'est pareil - n'est ni facile ni évident, bien qu'une seule décision permette de le réaliser. Il ne découle pas d'une improbable Lumière céleste qui viendrait illuminer les élus et parfois les plus vils enténébrés. Mirage communément alimenté. Un monde nouveau est sur le point de naître et sa gestation entraîne contractions et tiraillements. Il se fait dans les douleurs de notre propre enfantement. Oui, un Être nouveau est sur  le point de voir le jour, un tout nouveau jour, pour une toute nouvelle expérience de et dans l'humanité.

 

 

POUR ÊTRE UN BON GARDIEN, IL FAUT ÊTRE UN BON GUERRIER ! (Épilogue de Nita)

 

Si de nos jours de plus en plus de cas de Walk-in apparaissent, vu notre expérience, cela n'est vraiment pas de bon augure ! Dans le meilleur des cas, il ne s'agit que d'un délire, un fantasme mental. Il en va de même pour toutes ces dites initiations, se passant les doigts dans le nez. Mais comment cela peut-il être possible ? Un peu de bon sens tout de même ! Beaucoup parlent mais ne font que véhiculer les dires d'un autre, qui lui-même les tient d'un tel, qui lui-même... Et qui a expérimenté quoi ? Qui peut se targuer d'être prêt à une telle chose ? En avoir la force physique et psychique, la réelle connaissance du fait et surtout la discrimination nécessaire ? Vu l'état de conscience, d'ignorance et de béni-oui-oui de ce monde, il ne fait aucun doute : très peu d'êtres ! Qui peut dire avoir la certitude de qui prend la place ? Au vu des temps troublés que nous vivons, où la prédation tient le haut du pavé, où tout n'est que séduction trompeuse servant de sombres plans, il est plus que légitime de se poser cette question. Si ce n'est vital. Car nous sommes leurrés, induits, sans cesse et sans arrêt, au-delà même de ce que nous pouvons imaginer. Oui, nous sommes des marionnettes bien loin d'être libres ! Aussi futés soyons-nous, aussi expérimentés ou guidés que nous nous croyons, nous ne faisons pas le poids face à la prédation tant que nous ne nous y confronterons pas ! Et c'est bien ce qui nous est arrivé. Cette prédation n'est pas qu'extérieure. Elle est avant tout intérieure. Et "en-saignante". Là est le sens de notre témoignage.

 

La corporisation de cette "entité" en Loris eut lieu aux premières heures de la nuit du 31 août 2007. Lorsqu'il m'appela ce matin-là, j'entendis très distinctement deux souffles dans sa voix, qui n'était plus tout à fait la même d'ailleurs. Je notais clairement un deuxième souffle, plus profond, semblant venir de très loin et pourtant bien présent, qui s'exhalait à travers ses mots. J'étais en alerte, je n'avais aucune idée sur ce qui prenait place, qui plus est en force ! Mais mon bon sens me disait que cette façon de faire n'était pas catholique. Je devais aussi être extrêmement vigilante, afin de ne pas me faire moi-même manipuler à mon insu. J'assistais donc à ce qui se passait, parfois de loin car nous n'étions pas en couple à cette époque. J'avais bien repéré ses premières manigances pour tenter de se faire passer pour ce qu'il n'était pas. Il avait osé jouer sur ma corde sensible, suggérant à Loris être un illustre avatar (incarnation divine). Il ne me connaissait pas de toute évidence. C'était la seule erreur à ne pas commettre ! Et s'il me restait quelques doutes, ils furent balayés d'un coup. Cela me mit dans une telle fureur ce jour-là, que la guerrière que je fus aurait pourfendu des hordes de dragons sans peur aucune ! Comment osait-il ! Pour qui se prenait-il ! Et pour qui nous prenait-il ! La bataille entre prédateurs venait bel et bien de s'engager. Pourtant. Devant l'évidence de cet usurpateur. Et malgré ce danger bien réel. Quelque chose en moi, et en totale conscience, permettait cette expérience ! Il devait en être ainsi. Nous devions vivre cela. Même si ça semblait fou et que je n'en connaissais pas la raison.

 

Cette présence se manifesta bien sûr dans notre quotidien. Et ce n'était pas lumineux. De toute évidence. Loris se mit à avoir des accès de violence subite et d'agressivité non à propos, qui n'étaient pas de sa nature. Et du fait des gènes de mon propre prédateur, nous nous jouâmes des face-à-face épiques ! Où je le faisais ployer puis se retrancher. Les guerriers, zombies ou autres fantoches de quelque acabit qu'ils soient ne font pas peur à Celle dont je garde la mémoire. C'est cette part originelle de Loris qui nous dira, le jour où elle se présenta, que pour être un bon Gardien il fallait être un bon Guerrier (chapitre à venir "Les Révélations du Neb-Ankh") ! Et c'est exactement ce que j'étais ! Moi aussi. Bien sûr, je ne savais pas alors ce que je sais maintenant et guerroyer n'a jamais été la solution. Mais à cette époque, c'était la seule chose que je savais faire. Et bien faire ! Il arrivait aussi que Loris devienne soudain haineux lorsque j'étais en état de conscience unifiée. Celui qui était en lui voulait avoir le premier rôle, la première place, c'était juste une question de pouvoir ! Et chaque fois, je le débusquais. Et chaque fois, il battait en retraite. Mais il était toujours là. Le souvenir le plus extrême que j'ai de sa manifestation fut notre premier baiser. Quelques mois plus tard. Loris est un être très doux, mais ce jour-là c'est un autre que lui qui m'embrassa ! Avec une telle violence, que je le repoussai illico le mettant face à son acte. Mais Loris n'avait rien vu. Il ne s'était rien passé d'anormal ! Cette expérience m'avait servie de leçon. La guerrière en moi connaissait bien l'adage "ne jamais baisser la garde" !

 

Ce que je n'avais pas vu, c'est que l'expérience de Loris - devenant par la force des choses la mienne - révélait du même coup ce gène sans doute reptilo-guerrier en moi. Au vu de mon parcours (antérieur à Loris), cette prédatrice ne l'était pas originellement, même si elle excellait dans l'art de la guerre et que, par force, elle l'était devenue pour moi. Je ressens de façon "tripale" que cette faculté n'avait été pour elle qu'un moyen de survie. Ce qu'elle est, je le porte en moi. En conscience. Un amour viscéral de cette Terre comme de toute vie. Une présence parfaitement ancrée. Un profond respect de tout ce qui est. Une empathie innée. C'est comme si, dès mon enfance dans cette incarnation, j'avais remis mes pieds dans ses empreintes. Pour me souvenir. Et j'ai retrouvé, profondément enraciné en moi, un rejet absolu de "la race mâle". Destructrice. Que mon père en cette vie a si bien incarné. Et qui s'est manifesté, dévoilé de plus en plus. Évidemment. Je sais que c'est lié à elle, à moi donc, et je travaille encore à cette réconciliation. Néanmoins. Rien n'étant tout blanc ou tout noir, ses talents de guerrière m'ont souvent été salvateurs et je leur dois d'être encore en vie. Ce qui est humainement déconcertant, et c'est en cela que je témoigne moi aussi, c'est de voir ces deux énergies-entités se côtoyer en toute conscience dans une seule et même forme. Tout comme Loris, mais d'une autre façon. Cette incarnation-ci devait donc servir à l'unification de ces deux parts et à la résolution des conflits mémoriels. Pour Loris comme pour moi.

 

Il me fallut du temps pour accepter ce que nous vivions. J'avais l'impression de porter un serpent dans mon sein. Ô combien c'était vrai ! J'avais passé bien des années sur les plans invisibles, rencontré tant d'entités sombres, que j'y avais acquis une certaine aisance et surtout un bon flair ! Et j'étais un bon canal. J'avais pendant des années subi d'innombrables tentatives d'adombrement, de nuit comme de jour. Ce qui fut difficile, car j'étais jeune encore et ne comprenais pas pourquoi une telle chose arrivait. C'est par un retournement total de conscience, ayant compris le sens du partenariat Ombre-Lumière, que tout cela s'achèvera un jour. En un instant ! Pourtant. J'ai rué dans les brancards de cette situation incompréhensible que je vivais avec Loris. Tout ce à quoi je m'étais préparée pendant des années, confondre l'Ombre et ne point la subir, me liait désormais à cette même Ombre à-travers le seul homme que j'avais accepté dans ma vie ! Et sans doute cet apprentissage devait être nécessaire à cette expérimentation particulière (N.B. l'Usumgal de Loris fut mon geôlier). Mais cela me rendait folle ! Mille fois j'ai voulu stopper ou fuir cette expérience, mais quelque chose en moi d'irrationnel ne pouvait s'extraire de ce chemin. C'était inexplicable. Tout sauf raisonnable. Mais plus fort que tout. Évidemment, cette Ombre que je savais si bien démasquer à l'extérieur, me cachait celle qui était lovée à l'intérieur, la mienne ! 

 

Ce que nous venions de vivre, nous n'en saisirons le plein sens que neuf ans plus tard. C'est en tout cas notre compréhension actuelle au vu de notre parcours ultérieur. Ce que Loris a corporisé - et qui était bien un walk-in-possession en pleine conscience, d'où la douleur physique - n'était en fait qu'un autre lui, venant du passé ou du futur. Nous penchons pour le passé vu l'expérience de Loris avec "le Monde des Sauriens" (chapitre à venir "Les Révélations du Neb-Ankh"). Et bien sûr prédateur. C'était assurément une entité ancestrale, guerrière et puissante. Et nous n'avons aucun doute sur son désir de l'instruire. Mais son côté intrusif, violent et son goût du pouvoir sur l'autre était bien typique de la prédation !

La narration de Loris est truffée de ce type d'expression prédatrice, de soumission envers le maître, d'anéantissement du sujet pour laisser place au marionnettiste ! Nous n'entrerons pas dans la dualité de "bonne" ou "mauvaise" expérience. Rien n'est pour rien. Rien n'est à jeter ni à ignorer. Aucune expérience n'est nocive en soi, seul le résultat ne dépend que de ce que nous en apprenons et faisons. Si celle-ci s'est présentée, c'est que nous avions à la vivre et pour cause ! Incarner nos multiples parts, après les avoir fait passer de l'Ombre à la Lumière, voilà sans doute ce que nous sommes venus faire. Rien d'exceptionnel à cela, c'est ce que nous faisons tous. Sauf que. Cette fois le terme "incarner" a été pris au pied de la lettre ! Douloureuse, effrayante et magnifique expérience ! Mais nous vivons tous ainsi. Sans le savoir. Avec toutes nos parts ignorées, qui sont ces autres nous. Nos moi-parallèles du "passé" ou du "futur", mais que nous ne reconnaissons pas. Ils nous murmurent, nous éprouvent nous rebutent, nous déterminent nous conditionnent. Ils nous font peur ! Pourtant. Ils sont nous ! C'est en cette reconnaissance que réside à mon sens l'alchimie. Et nous espérons être en train de la réaliser...

Dans cette incroyable aventure de la conscience, avec toutes nos parts !

 

Bien à vous,

Nita et Loris

 

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