L’accélération du temps et la fin du cycle - Est-ce la fin de notre temps ?

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Le temps s’accélère-t-il ? Et si oui… jusqu’à quand ? L’accélération du temps est un sujet ambigu, méconnu et mal documenté. Il n’a pourtant rien de très compliqué, bien qu’il recouvre des implications assez impressionnantes, à la fois eschatologiques, microcosmiques et macrocosmiques.

 

 

Paul Virilio, architecte, écrivain et philosophe, s’est distingué par ses recherches sur la notion de vitesse dans la modernité. Il a notamment réfléchi sur les « mutations de l’espace-temps et le dérèglement de notre rapport à la temporalité », comme l’a résumé Jean-Claude Guillebaud (dans Le Nouvel observateur du 10 août 2010). Virilio met l’accent, pour essayer d’en tirer les enseignements, sur la « conjonction de plus en plus forte, étendue à l’ensemble de l’espèce humaine, entre les deux séries de phénomènes : des transmissions d’informations, à la vitesse de la lumière, et des transports réels ». L’idée, c’est que l’immédiateté de la communication alimente le fantasme de l’immédiateté de nos déplacements physiques. L’annulation des distances par les médias et la circulation instantanée de l’information suscite le fol espoir d’un mode de transport tout aussi rapide… Le don d’ubiquité représente un attribut divin, en rapport avec l’omniscience et l’omnipotence. Ce fantasme est la conséquence ultime d’un monde globalisé soumis à un seul flux immédiat, donc atemporel, d’informations. On en vient à caresser le rêve fascinant d’échapper aux limites de l’espace et du temps. Or il se produit un phénomène qui tend effectivement à remettre en cause l’apparente immuabilité de l’écoulement du temps… Bien que l’on ne s’en rende pas compte (ou du moins, de manière confuse et inexplicable), c’est la vitesse des informations que nous recevons qui engendre l’accélération du temps. Il s’agit là d’un phénomène scientifique, que la biologie explique bien. Cela se joue sur deux plans : la quantité d’informations et la vitesse de leur transmission (entre l’émission et la réception). Dès lors que la valeur qui définit ces deux paramètres augmente, le temps s’accélère. Autrement dit, plus je reçois d’informations et plus je les reçois vite, plus ma vie s’accélère. Les deux termes de la proposition sont d’ailleurs corrélés, au point de s’entretenir mutuellement : si l’information va plus vite, j’en reçois davantage ; et si j’en reçois davantage, je dois les traiter plus vite, sous peine d’être submergé ou d’être largué — ce qui en soi n’a pas d’importance, mais qui peut poser un problème par exemple dans le monde du travail, où la capacité à traiter un nombre croissant de données à un rythme lui aussi croissant est un critère impératif d’efficacité et de compétitivité. (Ce qui, soit dit en passant, s’avère parfaitement névrotique et aliénant, mais là n’est pas le sujet.)

 

 

Le temps, c’est… de l’information

 

Donc, le temps passe vite à proportion que les informations circulent plus vite et en plus grand nombre. C’est, en outre, selon la biologiste Jacqueline Bousquet, ce qui explique le vieillissement physiologique : la quantité d’informations reçues et stockées par le corps finit par l’alourdir et le fatiguer. Le corps doit s’adapter à une masse d’infos sans cesse croissante, et sa capacité d’adaptation n’est pas indéfinie ; à la longue, il fatigue. C’est logique puisque à chaque info intégrée par le corps correspond une expérience vécue (nous allons y revenir).

 

Le monde des médias est à la fois le principal vecteur et la meilleure illustration de la modification de notre rapport espace-temps. « Il est hanté par une obligation de hâte ou de cadence à suivre, constate Guillebaud ; une injonction qui fait du chronomètre un défi permanent, un adversaire à combattre. Le temps médiatique […] prend la figure d’un déferlement. Le temps déferle littéralement sur nos têtes. » Dès lors qu’on essaye d’y faire face et de s’adapter à ce rythme frénétique, on s’insère dans un continuum espace-temps de plus en plus étroit, se réduisant à mesure même qu’on s’y enfonce profondément. Plus la quantité d’informations augmente, plus la vitesse de leur traitement augmente également, plus le temps s’accélère. L’accélération du temps est donc un phénomène objectif, parfaitement explicable en termes scientifiques. À condition de bien savoir de quoi on parle.

 

 

Le temps physique n’est qu’un temps chronologique, cumulatif et sédimentaire

 

En effet, selon l’acception classique, le temps s’inscrit dans l’espace : les deux sont inséparables. La mesure du temps n’est que la mesure d’une durée rapportée à une distance (en l’occurrence, la durée que met la lumière pour franchir une certaine étendue d’espace). Comme le notait René Guénon, « tandis qu’on peut mesurer l’espace directement, on ne peut au contraire mesurer le temps qu’en le ramenant pour ainsi dire à l’espace. Ce qu’on mesure réellement n’est jamais une durée, mais c’est l’espace parcouru pendant cette durée dans un certain mouvement dont on connaît la loi ; cette loi se présentant comme une relation entre le temps et l’espace, on peut, quand on connaît la grandeur de l’espace parcouru, en déduire celle du temps employé à le parcourir ; et, quelques artifices qu’on emploie, il n’y a en définitive aucun autre moyen que celui-là de déterminer les grandeurs temporelles. » (« Les déterminations qualitatives du temps », in Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, Gallimard, Paris 1945). C’est aussi de cette manière que nous évaluons notre rythme annuel, duquel découlent ensuite nos rythmes mensuel, hebdomadaire et quotidien : par la durée de révolution de la Terre autour du Soleil. C’est ce qu’on appelle le temps physique, puisqu’il est fonction d’une mesure spatiale, donc corporelle. C’est aussi le temps que les Grecs appelaient Chronos, temps quantitatif et impersonnel. C’est à ce temps-là que Paul Virilio se réfère, quand il dit par exemple que « Depuis la préhistoire, l’histoire s’est inscrite dans un temps localisé, lié à un lieu, dans un ‘‘hic et nunc’’ ou un ‘‘in situ’’ », et qu’aujourd’hui « nous entrons, grâce au feed-back interactif des réseaux de communication, dans un temps live qui est un temps global. » Évidemment, à partir de la réalité spatiale et physique d’un monde globalisé, uniformisé par un seul et unique flux d’informations circulant en temps réel, il est facile de décréter la fin du temps, puisque c’est en fait la fin de l’espace dont il s’agit. Et comme notre temps est indissociable de son critère spatial, le constat de Virilio selon lequel « Il y a une fin de la temporalité historique locale », non seulement va de soi, mais frise la tautologie. 

 

 

Le temps est vécu, donc biologique

 

Il en va différemment si l’on envisage l’autre conception du temps : non pas Kronos, mais Kairos ; non plus physique, mais biologique. Non plus quantitatif, mais qualitatif. Non plus déterminé par l’espace, mais par la conscience — à travers l’expérience vécue. Le temps biologique est le temps vécu — et cette fois c’est lui qui détermine l’espace. Une expérience se vit d’abord intérieurement ; elle n’est localisée que si on le décide ou qu’on en a besoin. Quand on vit une expérience, on vit un moment, pas un lieu. Une belle expérience, c’est « un grand moment » (ou « un moment fort »), mais rarement « un grand endroit ». Pour les Grecs, c’était le temps Kairos, qualitatif et personnel. Or une expérience, un événement, un phénomène, c’est avant tout de l’information. En dernière analyse, un événement n’existe qui si l’on en est informé, ce qui permet d’en prendre conscience (l’événement naît et existe dans notre conscience). C’est le sens du célèbre koan zen : « Quel bruit fait un arbre qui tombe dans une forêt où il n’y a personne ? » Réponse : aucun. Parce que personne n’est là pour recevoir et traiter l’information selon laquelle un arbre tombe et produit un son. De même, on peut vivre une expérience très forte sans rien faire d’autre que recevoir une information. Si je suis fan de football et que j’apprends que mon équipe préférée a remporté un match important, je vivrai une expérience de joie et de fierté unique. Si j’apprends que ma compagne est hospitalisée après avoir été accidentée, j’aurai une brusque et brutale expérience d’angoisse et de chagrin. Ces deux expériences personnelles et intérieures sont deux événements qui ne se seraient jamais produits sans une information initiale. L’espace n’a plus rien à voir ici. Le temps, qui n’est qu’une succession d’événements, dépend donc de l’information. Et mieux cette information est intégrée, plus elle influence notre expérience du temps. Comme l’a noté Deepak Chopra (dans Un Corps sans âge, un Esprit immortel), « L’ancien paradigme nous dit que le temps est objectif, mais notre corps réagit en fait au temps subjectif, tel qu’il s’enregistre dans les souvenirs et les sentiments intérieurs. » Autrement dit, le temps s’accélère à mesure que nous emmagasinons de l’information dans notre mémoire. Mais alors, qu’est-ce qu’une information ? C’est ce qui fait qu’un événement, comme on l’a vu, ou une expérience, devient réalité. Plus exactement, une information recouvre un certain état de réalité : soit virtuel, soit réel ; soit potentiel, soit actuel. Une information est une possibilité non encore réalisée. C’est en ce sens que le temps est fonction de l’information. Mais l’information, pour autant, ne décide de rien. En tant que pure potentialité, elle est neutre. C’est l’usage, le traitement qui en est fait qui décide que tel phénomène, de possible, devient existant. Et ce traitement, c’est, proprement, l’action de notre conscience. C’est la réception et l’acceptation d’une information qui font surgir la possibilité dont elle est porteuse dans la réalité, et qui peuvent le cas échéant transformer le réel, voire changer une vie (« Vous avez gagné au loto » : si j’accepte cette info, ma vie bascule instantanément) ou plusieurs vies (« la France entre en récession » : tous ceux qui acceptent cette info et lui donnent foi contribuent à en faire une réalité). C’est dire le pouvoir de l’information et des médias… pouvoir d’influence, de suggestion et de conditionnement aussi vieux que la civilisation occidentale, et qui relève de l’esclavage mental et neurologique décrit ici.

 

 

Science sans conscience…

 

C’est dire, surtout, le pouvoir de la conscience, et incidemment, l’ampleur de notre responsabilité dans l’état des choses telles qu’elles sont. Notre conscience agit comme une force vectorielle : c’est elle, selon l’attention et le crédit qu’elle accorde à une information (quelle qu’elle soit), qui permet sa concrétisation dans la réalité, à travers le surgissement de tel ou tel événement, et qui nous fait vivre telle ou telle expérience. Résumons. D’un côté, nous constatons l’augmentation exponentielle de la quantité d’informations en circulation dans le monde, ainsi que l’augmentation, logique sinon nécessaire, de la quantité d’informations que chacun est amené à recevoir et à gérer. Puisque toute expérience vécue est directement fonction d’une information, plus nous traitons d’informations, plus nous vivons d’expériences, plus notre vécu est intense, et plus le temps s’accélère. De l’autre côté, nous ne vivons que ce à quoi nous donnons de l’attention. La méthode Coué ou la somatisation, ça marche très bien, c’est vérifié depuis longtemps (voir La Science de l’Intention de Lynne McTaggart ou Le Corps quantique de Deepak Chopra). Notre vie dépend donc, non seulement des informations que nous traitons, mais aussi — voire surtout — de l’attention, du crédit, de l’importance que nous leur attribuons. L’attention, en effet, est force psychique, qui s’exprime à notre échelle sous forme d’énergie électromagnétique. Plus on accorde d’attention à une idée (ou à une personne), plus on la renforce, plus elle est puissante. Autrement dit, par exemple, en acceptant et en croyant les informations diffusées par les médias dominants, on renforce leur domination — et on entretient le système sur lequel elle repose. À l’inverse, si on leur retire notre attention, ils subissent une perte d’énergie et de vigueur directement proportionnelle. Cela permet en outre de voir que si l’on veut vivre joyeux et en bonne santé toute sa vie, il suffit de le décider : l’information sera immédiatement reçue et mise en œuvre par chacune des cellules du corps. Enfin, tout cela ne doit pas faire oublier que notre expérience de temps vécu est aussi influencée par les informations que nous recevons sans en être conscient. On le sait depuis longtemps : « De nombreuses études ont montré que l’esprit humain possède un remarquable talent pour absorber inconsciemment de l’information. » (Michael Talbot, L’Univers : Dieu ou Hasard ?, J’ai lu, Paris 1989.) Et cette information inconsciente contribue elle aussi, sans qu’on s’en aperçoive, à accélérer le rythme de notre temps vécu. 

 

 

L’accélération du temps a-t-elle un sens ?

 

Cela dit, nous n’avons pas répondu à la question de savoir ce qu’est une information. Pour cela, nous allons faire un petit détour par la physique quantique. Nous allons aussi envisager certaines données traditionnelles (issues d’anciennes doctrines abusivement considérées comme mythologiques), qui prennent une nouvelle ampleur sous l’éclairage des derniers acquis de la science physique. En essayant de voir ce qu’est une information, et surtout comment elle fonctionne, nous verrons que l’accélération du temps que l’on constate actuellement ne se produit pas maintenant par hasard, et qu’elle répond à des conditions beaucoup plus vastes et profondes que la seule multiplication des moyens de communication à travers le monde. Les Mayas, par exemple, avec leur fameux calendrier, avaient compris et prévu le phénomène de l’accélération du temps, et savaient quelle signification lui accorder. Selon Carl Johan Calleman, docteur en biologie physique et spécialiste du calendrier maya, le temps que décrit ce calendrier suit un rythme en accélération constante. Les Mayas — qui raisonnaient en temps Kairos — concevaient un temps cyclique et spiralé (un vortex sphéroïde) ordonné selon des sauts évolutionnaires successifs, survenant à un rythme croissant et suivant une logique fractale (un petit cycle reprend le déroulement d’un grand cycle, sur une durée plus courte et rapide). Et chaque changement de cycle consiste en un bond évolutionnaire, un saut qualitatif améliorant le degré d’autonomie des espèces et leur niveau de conscience. Ces cycles (qui commencent avec le Big Bang) sont au nombre de neuf, et chacun d’eux reproduit un déroulement similaire (en treize périodes d’égale durée) mais sur une période vingt fois moindre d’un cycle à l’autre. Donc à l’intérieur de chaque nouveau cycle, les événements sont beaucoup plus nombreux et surviennent à une cadence beaucoup plus élevée. L’accélération du temps découle donc du rythme accru auquel se succèdent les événements (ainsi que, comme on l’a vu, de notre capacité accrue de réception et de traitement de l’information liée à ces événements). L’influence des cycles que décrit le calendrier maya sur l’activité humaine a du reste été bien mise en évidence par Calleman ; et la fin du calendrier maya, intervenue selon lui le 28 octobre 2011, ne semble rien avoir changé à ce processus d’accélération croissante.

 

 

Les derniers instants du Kali Yuga

 

Il se trouve aussi que l’idée d’une augmentation de la vitesse des événements — et donc du temps — est également présente dans la tradition hindoue. « La vérité, disait René Guénon à ce sujet, est que le temps n’est pas quelque chose qui se déroule uniformément, et, par suite, sa représentation géométrique par une ligne droite, telle que l’envisagent habituellement les mathématiciens modernes, n’en donne qu’une idée entièrement faussée par excès de simplification ». « La véritable représentation du temps, ajoutait-il, est celle qui nous est fournie par la conception traditionnelle des cycles, conception qui, bien entendu, est essentiellement celle d’un temps ’’qualifié’’ » et non uniquement quantifié (Kairos et non Chronos). Ainsi, « non seulement chaque phase d’un cycle temporel, quel qu’il soit d’ailleurs, a sa qualité propre qui influe sur la détermination des événements » — ainsi que Calleman l’a montré —,« mais […] la vitesse avec laquelle ces événements se déroulent est quelque chose qui dépend aussi de ces phases, et qui, par conséquent, est d’ordre plus qualitatif que réellement quantitatif. Ainsi, quand on parle de cette vitesse des événements dans le temps, par analogie avec la vitesse d’un corps se déplaçant dans l’espace, il faut effectuer une certaine transposition de cette notion de vitesse, qui alors ne se laisse plus réduire à une expression quantitative comme celle qu’on donne de la vitesse proprement dite en mécanique. » Autrement dit, « suivant les différentes phases du cycle, des séries d’événements comparables entre elles ne s’y accomplissent pas dans des durées quantitativement égales ; cela apparaît surtout nettement quand il s’agit des grands cycles, d’ordre à la fois cosmique et humain, et on en trouve un des exemples les plus remarquables dans la proportion décroissante des durées respectives des quatre Yugas dont l’ensemble forme le Manvantara [cycle de manifestation universelle]. » Ainsi, les quatre Âges (ou Yugas) de l’humanité se déroulent à une vitesse croissante : d’après Guénon, si l’on représente le Manvantara par un total de 10 unités, le premier Âge dure 4 unités, le deuxième en dure 3, le troisième 2 et le dernier ne dure qu’1 unité. (Il s’agit, dans la tradition occidentale, de l’Âge d’or, l’Âge d’argent, l’Âge de bronze et l’Âge de fer.) « C’est précisément pour cette raison que les événements se déroulent actuellement avec une vitesse dont les époques antérieures n’offrent pas d’exemple, vitesse qui va sans cesse en s’accélérant et qui continuera à s’accélérer ainsi jusqu’à la fin du cycle ; il y a là comme une ’’contraction’’ progressive de la durée, dont la limite correspond au ’’point d’arrêt’’ » du cycle. Point d’arrêt après lequel commence un nouveau cycle de manifestation. Un point d’arrêt dont personne ne connaît la date — ce qui n’avait pas empêché de nombreux observateurs d’affirmer qu’il s’agissait du 21 décembre 2012 (John Major Jenkins, Gregg Braden, ainsi que plusieurs channels — mais pas un seul descendant des Mayas). Cela est au fond sans importance puisqu’une date n’est qu’un point de repère — et en l’occurrence, le point final auquel doit nécessairement aboutir l’accélération du temps ne sera pas un instant décisif et valable pour l’humanité entière en même temps mais à un moment différent pour chaque individu. À chacun le sien, en somme : disons que chacun fera, le cas échéant, l’expérience de ce point final, à sa façon, et d’une manière progressive et nuancée aussi bien que d’une manière abrupte et fulgurante. Ce qui revient à dire que la « fin du temps » elle-même obéit à une logique fractale (holographique), ce qui est parfaitement logique et cohérent. (Il en va de même, notons-le au passage, pour ce qui concerne les fameux trois jours d’obscurité censés ponctuer la fin du cycle et précéder le commencement du suivant.)

 

 

Les Mayas avaient raison !

 

Quoi qu’il en soit, les Mayas (et les Grecs, et les Hindous) avaient prévu l’actuelle accélération du temps, puisqu’elle n’est qu’une conséquence logique de l’évolution de la vie telle qu’ils l’ont comprise et restituée à travers leur calendrier. Pour les Mayas, l’évolution suit un rythme qui accélère par paliers successifs. Ces paliers se situent au commencement de chacun des neuf cycles, nommés « Inframondes » (Underworlds) par Calleman, et chaque nouveau cycle voit les événements se produire et se succéder, et les informations se transmettre et s’échanger, à un rythme vingt fois supérieur que dans le précédent. « Chaque Inframonde, explique Calleman, se développe selon un rythme qui lui est propre […]. Les changements de Kairos ont lieu plus fréquemment […] et le temps semble s’écouler plus vite. » Voyons un peu plus précisément comment le calendrier maya décrit l’évolution de la vie. Selon Calleman, le calendrier maya indique que « Les différents niveaux d’organisation de la vie sont synchronisés pour favoriser l’évolution biologique. » Ces différents niveaux sont sept : l’atome, la cellule, l’être humain, la planète, le système stellaire, la galaxie et l’Univers. À toutes ces échelles, l’évolution procède par sauts, de manière synchrone. Des effets de seuil, des brisures de symétrie. Des sauts évolutionnaires qui sont, en tant que tels, des sauts quantiques. Et qu’est-ce qu’un saut quantique ? Au sens strict, c’est la réception, par un électron, d’un photon, qui modifie son orbite autour du noyau atomique et modifie donc la forme de l’atome : c’est le sens le plus rigoureux de l’information. Or un photon, comme tous les quanta, est avant tout une information : un bit, c’est-à-dire une quantité d’information élémentaire. Un saut quantique est donc la même chose qu’un saut informatique, c’est-à-dire un saut informationnel, constitué par un échange de bits informatiques, donc de fragments d’information. C’est ainsi que notre conscience reçoit et envoie de l’information, au sein même de nos atomes, qui sont en contact permanent avec le substrat quantique de l’Univers (les atomes, hormis le noyau et les électrons, sont vides de matière mais emplis de quanta virtuels, c’est-à-dire d’info et d’énergie virtuelles). Cela aurait même été le cas pour le Big Bang — à tel point que certains chercheurs, comme le physicien et informaticien Doug Matzke, ont proposé de remplacer le concept de Big Bang par celui de « BitBang ». « Il s’agirait, explique l’astrophysicien Massimo Teodorani 1, de ce Bang informatique parallèle au Bang thermodynamique de l’Univers en expansion violente, déterminé par l’effondrement d’une fonction d’onde — appelons-la ’’fonction d’onde divine’’ — contenant un nombre infini de mondes en superposition, jusqu’à ce qu’un mystérieux observateur fasse un choix bien précis » qui entraîne l’effondrement de la fonction d’onde universelle primordiale, et provoque ainsi l’irruption d’un Univers, notreUnivers, plutôt que d’un autre… (Cette hypothèse rejoint la théorie des supercordes, selon laquelle notre Univers n’en serait qu’un parmi une indéfinité d’autres, chacun concourant à l’expansion indéfinie d’un fabuleux consortium réunissant tous ces Univers, qu’on appelle « Multivers » — formule proposée par Hugh Everett dans les années 1960.) Alors qu’est-ce qu’une fonction d’onde, et à quoi cela sert-il ?

 

 

L’intrication quantique, au cœur de la vie

 

Dans le monde quantique, le temps et l’espace obéissent au principe d’intrication postulé par Erwin Schrödinger en 1926, mis en question par Einstein, Podolsky et Rosen en 1935 (le fameux « paradoxe EPR »), démontré mathématiquement par John Bell en 1967 et démontré expérimentalement par Alain Aspect en 1982 (puis par Nicolas Gisin, à plus grande échelle, en 1997). « Qu’est-ce à dire ? Que dans certaines situations très particulières deux photons qui ont interagi dans le passé ont des propriétés que leur distance mutuelle, aussi grande soit-elle, ne suffit pas à séparer. Ils constituent un tout inséparable même lorsqu’ils sont très éloignés l’un de l’autre : ce qui arrive à l’un des deux, où qu’il soit dans l’Univers, est irrémédiablement intriqué avec ce qui arrive à l’autre photon dans un autre lieu de l’univers, comme si un lien quantique, immatériel et instantané, les tenait ensemble. 2 » Les physiciens appellent cela le « principe de non-localité » : les quanta (entités subatomiques, ondes et particules à la fois) ne sont localisables ni dans le temps ni dans l’espace, et ils sont virtuellement présents à chaque instant et en tout lieu. Et notre conscience fonctionne à partir de quanta… L’intrication signifie donc, entre autres, que le temps et l’espace n’existent pas à proprement parler : ils ne sont que des virtualités, répondant — de même que toutes les variables qui définissent un état physique — à ce qu’on appelle une superposition d’états quantiques. À chacun de ces états, qui sont, à l’état virtuel, en multitude indéfinie dans le monde quantique, peut correspondre une certaine réalité — n’importe quel événement — dans notre rapport espace-temps. Cette multiplicité d’états virtuels est régie par une fonction d’onde. C’est de l’écroulement de cette fonction d’onde que résultera l’émergence d’un certain rapport espace-temps (on parle de « réduction du paquet d’ondes ») : quand la fonction d’onde s’écroule, un état parmi d’innombrables autres se voit actualisé, matérialisé dans notre monde. C’est ainsi qu’adviennent tous les phénomènes qui composent notre réalité : par autant d’écroulements de fonctions d’onde, survenant à une vitesse inimaginable. Et qu’est-ce qui provoque l’effondrement de la fonction d’onde ? Un acte de conscience. À tout instant, en permanence, notre conscience fait s’effondrer les fonctions d’onde assurant la cohérence du monde quantique, provoquant la manifestation d’un phénomène dans notre monde classique, inscrit dans notre rapport spatiotemporel. (Les physiciens parlent du coup de « décohérence ».) À tout instant, chaque être humain génère sa réalité — qui est aussi la réalité — en faisant s’effondrer d’innombrables fonctions d’onde par le seul fait d’être conscient. Un état quantique (un tas de quanta…) est donc, en dernière instance, un bouillonnement d’informations virtuelles recouvrant une indéfinité d’états potentiels. Ces états ne peuvent se manifester — passer de l’état potentiel à l’état actuel — que sous l’action de notre conscience : celle-ci entraîne, instantanément, la cristallisation (et donc le surgissement physique et spatiotemporel) d’un certain nombre d’informations sous la forme d’un événement quelconque. Ce qui revient à dire que notre conscience crée le temps et l’espace, et tout ce qui s’y trouve, et tout ce qui s’y produit.

Cela conduit à se demander en quoi consiste ce monde quantique, ce niveau d’existence où une multiplicité d’états est incluse simultanément de manière latente, potentielle, virtuelle… En fait, le monde quantique est le monde de l’information à l’état pur. Information en amont de l’espace et du temps, qui n’est pas encore devenue énergie, ni encore moins matière. C’est le domaine de la métaphysique : au-delà de la physis, de la Nature. C’est le fameux « champ du point zéro », celui du « vide quantique » — qui, s’il est bien vide d’énergie et de matière, est plein de tous les possibles : d’informations virtuelles. C’est le « champ unitaire ultime » duquel émerge toute chose. C’est aussi l’ « ordre implicite » du physicien David Bohm, ordre primordial duquel procède l’ordre explicite, notre monde. C’est pour ça que C. J. Calleman peut expliquer le calendrier maya — l’évolution de la vie procède par sauts quantiques et informationnels qui apparaissent (aux plans physique, biologique et psychique) comme des sauts évolutionnaires — en expliquant du même coup l’accélération du temps : parce que l’évolution se définit par une augmentation des facultés cognitives des espèces. À chaque changement d’Inframonde, il se produit un saut évolutionnaire, qui impacte en temps réel toutes les formes de vie, quelles qu’elles soient et où qu’elles soient, sur Terre et dans l’Univers. Chaque saut évolutionnaire produit des effets nouveaux et différents — mais toujours dans le sens de la complexification et de la diversification de la vie, et de l’amélioration de l’autonomie et du niveau de conscience des êtres vivants. Ainsi Calleman montre-t-il par exemple que « les datations modernes sont conformes à l’idée que chaque nouvel Inframonde dans le calendrier maya donne naissance à une autonomie accrue des organismes biologiques par rapport à leur environnement. Cela corrobore l’idée selon laquelle une conscience de soi accrue et un niveau d’intelligence de plus en plus élevé sont développés par chaque Inframonde 3 ». L’évolution, en améliorant notre intelligence et notre niveau de conscience au fil des âges, permet l’accélération de l’information et des événements (les deux étant corrélés). L’évolution elle-même est donc une accélération. Et elle a un sens : l’amélioration de notre conscience. Plus nous évoluons, plus et mieux nous sommes conscients. Voilà bien l’enjeu de la « transition » à l’œuvre de nos jours, autour de cette année charnière qu’a été 2012 : un développement qualitatif sans précédent de la conscience humaine — que l’on peut ainsi considérer comme un véritable saut quantique de la conscience.

 

 

Qu’est-ce que la conscience ?

 

Nous avons vu que le temps s’accélère parce que nous recevons davantage d’informations, et parce que celles-ci constituent à proprement parler notre expérience de vie, soit notre temps vécu. Or le passage entre une info extérieure et une expérience intérieure est accompli par notre conscience. Le seul et unique responsable de tout ça, c’est elle. Comment fonctionne-t-elle ? « La conscience, propose Massimo Teodorani, est un processus à la frontière du monde quantique et du monde classique. » (Excellent résumé qui recoupe Nietzsche disant que « la conscience est une surface ».) La conscience est l’intermédiaire qui manifeste les potentialités quantiques dans notre monde physique classique. Ce processus s’articule en deux étapes. La première étape est purement quantique et mobilise des informations virtuelles, qui sont par définition impossibles à mesurer ou à déterminer ; la seconde étape en revanche se traduit, de manière sensible et perceptible (et donc mesurable), par toute une série de phénomènes biologiques, électriques, magnétiques et chimiques qui font partie du fonctionnement normal de notre physiologie, et qui sont la traduction physique et corporelle du fonctionnement de notre psyché (émotions et sentiments) et de notre mental (raison et pensée). (Rappelons, à la suite de Guénon s’appuyant sur la tradition hindoue, que l’âme a pour supports corporels le réseau sanguin et le réseau nerveux.) Premièrement : une superposition d’états quantiques se forme dans notre cerveau, à l’intérieur des neurones. Plus précisément, la superposition se déroule au travers des microtubules, minuscule structure tubulaire constituée de protéines appelées « tubulines ». « Les microtubules, explique Teodorani, sont l’élément constitutif du cytosquelette, que l’on pourrait définir comme l’ossature des cellules » : ils représentent le réseau nerveux et circulatoire des cellules. Dotés de leur intelligence propre, ils agissent, nous dit Teodorani, comme les « principaux médiateurs de la conscience » : « Dans les neurones, ils s’assemblent pour permettre et réguler les connexions synaptiques, lesquelles sont responsables des fonctions cognitives. » (Un synapse — une connexion synaptique — est proprement une émergence d’info et de conscience, sous la forme d’un signal électrochimique de nature électromagnétique.) Les tubulines, quant à elles, véhiculent un certain nombre de bits quantiques (les étincelles synaptiques). « Les tubulines peuvent rester un certain laps de temps en état de superposition quantique, tandis que simultanément les microtubules présents dans le cerveau se trouvent entre eux en parfait état d’intrication. » C’est l’effondrement de la fonction d’onde régissant cet état de superposition qui entraîne le jaillissement d’un instant de conscience, quarante fois par seconde en moyenne. Entre chacun de ces flashes de conscience, tous les quarantièmes de seconde, nous sommes dans un état de pré-conscience, en amont de la conscience effective, en interaction directe avec le « champ du point zéro ». C’est là que notre « moi supérieur », partie supraconsciente de l’âme, si l’on veut (le « supramental » chez Aurobindo), puise les informations à partir desquelles notre conscience construit notre réalité. Et deuxièmement, l’effondrement de la fonction d’onde qui régit cette superposition (effondrement qui se produit en moyenne tous les quarantièmes de seconde). Cette phase constitue proprement l’activité consciente : une fois que la fonction d’ondes s’est effondrée, une certaine quantité d’informations se fait jour dans la conscience, et c’est ainsi que la réalité — une certaine réalité (parmi une indéfinité d’autres réalités possibles) — émerge à travers notre conscience et devient ce qu’elle est pour nous. Mais alors, si la conscience elle-même n’est que le produit de l’effondrement de la fonction d’onde, qu’est-ce qui cause cet effondrement ? Ce qui revient à se demander ce qui crée la conscience… Et là, ça devient ubuesque, puisqu’on a dit que la conscience était source et cause de toute réalité.

 

 

Peut-on augmenter notre flux de conscience ?

 

En fait, la conscience n’est pas la maîtresse de notre monde. Ou du moins, elle n’est pas entièrement souveraine. Elle-même obéit à une loi transcendante — et une loi classiquement physique, pour le coup : la gravité 4. En gros, à partir du moment où, au sein de la superposition quantique dans les neurones, la masse d’informations atteint un seuil critique (au-delà des capacités des neurones), la fonction d’onde s’effondre d’elle-même, sous l’effet de sa propre gravité. « Lors de l’augmentation de la taille d’un système donné de superpositions quantiques comme dans le cas de l’immense océan de microtubules dans le cerveau, on finit par atteindre un point — une valeur de seuil — où un ’’facteur objectif’’ représenté par la gravité quantique de Planck déterminera l’effondrement de toute cette superposition. » Cette réaction spontanée — l’intervention de ce « facteur objectif » — a pour but de préserver la cohérence du cerveau lui-même, dans la mesure où une superposition d’états trop nombreux finirait par déchirer la conscience entre plusieurs espaces-temps — ce qui ferait basculer la conscience dans la folie. (Sursaturation et pétage de plomb.) Cela évite ainsi à notre Univers « de se scinder en de multiples univers différents afin qu’il reste compact, comme une seule entité ». L’entité de chaque conscience individuelle. Selon le physicien et mathématicien Roger Penrose, il s’agirait là, résume Teodorani, de « la seule façon de permettre l’existence de la conscience, au moyen justement d’un événement objectif de gravité quantique qui se déclenche dès qu’est dépassée une valeur de seuil de la masse des microtubules à l’étape de la superposition quantique ». C’est aussi la seule façon — pour l’instant — d’expliquer scientifiquement l’accélération du temps. Stuart Hameroff, l’anesthésiologiste qui a modélisé le fonctionnement de la conscience à partir de l’intrication quantique dans les microtubules, a constaté que dans certains états de conscience non ordinaires, la fonction d’onde régissant la superposition d’états dans les neurones pouvait s’effondrer non plus quarante fois par seconde, mais quatre-vingt fois, voire cent fois par seconde. Autrement dit, dans certains cas (celui de moines chevronnés en méditation, ou d’athlètes en performance), nous pouvons avoir jusqu’à cent flashes de conscience par seconde. « Quand cela se produit, note Hameroff, le monde extérieur peut nous sembler tourner au ralenti, en comparaison. » Et de fait, ce n’est pas le monde extérieur qui ralentit, puisque les individus qui le composent restent presque tous à une moyenne de quarante moments conscients par seconde. En revanche, celui qui a soixante ou quatre-vingt moments conscients par seconde reçoit tellement plus d’informations que son propre temps vécu, lui, accélère. Avec un tel rythme de flashes conscients, on a une perception beaucoup plus élevée, fine et rapide du monde extérieur : celui-ci semble donc ralentir à mesure qu’on le perçoit plus vivement et plus intensément. Autrement dit, plus notre conscience est rapide, plus le monde extérieur semble lent, plus notre expérience du temps s’accélère.

 

Cela nous permet de compléter notre première tentative d’appréhender l’accélération du temps. D’un côté, l’ensemble de la population mondiale reçoit une quantité d’informations sans cesse croissante, ce qui accélère son rythme de temps vécu ; d’un autre côté, nous savons maintenant que ce rythme, en fait, dépend surtout du nombre de flashes de conscience que nous avons chaque seconde. Mais dans les deux cas, la sensation d’accélération du temps dépend de l’information : que ce soit à quarante ou à cent moments conscients par seconde, c’est la quantité d’information que nous intégrons à chaque instant qui module notre expérience de temps vécu.

 

 

Le champ de Planck : premier degré de l’Existence universelle ?

 

C’est là que nous retrouvons le champ du point zéro. Car la « gravité quantique » qui provoque nos flashes de conscience quarante fois par seconde ne peut se produire qu’à ce niveau : le niveau défini par le temps de Planck (soit 10-43 seconde) et la longueur de Planck (10-33 centimètre). C’est ainsi que l’on délimite le champ du point zéro (ou champ de Planck), là où nos bits quantiques se superposent dans les microtubules de nos neurones avant de se manifester en bits classiques. Que désignent ces valeurs infinitésimales ? L’état de l’Univers directement après le Big Bang — c’est du moins la limite conceptuelle atteinte par les physiciens. Impossible d’aller au-delà. À ce « moment »-là, si l’on peut dire, le temps de Planck était la durée de vie de l’Univers et la longueur de Planck, son étendue. Or ce « champ de Planck » n’est ni un espace, ni un temps. Son étendue et sa durée ne sont pas finies : on ignore où se situe leur limite. Or ce qui définit le temps et l’espace, c’est précisément leur caractère fini et limité (dont découle leur mesurabilité). Cette durée sans temps, disait Platon, c’est « cette durée qui reste dans l’unité », alors que « la durée avançant selon le Nombre » est « cela même que nous appelons le temps » (Timée). Le caractère infinitésimal du champ de Planck correspond, en sens inverse, à la grandeur incommensurable de l’Univers actuel, qui est, comme on le sait, en expansion croissante et tout aussi indéfinie. L’étendue et la durée de l’Univers, qu’on les prenne au niveau du champ de Planck originel ou au niveau de leur expansion actuelle, ne sont pas mesurables, pas nombrables et donc indéfinissables en termes d’espace et de temps : que ce soit dans l’ordre de la petitesse ou de la grandeur, en termes d’étendue et de durée, l’Univers est indéfini et incommensurable. Certains considèrent d’ailleurs volontiers que ce champ du point zéro, qui échappe à toute tentative d’appréhension rationnelle, constitue le divin en tant que tel. Massimo Teodorani, à la suite de Roger Penrose, y voit le monde des Idées platoniciennes, soit les « principes métaphysiques » chers à Guénon. Et d’ailleurs, si l’on considère le champ de Planck d’après les données rapportées par Guénon, on voit qu’il est similaire au « domaine informel » ou « spirituel » de la manifestation universelle. Ce monde informel (spirituel) est l’origine et le producteur du monde formel — lequel contient le monde subtil (psychique ou animique) et le monde corporel (physique), qui sont les deux autres degrés fondamentaux de l’Existence universelle. Dans ce domaine informel, toutes les formes (psychiques et corporelles) sont à l’état potentiel et indifférencié, non encore existantes, dans une homogénéité parfaite. Ce qui rappelle fortement les propriétés du champ de Planck. C’est là que se trouve l’information à l’état pur, dans une superposition absolue d’états quantiques virtuels (qui sont en multitude indéfinie) régie par une seule et unique fonction d’onde (que Teodorani appelle « divine »), recouvrant tous les mondes possibles et imaginables — ou pas encore imaginés —, toutes les formes de vie psychiques ou corporelles dans l’Univers… C’est vis-à-vis de cette source ultime et absolue que notre conscience sert de transducteur, d’interface, puisant une masse invraisemblable d’informations, qui bouillonnent dans nos neurones en attendant le point de rupture, la « valeur de seuil » au-delà de laquelle nos neurones seraient court-circuités par l’excès de données : survient alors un effondrement de fonction d’onde auto-provoqué, induit par l’afflux même d’informations (les « q-bits »bits quantiques), qui permet au cerveau d’éviter de disjoncter, et qui du même coup produit un moment de conscience (à base, cette fois, de bits classiques). C’est cet état de conscience qui, ensuite, « enclenche automatiquement tous ces processus électrochimiques de nature classique qui actionnent nos neurones » (Teodorani), lesquels projettent finalement dans notre cerveau l’hologramme à trois dimensions que nous appelons « réalité ».

 

 

Après la fin du temps, l’ « éternel présent » et « l’intemporalité »

 

Point de rupture, seuil critique… Cela invite maintenant à se demander si cet instant créateur de conscience — l’effondrement de la fonction d’onde dans nos neurones, tous les quarantièmes de seconde — ne pourrait pas être transposé à l’échelle macrocosmique. On a vu aussi que selon René Guénon, l’accélération croissante à la fin de cycle devait nécessairement aboutir à un « point d’arrêt », une valeur limite. Au-delà de cette limite, l’humanité repart pour un nouveau cycle — ou plutôt, une nouvelle humanité commence alors son cycle (ce qui n’est pas la même chose). Cela nous ramène à la question de savoir ce qu’il peut se passer après le point d’arrêt de l’accélération du temps. Certains pensent qu’il s’agira tout simplement, non pas de la fin des temps (qui est une absurdité logique), mais de la fin du temps. En l’occurrence, la fin du temps Chronos, mécanique, artificiel, rigide et figé. Ne resterait que le temps Kairos, organique, naturel, souple et mouvant. Nous sortirions du temps physique, spatial, pour entrer de plain-pied dans le temps biologique, conscient et vécu. Ce serait l’avènement de l’« éternel présent » : « le pouvoir du moment présent », bien décrit par Eckhart Tolle, dans le droit fil des enseignements de Krishnamurti. Le passé et l’avenir cesseraient simplement d’exister à notre conscience. En nous libérant du tiraillement incessant, stérile et aliénant entre la mémoire — qui, seule, fait vivre le passé — et la projection — qui, seule, fait exister le futur —, nous serions pleinement conscients du présent, immergés dans l’instant présent. Dans cet état, on n’a plus besoin ni envie de faire revivre le passé en se remémorant des souvenirs, ni de faire surgir le futur en projetant des situations hypothétiques. Délivré de la tension épuisante entre l’avant et l’après, il ne resterait que le pendant — l’instant présent, là où tout se passe. On est là, entièrement disponible pour le présent, sans réaction, toujours prêt à l’action. On n’est plus dans la réaction par rapport à une mémoire ou une anticipation, mais dans l’action, en phase, en sympathie, en parfaite syntonie (ces trois termes au fond sont synonymes) avec le présent. C’est le même état que Krishnamurti a décrit tout au long de sa vie, en parlant de « cette dimension en laquelle il n’y a pas de conflits et pas de temps » ; c’est aussi le sens de son célèbre et superbe dialogue avec David Bohm, justement intitulé Le Temps aboli (publié par Le Rocher en 1989). Cela rejoint, enfin, ce que Gregg Braden appelait, dès 1994, « l’éveil au point zéro ».

 

 

Un flash de conscience galactique : Sagittarius A* en action

 

Il est en effet possible d’interpréter la période de transition actuelle — celle de la fin de la précession des équinoxes (un cycle de 25 920 ans, soit deux « Grandes Années platoniciennes » de 12 960 ans) — dans les mêmes termes que ceux qui permettent de décrire le fonctionnement de la conscience. (À noter que sur la base d’une moyenne de 18 respirations par minute, un être humain respire… 25 920 fois par jour.) Dans cette période, qui correspond à la fois à la fin d’un Âge et au début d’un autre, la Terre et l’humanité sont alignées sur un phénomène galactique dont nous connaissons mal les tenants et les aboutissants. Pour essayer d’y voir plus clair, il est nécessaire d’admettre « l’hypothèse Gaïa » (James Lovelock) que notre galaxie, la Voie lactée, est elle aussi un être vivant, qui a donc une conscience (de même que la Terre et le Soleil, toute planète et toute étoile). Si nous, les humains, sommes connectés au « point zéro » par notre conscience (à travers nos atomes et nos cellules), on peut dès lors se demander par quoi la Voie lactée se connecte au point zéro pour en extraire les ressources de sa conscience. Or, si l’on suit Calleman — en parfaite cohérence avec les données de la Tradition —, c’est par le centre de l’être que la conscience reçoit ses informations quantiques : par le noyau dans l’atome, le centriole dans la cellule, le chakra du cœur chez les humains, le cristal central dans la Terre, le Soleil dans le système solaire et… le trou noir central dans la Voie lactée. On sait en effet que le centre de notre galaxie est occupé par Sagittarius A*, un trou noir supermassif (identifié en 2002). Et qu’est-ce qu’un trou noir ? Ni plus ni moins qu’un formidable phénomène métabolique d’acquisition et de restitution d’informations. Un colossal mouvement d’aspir et d’expir cosmique, de condensation et de dissipation, de contraction et de dilatation (systole et diastole, etc.) à l’échelle galactique. Un métabolisme qui s’apparente donc à un phénomène de conscience, comme on l’a vu dans les microtubules de nos neurones (intégration d’informations, superposition d’états, effondrement de la fonction d’onde et manifestation d’informations à travers un jaillissement de conscience), mais à la dimension d’un corps deux ou trois millions de fois plus massif que le Soleil (Sagittarius A* pèserait jusqu’à 2 x 1036 kg). Ainsi, on sait qu’une étoile supermassive s’effondre lorsqu’elle atteint un seuil critique : la masse d’informations (sous forme de gaz et d’énergie) qu’elle contient se cristallise alors en un trou noir, qui va ensuite expulser cette formidable quantité d’informations, sous la forme d’un phénoménal jet de gaz et d’énergie (qu’on appelle « fontaine blanche », pour ne pas dire éjaculation cosmique), lequel, enfin, va entraîner la création de corps physiques (des étoiles et des systèmes stellaires entiers) loin dans l’Univers. Comme le dit l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet (Les Trous noirs, Seuil, Paris 2002), la formation d’un trou noir au centre de la galaxie « marque sans doute le terme inévitable de l’effondrement gravitationnel de tous les astres massifs ». Or c’est de cette manière qu’est produite la conscience : par l’effondrement gravitationnel d’un état de superposition quantique dans les neurones. Une étoile massive serait donc l’aboutissement d’un très long processus d’accumulation d’information (sous forme de gaz et d’énergie). Ensuite, une fois que la masse critique serait atteinte — comme dans les microtubules des neurones —, la fonction d’onde assurant sa cohérence s’effondrerait : l’étoile se solidifierait alors en un trou noir. Celui-ci, note J.-P. Luminet, « fournit un environnement idéal, pour convertir de l’énergie potentielle gravitationnelle en rayonnement, par le biais de l’accrétion de matière » : c’est l’information véhiculée par ce rayonnement qui donne naissance à d’autres mondes et à d’autres formes de vie dans l’Univers. Ainsi le trou noir, en s’accroissant par l’absorption de la matière environnante, finit par libérer un formidable flot d’informations sous la forme de ces fabuleux jets cosmiques de gaz et d’énergie qui vont ensemencer, à des millions d’années-lumière, de nouvelles formes de vie (comme des systèmes stellaires entiers, avec leurs planètes et leurs habitants), de la même manière que l’effondrement de la fonction d’onde neuronale entraîne le jaillissement de la réalité physique à l’échelle individuelle. « Ce que vous concevez donc comme un incommensurable gouffre aspirateur d’énergie ou un obscur mangeur de galaxies est, en réalité, un inimaginable portail de Lumière amoureuse 6 »…  Sagittarius A* s’avère le prodigue dispensateur de la force fécondatrice de vie dans notre galaxie… Une force de conscience productrice d’existence. Le trou noir fonctionne donc de la même manière que les neurones. Ceux-ci, une fois que l’information quantique a été libérée par l’effondrement de la fonction d’onde régissant la superposition d’états dans les microtubules, produisent la réalité dans laquelle nous évoluons tous les jours. Les trous noirs font de même, cristallisant et restituant l’information des étoiles pour créer de nouvelles formes de réalité dans tout l’Univers. Et comme l’échelle spatiotemporelle est tout autre que la nôtre, on peut supposer que le flash de conscience produit par Sagittarius A* durera nécessairement plus longtemps qu’un quarantième de seconde… Cela dit, on ignore quand le trou noir a commencé à émettre son flux informationnel (et quand il prendra fin). L’important ici est la Terre et nous, les humains, nous trouvions dans ce flux, dans la fontaine blanche émanée de Sagittarius. (Aspect du déluge de feu céleste correspondant à notre Apocalypse.) 

 

De fait, et toujours au point de vue astronomique, à quoi correspondent les années de transition autour de 2012 ? À l’alignement de la Terre avec le trou noir central de la Voie lactée. Certains channels en ont fait état (notamment Barbara Marciniak). Depuis quelques années, la Terre se trouve dans le « flux de conscience » créé par le rayonnement du trou noir central : un flot d’informations inédites, projetées dans une immense expiration par ce cœur cosmique qu’est le trou noir de notre galaxie. Informations issues des milliers d’étoiles englouties par Sagittarius, ou issues directement du point zéro — ou les deux à la fois ? Et que nous disent ces informations ? Pour le savoir, il faut les recevoir, et pour les recevoir il faut leur faire de la place au sein de notre propre champ de conscience. Leur ouvrir une disponibilité au sein de notre mental et notre psyché ! À tout le moins peut-on supposer que ces informations sont porteuses de potentialités nouvelles pour l’humanité. Nous sommes entre la fin d’un Âge et le début d’un autre, et ce changement de cycle concerne la Voie lactée toute entière (puisque nous achevons en ce moment la précession des équinoxes, qui voit la Terre parcourir l’ensemble du Zodiaque) ; or cette période est caractérisée, entre autres, par le flash de conscience cosmique produit par le trou noir central. Si la Terre se trouve exactement placée dans le champ de ce flash d’intelligence divine alors que nous achevons un cycle de 25 920 ans, ce n’est pas pour rien : l’Univers met ainsi à notre disposition les informations inédites nécessaires à l’entrée de l’humanité dans un nouvel Âge (ou l’avènement d’un nouveau stade d’humanité). L’humanité a l’occasion d’accomplir le plus grand bond évolutionnaire de l’histoire de l’Univers, et d’élever plus haut que jamais son niveau de conscience. Ce serait donc là l’un des principaux aspects, au niveau astrophysique, du saut de conscience qualitatif que de nombreux auteurs attribuent à la période de transition actuelle. Le trou noir, cœur de la Voie lactée, génère un moment exceptionnel de conscience galactique, destiné à renouveler — purifier et élever — notre propre conscience individuelle (et donc notre conscience collective) pour changer de niveau de conscience et ainsi changer de cycle. (Saut évolutionnaire.) Les perspectives ouvertes par ce phénomène grandiose, du fin fond de nos atomes au cœur de la galaxie, sont faramineuses : c’est rien moins qu’une nouvelle humanité qui est sur le point d’émerger. Une humanité qui aura dépassé les limites propres au mental pour développer une conscience non plus dualiste et séparative, mais holiste et intégrative. Plus qu’une nouvelle ère, c’est donc bien d’une nouvelle humanité qu’il s’agit. Une humanité intégrale, où le Yin et le Yang seraient équilibrés, où nos deux hémisphères cérébraux seraient en phase et où chaque individu aurait pleinement conscience d’être uni à l’ensemble de l’Univers (« l’interdépendance universelle » chez Abellio). C’est la réalisation de cet état, chez un maximum d’individus — l’effet de seuil dans l’expérience du centième singe, à laquelle réfère aussi la mention des 144 000 « élus » de l’Apocalypse —, qui est l’enjeu de la transition actuelle. 

 

 

Nettoyer l’ancien pour accueillir le nouveau

 

Pour vivre cet événement, il faut d’abord préparer le terrain… Pour être bien reçu et intégré, le flot d’informations en provenance du vide quantique — via le centre de l’être aux sept degrés identifiés par Calleman : le trou noir, le Soleil, la Terre, nos chakras (les « sept Sceaux » de l’Apocalypse de Jean), nos cellules et nos atomes — nécessite en effet notre pleine et entière disponibilité. Un état réceptif qui est l’état méditatif par excellence. Comme l’expliquait Jacqueline Bousquet dans l’une de ses conférences, « l’état de disponibilité est un état religieux au sens propre » : c’est « l’esprit religieux » au sens étymologique de la reliance avec ce qui nous dépasse, c’est-à-dire un mental ayant assagi et assujeti l’ego et désormais vierge de tout conflit, état longuement décrit par un Krishnamurti et enseigné par toutes les traditions. Il s’agit, disait encore Jacqueline Bousquet, d’« être disponible pour s’ouvrir à ces nouvelles informations, qui ne demandent qu’à être reçues pour nous sauver » (« Dieu te veut », nous hurle la Tradition) — nous sauver en termes évolutionnaires, et non en termes sotériologiques (le salut moral au sens religieux ordinaire) : permettre l’élévation de notre niveau de conscience. Cela requiert l’épuration préalable de notre âme et notre esprit, c’est-à-dire qu’il faut d’abord les libérer des croyances et des émotions qui les alourdissent et les limitent. Autrement dit, faire le vide — c’est-à-dire méditer : cultiver l’attention, l’intensité de présence, l’observation de soi, etc. 

Cela tombe bien : le contexte s’y prête idéalement — ce qui fait partie de l’Apocalypse au sens le plus physique possible. 

Depuis cinq ou six décennies, en effet, la magnétosphère terrestre se réduit. (Selon Gregg Braden, dans les années 1990, « Les mesures actuelles du champ magnétique sont environ 38 % plus faibles que celles effectuées sur des échantillons d’il y a 1 500 ans, les mesures actuelles étant sous la barre des 8 x 1025 gauss. ») Les mesures des cent trente dernières années montrent que le champ a baissé de 8,5 x 1025 à 8 x 1025. Ce phénomène n’est pas inconnu, bien qu’il ne soit pas fréquent : il précède l’inversion des polarités magnétiques de la Terre — inversion qui, selon Braden, s’est déjà produite quatorze fois lors des 4,4 derniers millions d’années — entamée depuis plusieurs années déjà. Le champ magnétique terrestre est en quelque sorte un champ morphique que l’on retrouve — là encore, suivant une logique fractale — chez toutes les formes de vie, jusques et y compris nos cellules. Le champ magnétique de toutes nos cellules est donc lui aussi en train de descendre à un très bas niveau. Or ce champ magnétique cellulaire, c’est le champ qui contient notre mémoire individuelle ; le champ magnétique de chaque cellule est un hologramme de notre mémoire entière, et l’on sait depuis les travaux de Fritz-Albert Popp que la conscience humaine, loin d’être localisée dans le cerveau, est distribuée de manière fractale dans toutes les cellules du corps. C’est là que sont cristallisées nos mémoires (en l’occurrence les mémoires traumatiques, comme nouées et enkystées), et à partir du moment où le champ magnétique (terrestre et cellulaire) baisse, elles sont relâchées. Elles émergent alors à la surface de la conscience. (Les ombres remontent à la surface, les cadavres sortent du placard : une manière d’œuvre au Noir alchimique.) Là, à condition d’être accueillies et acceptées, elles sont libérées, retournant dans le champ du point zéro, garnir les annales akashiques. La chute du magnétisme représente donc l’occasion de se défaire des charges karmiques, ces conditionnements (émotionnels et mentaux) qui pèsent dans notre subconscient et obstruent l’accès de notre conscience au centre originel de l’être. D’où l’idée à la fois new age et traditionnelle, parfaitement valable et opérative, de nettoyage karmique et de « libération ». De là aussi, encore une fois, l’idée d’élévation de conscience, voire d’Éveil. Calleman, pour sa part, attribuait ce phénomène de nettoyage cellulaire et de lâcher-prise émotionnel à l’accélération du temps Kronos et l’intensification du temps Kairos dans le neuvième et dernier Inframonde déterminé par le Tzolkin (du 8 mars au 28 octobre 2011). « Du fait de la fréquence élevée de la 9e onde qui semble conçue pour que nous lâchions prise, il sera très difficile pour [ceux qui refusent de lâcher prise] de se raccrocher à quelque chose. Néanmoins, il semble que ce qui est maintenant en mouvement est un processus conduisant à la naissance d’un nouveau monde dans l’amour et l’unité où aucune âme n’en contrôlera une autre. » (Et comme on le sait, ce « nouveau monde d’amour et d’unité » n’apparaîtra pas du jour au lendemain, ni surtout sans choc ni violence, remise en cause et descente aux Enfers, mort à soi-même et renaissance dans le feu et le sang — ni pas plus après le 21 décembre 2012 qu’après n’importe quelle autre date : c’est à chacun-e de contribuer à son émergence, par le travail sur soi et la recherche intérieure, la rectification et l’alignement, l’exigence et la fidélité à soi-même, la mise en cohérence entre pensées, paroles et actes, etc. Si tu veux changer le monde, disait Gandhi, change-toi toi-même.) Le schéma énergétique reste le même : plus le magnétisme baisse, plus la conscience peut s’épurer et s’alléger (se libérer des mémoires refoulées), plus nous sommes disponibles pour l’instant présent, avec les expériences inconnues et les informations inédites qui s’offrent à nous. Brûler l’ancien et renaître de ses cendres. Horus et le Christ : le Phénix. « Des sceaux magnétiques très denses, expliquait Braden, obstruent les patterns émotifs et mentaux d’une génération à l’autre dans le domaine morphogénétique. Lorsque les champs magnétiques diminuent, ces sceaux semblent relâcher leur emprise, permettant un accès plus facile à des états supérieurs » de conscience. « L’absence de champ magnétique fournit alors l’occasion d’un accès direct à l’individu là où il est pure information. C’est dans cet environnement, sans le filet de sûreté du magnétisme, que la pensée devient très puissante » : elle est plus rapidement créatrice et se concrétise plus rapidement dans les faits. « Un environnement aussi pur est un cadeau » (cadeau apocalyptique, eschatologique et divin) : il est ajusté au mieux pour nous aider à dépasser nos conditionnements, transmuter notre ombre en lumière. 

 

Une symphonie cosmique et alchimique, orchestrée par le trou noir central de la Voie lactée, retransmise — en direct ! — par les quanta qui brûlent et se bousculent dans le tréfonds de nos neurones et dans les atomes de nos 50 000 milliards de cellules. C’est comme si l’accès de notre conscience à la Source était obstrué par des nœuds magnétiques, constitués de mémoires traumatiques cristallisées ; dès lors que ces nœuds sont dénoués, les mémoires s’évacuent, et l’accès de notre conscience au vide quantique se dégage. À partir de là, enfin, les potentialités sans fin du champ de Planck peuvent être sollicitées et actualisées, en toute connaissance de cause — en notre âme et conscience —, avec une simplicité et une rapidité sans commune mesure avec ce que nous avons pu connaître jusqu’à aujourd’hui. (C’est la « surabondance de la Grâce » dont parlait Abellio à propos de notre actuel « cataclysme diluvien », le déluge de feu solaire que nous connaissons actuellement.) En tout état de cause, cette grandiose perspective a-t-elle été inscrite dans notre littérature prophétique ; et quand on voit comment un Calleman a pu corroborer les données prophétiques et cosmogoniques des Mayas du point de vue de la biologie et de la physique modernes, on se dit que nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Vivement la fin du temps ? C’est comme le fromage : c’est où l’on veut, quand on veut — ici et maintenant. 

 

1 Dans Entanglement. L’intrication quantique, des particules à la conscience, Macro Éditions, Milan 2011.

2 Étienne Klein, Petit voyage dans le monde des quanta, Flammarion, Paris 2004.

3 Cosmologie maya et théorie quantique, Alphée, Paris 2010.

4 Encore que les physiciens s’obstinent à faire semblant de n’y rien comprendre, faisant d’elle l’une des pires énigmes bidon de la science moderne. La gravité résulte en fait d’un effet de cavitation produit par le caractère giratoire des atomes et des quanta : en gros, ça tourne, et en tournant, ça produit une respiration, soit un phénomène dual d’attraction (aspiration)-répulsion (expiration), la gravité n’étant dès lors que l’aspect d’attraction de ce phénomène. (Double spirale, double vortex : en mode centripète, ça attire vers le centre et l’intérieur, et en mode centrifuge, ça éloigne vers l’extérieur et la périphérie.) Un enfant de 4 ans s’en rendrait compte par lui-même, sans avoir besoin des tombereaux d’études invraisemblablement compliquées que s’infligent les physiciens, comme pour mieux se voiler la face et noyer le poisson. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? 

5 Les Trous noirs, Éditions du Seuil, Paris 2002.

6 Daniel Meurois-Givaudan, Comment dieu devint Dieu, Le Passe-Monde, Québec 2008.

 

Auteur : A. R.

Alexandre Rougé, né à Dijon en 1978, écrivain et journaliste. 

 

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L’accélération du temps et la fin du c
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