Je n'avais jamais osé me dévoiler ailleurs - par Anna

 
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Lorsque Anna commençait à nous envoyer ses témoignages et que nous découvrions la pertinence de ces expériences, nous lui avons proposé de lui dédier une page sur notre site. Nous l'avons même invité, lorsqu'un groupe de partage se formerait quelque part dans sa région, à nous rencontrer.

Voici des extraits de la correspondance qui s'en suivit, que nous avons compilés sous forme de résumé dont nous avons extrait les passages les plus significatifs en retirant les détails trop personnels qui n'avaient pas lieu d'être rendus publics.

Elle commence par y relater ses expériences, qu'elle n'avait jamais osé dévoiler ailleurs.

Bonne lecture. L'équipe LEO


Bonjour l’équipe Léo,

 

Vous pouvez publier tout ce qui vous semble juste, quant à me dédier une page, attendez de voir si ce que je déduis de mes expériences est juste, je suis tellement imprégnée de tout ce que j’ai appris, et « mangée »  dans cette grande famille et ses problèmes de la matrice qu’il est parfois difficile pour moi de faire la part des choses en ce qui me concerne. Dans mes actes et automatismes, il y a encore beaucoup de travail, je me bats sans cesse pour trouver la vérité dans ce que je vis, et ceux qui m'entourent, et je ne suis jamais sûre d’y être. 

 

Je sens que tout ce que vous dites est juste, et je tends de tout ce que je suis en moi vers cette façon d’être et de vivre. Mon problème est le langage dans tous les sens, je parle très peu, c’est toujours un combat pour le faire, même si maintenant je n’ai plus peur de parler en vérité à mon compagnon ainsi qu'à mes enfants, mais pour le faire à l’extérieur et devant une vidéo, c’est toujours une montagne infranchissable pour moi avant de la franchir poussée au dernier moment… Alors j’ai du mal à dire oui. Pourtant, je sais que si ça doit se faire, cela se fera, je laisse toutes les portes ouvertes au soi supérieur, c’est Lui qui guide, il le fait toujours très bien, en prenant exactement le temps qu’il faut. Donc Il se servira de la Providence comme Il le fait toujours pour continuer à me guider là où je dois aller et Il me donnera la force dont j’aurai besoin au moment opportun.

Donc faites comme vous pensez, si je dois être là, j’y serai…

A bientôt, je vous enverrai d’autres partages.

 

Anna


Bonjour le réseau Léo,

 

Et bien voilà ! Je finis de visionner les vidéos avec Gégé, et je comprends que ma réponse a dû provoquer des assauts à Sand, parce que cette réponse, c’est mon prédateur qui me l’a dictée.

 

Et oui, cette peur qui m’a prise aussitôt, cette réticence immédiate, ce désir de fuite à la moindre sollicitation, ces mémoires qui sont remontées aussitôt de l’expérience de communauté parce qu’avec mon compagnon on s’était dit « plus jamais on n’intégrera un groupe quel qu’il soit ».

Ces reproches que je me suis aussitôt adressés « mais pourquoi as-tu écrit ? dans quoi vas-tu encore t’embarquer, continue à chercher seule, rien qu’avec tes lectures et ton compagnon, tu le faisais très bien depuis cinq ans, tu le sais que tu n’assumeras pas les contacts, encore moins de les poursuivre, tu disparaîtras quand ce sera trop difficile et tout recommencera, tu vas bégayer, tu le sais, tu trébucheras dans tes mots, d’ailleurs tu ne les as pas les mots, tu ne les retiens pas, ou alors tu vas parler à tort et à travers et ensuite tu regretteras, comme tu regrettes déjà ce que tu as écrit parce que la vérité a des conséquences, elle abat celui qui la prononce. Et si quelqu’un te reconnaît, des lecteurs ou autres, ils te jugeront encore, ils te montreront du doigt, ils te condamneront une fois encore à l’enfer. »

 

Et tout va recommencer, on dira encore que tu es folle, une folle mystique comme on te l’a déjà reproché, ou que tu sers Satan, et on dira « maintenant on comprend pourquoi elle a démissionné, elle avait bien quelque chose qui n’allait pas, il faut prévenir tout le monde pour que plus personne ne lise ses ouvrages, ils sont pervers, il faut les interdire, ne plus les éditer…»

 

En acceptant de faire ce point par écrit, je vois à quelle intensité tout est encore présent, et les émotions que cela engendre en moi (peur, repli sur soi, fuite, lâcheté), alors que je croyais l’avoir dépassé, à quel point je suis encore attachée à cette communauté et la famille catholique toute entière par le regard et le jugement qu'ils ont sur moi, et par ces conférences que j’accepte encore de donner à travers la France, alors que je suis mal à l’aise.

 

Il m’arrive de plus en plus d’être complètement muette devant le public, de vivre une torture jusqu’à ce que j’accepte de laisser mourir tout mon extérieur, que j’accepte de parler en vérité, en revenant à mon livre initial qui était au fond de mon cœur, pas celui qu’on a finalement édité, mais celui que certains savent lire entre les lignes.

Parler avec mon vrai moi, celle qui cherche à comprendre, celle qui observe et expérimente, celle qui n’a pas la vérité mais qui la cherche partout, dans chaque geste, chaque réaction, chaque événement, celle qui est directement reliée à Dieu ou à sa conscience supérieure ou future parce qu’elle le veut et qu’elle sait qu’il la guide envers et contre tout (ou plutôt avec tout). Ça personne ne peut me le prendre, c’est la seule chose qui m’appartient vraiment et me permet de continuer à vivre. Qu'il passe par son âme pour éclairer quand elle veut bien être transparente, parce que c’est la transparence qui enseigne.

 

Mais qu’elle sait bien aussi que tout ce qu’elle appelle ses faiblesses (ses prédateurs) ne disparaissent pas pour autant, cependant la conscience supérieure se sert de tout pour éclairer, et d’un mal, elle en fait un bien (ou d’une faiblesse, elle en fait un atout) qui servira et le SDS et le SDA par la compréhension de ces expériences.

 

Voilà finalement pourquoi elle continue d’écrire, voilà pourquoi, celle qui continue à dire « oui » aux conférences, touche finalement son public, pas tous, seulement ceux qui cherchent, comme elle, en vérité. Et il y en a beaucoup dans ce milieu, comme dans les autres (religieux, politique, médical, social, enseignement, etc…), qui sont trompés mais qui cherchent…

 

Alors pendant un tout petit moment, au milieu de ses tourments extérieurs, elle sait pourquoi elle dit « oui » aux événements qui la guident, même si ça peut être son prédateur. Elle croit que le « oui » à la conscience supérieure dépasse tout le reste, et transforme tout le reste.

(L’un de mes romans suscite beaucoup de scepticisme à la fin, parce que celui que je nomme « le mal » évolue vers le bien, quand il se sent accepté tel qu’il est, et accepter le mal en le démasquant. Mais sans pour autant le combattre, parce que s’il est présent c’est qu’il y a une « bonne » raison, penser ainsi, dans le milieu catholique, est dangereusement acrobatique).

 

Je croyais avoir enfin dépassé mes difficultés, parce que pour la première fois, j’avançais découverte. (En vous disant d’emblée que j’étais autiste).

J’ai passé ma vie à cacher qui j’étais vraiment, parce que ce que j’étais ne correspond pas à la norme. D’ailleurs ma mère a tout fait pour que ça ne se voit pas. (Et je ne lui en veux pas, car si je suis là aujourd’hui, comme je le suis, si je peux m’exprimer comme je le fais, c’est grâce à elle et à tout ce que j’ai vécu dans ce grenier dans lequel elle m’enfermait.

 

Tout a un sens, il suffit de le chercher pour le découvrir. Mais j’ai passé aussi ma vie à nier finalement qui j’étais. Et là, en vous écrivant, pour la première fois, je m’étais révélée d’emblée. Très peu de personnes le savent (seul mon entourage très proche, ils se comptent sur les doigts de mes mains : mes parents, mon compagnon, certains de mes enfants, et un auteur avec qui je travaille… et vous !). Aucun de mes lecteurs, ni ma maison d’édition est au courant.

 

J'ai passé ma vie entière à entrer dans un moule pour qu’on ne le découvre pas, vous n’imaginez pas les souffrances que cela me coûte au quotidien, mais la réaction après l’avoir révélé pour la première fois (comme par hasard) ne s’est pas fait attendre, par retour de courrier, bing, vous me proposez aussitôt le pire pour moi, la rencontre, le dévoilement ! Et là, panique générale, marche arrière toute, qui a dû sauter à la figure de Sand.

 

Je le sais parce que moi non plus, on ne me cache rien, je sens tout, et malgré le fait que Gégé ne se montre pas dans la vidéo, malgré le fait que je ne le connaisse pas dans la vie, que je n’en avais jamais entendu parler avant, j’ai tout de suite trouvé, en fonction de ce qu’il disait, qui il était !

L'intuition guide là où il faut, en deux clics sur internet, j’avais trouvé ! Quand on entre dans la vérité, tout est toujours révélé, je le sais, la vérité ne peut pas se cacher, elle crie, et si les hommes la cachent, les pierres la crieront, (c’est pour ça que moi aussi je ne peux que me recharger dans la nature, mon élément, le seul où je peux être moi, où je me sens totalement en phase, la nature est vitale pour moi, et je ne peux vivre qu’au milieu d’elle).

 

La question est donc de savoir si je suis prête à vivre en tant que moi, alors que mes prédateurs sont forts pour me museler depuis mon enfance. Ce qu’ils ne savent pas encore en réalité, c’est qu’ils sont appelés eux aussi à s’élever, et que si j’arrive à dépasser mes peurs, ils dépasseront les leurs…

 

Cette lettre, pour regarder la vérité en face et alléger Sand du poids de mon prédateur… Et de celui de mon compagnon qui, lorsque j’ai osé évoquer la possibilité d’une rencontre a littéralement sauté en l’air. « Moi, jamais ! Toi, fais tout ce que tu veux, mais sans moi ! Les groupes qui se rassemblent pour réfléchir, j’ai déjà donné, tu as vu où ça mène, je ne suis pas prêt à recommencer »

à suivre donc… ou non…

 

Arriverai-je physiquement, mentalement à suivre mon moi profond qui, lui, pleure tout au fond d’être condamné à rester enfermé, sans pouvoir verser aucune larme à l’extérieur, d’être emprisonné dans ce corps et cette condition humaine…

 

Mon prochain roman qui sortira s’appelle « sous le silence de Rose » (s’ils gardent ce titre, car ils n’ont jamais gardé mes titres initiaux).

 

Pour la première fois, j’évoque l’histoire d’une autiste, mais tout le monde croit que j’invente mes romans… même moi, je me laisse leurrer…

Mais on n'invente rien n’est-ce pas ? Ce ne sont que des perles de sueurs qui transpirent notre ADN et qui crient pour sortir de notre programmation.

 

Anna

 

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