7. L'émasculé ou le masculin ? par Layla

"Ceux qui n'apprennent rien des faits désagréables de leurs vies, forcent la conscience cosmique à les reproduire autant de fois que nécessaire...

Ce que tu nies te soumet. Ce que tu acceptes te transforme."

 

"Je comprends le profond besoin humain de facilité, mais je ne comprends pas

que la vérité doive s'incliner devant ce besoin."

 

"Nul ne peut avoir de lien avec son prochain s’il ne l’a d’abord avec lui-même."

 

“Celui qui regarde à l'extérieur rêve,

celui qui regarde à l'intérieur se réveille.” Carl Gustav Jung

 

 

Voici la peur des hommes qui se pose, la haine que je projette, ma peine qui virevolte.

Comment être complète lorsque je voudrais ignorer l'énergie masculine ?

 

Je regarde cette part en moi qui déteste le masculin. Le masculin qui brime et qui opprime.

Il semble que cette part s'exprime, bien qu'elle se taise. Et crée des situations qui me bousculent, à la mesure du déni.

 

Je me sens proche des femmes, non des hommes. Et ceci jusqu'à ce jour. Sans caricature. Les hommes sont des étrangers. J'échange avec eux mais je ne me confie pas. Je ne parle pas de choses intimes. Je fais semblant. Je joue à être.

 

Je méprise leur lâcheté. Je ne leur pardonne pas et ne les accepte pas. Cela se manifeste avec chaque masculin, de façon silencieuse ou plus prononcée. Le masculin me demande de me taire, de me soumettre, de lui obéir, de l'écouter. Je ne me sens pas entendue. Je suis incomprise, folle. Je déborde d'émotions. Un condensé de mémoires où dans le rôle de la femme opprimée, j'ai cumulé la haine des hommes.

 

Il est 3 heures du matin, je n'arrive pas à dormir, une mouche me harcèle. Je lis les cahiers. Je me remémore les chroniques de Girku en particulier sur le comportement manipulateur et méfiant du reptilien, une partie de moi qui est toujours en guerre ! Je lis sur le thème de la dissociation, de la psychopathie. Considérer les situations sous une multiplicité de points de vue.

 

"Le féminin aussi opprime le masculin."

C'est ce que Jenaël me dit, suite à l'évocation de mon alter.

 

L'histoire que je me raconte est inachevée. C'est comme dire "Layla est morte..." et oublier l'autre moitié de phrase"... de rire !". Attention miroir ! Comme rien n'est dit par hasard, je suis dans l'obligation de regarder dans cette vie si mon féminin a opprimé le masculin...

 

J'ai peu vécu en couple, j'ai longtemps haï les hommes, je pensais qu'ils étaient les maux principaux de tout ce qui n'allait pas dans ce monde..., j'ai contrôlé Ismaël et j'avais d'énormes conflits avec mon père et mes frères. Entre amour et haine, je tournais en rond, je nourrissais copieusement la prédation avec mes programmes, mes schémas, mes incompréhensions, mon émotionnel dévastateur, destructeur malgré le souhait de comprendre.

Je ne peux nier l'évidence ! Je porte en moi ce déséquilibre. Déséquilibre qui se manifeste à l'extérieur.

 

Il était une fois une enfant de 5 ans qui allait être reprogrammée à s'égarer.

Un homme attira une petite fille aux toilettes publiques d'un stade, il lui proposa un bisou sur la joue en échange d'une pièce de 10 francs ! La petite fille accepta la transaction, rentra aux toilettes avec lui, lorsqu'elle voulut lui faire un bisou, il tourna la tête vers elle et l'embrassa avec la langue et de plus en plus. Elle eut peur, réclama de sortir, en sortant elle fut dévisagée par une mère avec son enfant qui lui demanda avec insistance si cela allait, elle fit semblant que oui, l'homme demanda à la petite fille où il pouvait trouver du papier toilette, elle lui répondit qu'elle ne savait pas, le sourire en guise de masque. Elle voulait s'échapper, loin du regard inquiet de la mère et de celui de l'homme qui disait " On est complice maintenant !". L'enfant sortit des toilettes, retrouva sa mère inquiète qui la questionnait : " Je t'ai cherché partout !" "Où étais tu ? ça va ? Qu'est ce que tu as ? " "J'étais aux toilettes. Oui oui ça va. Rien". Répondit la petite fille hébétée.

 

Un peu plus tard à l'heure de l'apéritif, le prédateur, assis à côté du père de la petite fille lui dit à quel point sa fille était jolie, son regard insistant ancra davantage une complicité et une culpabilité en elle. Elle sourit de toutes ses dents et de désespoir. Quelques minutes après, débordée par le jeu, elle éclata en sanglots.

 

J'acceptai de rentrer dans le jeu de l'homme une première fois, une seconde fois, une troisième fois en consentant à répondre à sa demande, en faisant semblant que tout allait bien, en ne disant pas à ma mère et à mon père ce qui s'était passé et en souriant à lui, à eux.

 

Cet épisode de ma vie me reconditionna à ne pas faire confiance aux hommes, à ne pas me respecter, m'aimer, m'écouter, à me considérer comme un objet de plaisir, à faire semblant, à ne pas aimer être regardée... et finalement à me dissocier.

 

J'emploie le terme "reconditionner" car depuis enfant et jusqu'à ce que j'entreprenne le chemin de la Connaissance avec le groupe, mes nuits étaient peuplées de rêves où j'étais violée, séquestrée, étouffée, poursuivie, contrainte, mangée même par des animaux. Cet évènement survenu lors de l'enfance a réactivé les mémoires et la scission du féminin-masculin. Voir l'homme comme un ennemi, entretenir la séparation, l'illusion.

 

Nouvel épisode de prédation lié au masculin justement, qui ne me concerne pas directement mais quand même, c'est comme si j'y étais. Un épisode de love-byte (illusion de l'amour) qui me paraît à la fois absurde et que je comprends malgré tout. Comprendre qu'il est difficile de se défaire de ce conte de fées auquel on nous a conditionné depuis l'enfance.

 

Je suis épuisée émotionnellement par ce que je donne et qui n'est pas entendue. Il y a un temps pour tout. L'hypnose en face, est forte et voulue. Se complaire dans ce jeu, s'y rouler. Mmmm que la douleur est bonne, délicieuse, savoureuse !

 

Je voudrais arrêter le jeu et aller me cacher un moment loin de tous. Je ne sais pas qui je suis. Je suis assaillie de doutes. Doutes dont se servent copieusement les prédateurs pour m'asservir et creuser le fossé qui me sépare de moi-même. Qui parle lorsque je suis agacée par une situation ? Est ce l'alter ou l'En-je ? Comment reconnaître les émotions justes ? Lorsque je me sens en faiblesse, tout mes programmes sont mis en exergue. Attachement, culpabilité, bourreau, victime qui se combinent à la situation du moment. Alors comment m'y retrouver ?

 

"Ne cédez pas à la panique ou à la colère et surveillez vers qui, vers quoi ou vers où sont orientées vos émotions. Restez vigilants à l'orientation que prend l'énergie de votre émotionnel. Car si vos émotions sont alimentées par la culpabilité, le regret, l'auto-lamentation, la rancoeur... elles alimenteront grassement le corpus prédateur en continuant à vous laisser vivre dans une bulle singulière, l'auto-contemplation.

 

Vos émotions sont une force, une réelle force de compassion qui engendre un rapide changement dans votre réalité. Si cette force est dirigée vers l'extérieur, contre quelque chose ou quelqu'un, elle se transformera en colère. Il y aura donc inévitablement confrontation ou lutte et l'émotionnel deviendra destructeur.

 

Mais si cette force est retournée à l'intérieur de soi, elle progresse en émotions, parfois en pleurs. Les pleurs deviennent alors une réponse à la beauté de la création et par là-même un puissant catalyseur de la force créatrice d'une nouvelle réalité." Cahier de l'Ange n°18

 

Voilà à quoi sert la Connaissance ! A se responsabiliser ! Certes je peux continuer à tourner en rond et à m'exaspérer d'un certain jeu mais lorsque je focalise mon attention et que j'alimente cette exaspération, j'entretiens moi aussi le jeu. Celui de la colère ! Il est temps maintenant de passer à autre chose. Il y a un temps pour l'expansion et un autre pour la rétention, sans discontinuité.

 

Je comprends qu'il n'y a pas de recette à suivre, l'expérience est une looongue observation et ne peut être figée. Elle est en perpétuel mouvement, même les informations, s'adaptent selon la conscience du récepteur. L'aventure continue... 

 

Layla (cen11)

 

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Commentaires: 2
  • #1

    Christelle M (vendredi, 11 octobre 2019 20:33)

    Merci Layla, j’ai pleuré plusieurs fois et pour différentes raisons : encore les blessures de la bataille envers le masculin, et surtout, j’ai été touchée par la part authentique de toi qui s’exprime avec profondeur et clarté. Tes capacités se développent !
    Christelle M

  • #2

    iKam (samedi, 12 octobre 2019 13:53)

    MERCI.
    Je perçois un fragment de moi même dans ton témoignage.
    C'est pas un merci empathique mais un remerciement EnJelique.

    iKam,
    A bientôt.