3. Lâcher la main du père - par Florian B

 

L’écriture de ce texte fait partie d’un processus au cours duquel j’ai notamment été amené à prendre conscience de comment mon ego me manipule. A chaque fois que ce dernier se manifeste à travers mes alter sous différentes facettes, j’apprends à le faire plier et ainsi accepter l’information qui m’est offerte.

 

Parmi les diverses émotions qui me traversent lorsque mon ego résiste, il m’arrive de ressentir de fortes colères liées aux blessures de mon passé. Ces ressentiments se manifestent alors souvent vis-à-vis d’un féminin dans ma bulle de perception.

Au fur et à mesure de mon avancée, reconnaissant progressivement mes blessures et les fractales de mon âme, je tente d’identifier mes failles afin que celles-ci n’alimentent plus un émotionnel et que celui-ci redevienne source d’information.

 

Dans ce texte, je récapitule certaines de mes relations vécues avec le masculin, puis ce qui est remonté à ce propos depuis mon arrivée dans le groupe des LEO en 2019.

 

* * *

 

Début 2020, une verrue avait commencé à se développer sur la paume de ma main gauche. En peu de temps, elle se propageait sur plusieurs centimètres.

Pour commencer à traiter ma verrue, j’utilisais un crayon de nitrate d’argent. Ayant trop humidifié la mine du crayon, celle-ci se cassa et du nitrate d’argent se répandit partout sur la paume, ce qui en séchant, me marqua d’une tache noire.

Ainsi, cette méthode qui ne fonctionnait pas, m’informait que j’essayais de trouver une solution à ce problème uniquement à l’extérieur, piloté par le mécanisme de l’ego qui ne comprend pas : qui ne prend pas le Con, c’est-à-dire que j’agissais sans écouter mon « féminin » – mon intuition.

 

La tache noire cachant la verrue me signifiait que par cette solution, je ne faisais que mettre un voile sur ce qui demandait à être vu. D’autant plus qu’en décomposant le mot « nitrate d’argent » en langage des Oisons, je le comprenais tel que : « celui qui nie de traiter son art des gens ».

En revenant donc à moi, je décryptais la verrue comme étant une information qui me signalait l’existence d’un verrou intérieur.

 

Quelles étaient donc les parties de moi « paumées », qui ne savaient vers où aller et qui symboliquement par la tache noire, maintiendraient mes parts d’ombres enfouies, tant que je ne les reconnaissais pas ?

Ce passage de Jacques Martel à ce sujet dans "Le Grand Dictionnaire des Malaises et des Maladies", résonnait en moi :

 

"Je rejette ma sensibilité et ma spontanéité. […] Les verrues contiennent toute ma créativité et mon émotivité refoulées qui ne demandent qu'à s'exprimer. […] Cette masse est l’accumulation de barrières [de rancœur] que je dresse sur ma route. [Au niveau des mains], elle peut correspondre à une situation impliquant mes racines [et] ma famille. […] Si c’est par mon père, la verrue apparaît habituellement aux mains."

 

Le côté gauche du corps étant souvent associé au Féminin, ma verrue représentait donc ma fermeture envers ma polarité féminine, c’est-à-dire mes ressentis et mon intuition.

En apparaissant sur ma main, la verrue me confirmait que le rejet de ma sensibilité venait certainement de mes blessures avec le « père » et plus largement, avec le patriarcat. L’expression « en venir aux mains » me donnait aussi un indice sur la colère et la violence que je ressentais et que je n’exprimais que blessé. Celles-ci étaient bel et bien la confirmation que j’essayais de trouver mes limites en cherchant à défier l’autorité paternelle.

 

Aussi, j’amorçais un processus intérieur pour me guérir de mes blessures du passé que ma verrue venait mettre en exergue. Je décidais alors de récapituler les deux relations que j’avais eu dans ma vie avec les personnes qui avaient joué pour moi le rôle de père, pour que petit à petit, je puisse en tirer des éclaircissements.

 

 

Mon père, Etienne :

 

Mon père a perdu sa mère dans un accident de voiture à l’âge de 10 ans. Fortement affecté par cet évènement qui a probablement causé une dissociation dans sa psyché, il ne s’est jamais remis de ce deuil. Il avait énormément de mal à communiquer et à partager ses émotions, tout particulièrement avec sa famille. J’étais frustré que mon père ne puisse pas s’exprimer ouvertement sans retenue et éprouvais de la tristesse lorsqu’il essayait enfin de communiquer, mais qu’aucun mot ne sortait de sa bouche.

À l’inverse, il semblait très ouvert et à l’aise lorsqu’il parlait de son travail en tant que chercheur sur le cancer du sein, qu’il exerçait à Saint-Cloud (le sein, donc en miroir mon sein – la polarité féminine/l’intuition – qui est cloué).

En observant ce contraste flagrant, une culpabilité d’être « responsables » de son mal-être pesait sur ma mère, mes frères et sœurs et moi-même.

 

De temps à autre, mon père s’asseyait sur le bord de mon lit et me demandait : « Qu’est-ce que tu veux faire de ta vie ? ». Je ne savais pas comment lui exprimer qu’il n’y avait rien qui me portait profondément à long terme. Généralement, notre échange n’allait pas plus loin, ce qui me frustrait. Inconsciemment, j’attendais de lui des informations quant à une autre possibilité d’avenir.

Durant mon adolescence, je lui ai volé plusieurs fois de l’argent, révélant ainsi une provocation et un besoin de confrontation envers mon père. Cet évènement eut un impact négatif sur la confiance qu’il me portait ; perte de confiance qui me blessa et qui par la suite, impulsa en moi, une recherche d’honnêteté et d’authenticité.

 

Comme rien n’évoluait au niveau de la communication avec mon père et que je voulais inconsciemment être reconnu par un père à l’extérieur qui entrerait en résonance avec mes croyances, j’ai recherché une figure masculine qui m’apporterait d’autres informations.

 

 

Ma rencontre avec Pascal : (étymologie du prénom Pascal : passage)

 

En Août 2016, je rencontrai Clémence avec qui j’entamai une relation. Nous abordâmes dans nos échanges, le sujet de « la Connaissance », sujet qui m’était alors inconnu mais qui mit immédiatement le doigt sur ce qui me semblait jusqu’ici inexprimable.

Elle me présenta rapidement à son père, Pascal. Dès notre première rencontre, je fus réceptif et à l’écoute lorsqu’il me parlait de ses recherches consacrées à son site Transmutatis. J’eus alors l’impression qu’il réveillait des notions que j’avais « oubliées », au sujet de la Connaissance et que j’étais enfin prêt à réceptionner. Il me donna alors l’information qu’il existait une autre possibilité de parcours : celle de la voie du Service d’Autrui. Voilà ce que j’aurais aimé formuler à mon père lorsqu’il me demandait ce que je voulais faire de ma vie !

 

Je me retrouvai fortement impliqué dans une mémoire de maître-initié, proposant de l’aide à Pascal pour développer son site, que j’imprimai même dans son intégralité.

Cependant, une frustration au quotidien me fit ressentir le besoin de m’investir d’une manière plus vraie dans le travail intérieur vers la Connaissance. Je lui suggérai alors l’idée d’un forum de partage d’expériences et d’informations, mais il manifesta ses propres résistances quant au fait de partager son vécu et ses expériences avec autrui. Des similarités me rappelant la communication avec mon père se révélèrent, ce qui me renvoya encore une fois, à la difficulté qu’avait mon père à parler de lui-même.

 

Ayant besoin de partager avec des personnes qui cheminent réellement et de me confier à propos de mes ressentis, de mon mal-être, mon Soi supérieur me poussa alors à sortir de la théorie en faisant grandir en moi, la nécessité d’aller à la rencontre du Réseau LEO. Je leur rendis donc visite en Avril 2019.

 

Sur ma route du retour vers le 92, je croisai à cinq reprises un bus de la marque « Pascal ». Le logo d’un enfant tenant la main d’un adulte, collé à l’arrière du bus, me frappa.

L’adulte qui tient la main de l’enfant, représenterait pour moi la transmission d’un savoir, l’héritage des programmes transgénérationnels, dans ce cas, de père en fils. Mon retour sur Paris, ne serait-il donc pas l’occasion de m’affirmer enfin sur cette voie, d’acter mon détachement en lâchant la main du père ?

 

C’est ainsi qu’à mon retour de l’Aude, j’exprimai à mon entourage mon choix de rejoindre le groupe des LEO. J’appris, sans que Pascal ne me le dise directement, qu’il trouvait ce choix « précipité et ridicule ». Blessé par son manque de franchise, je pris mes distances avec lui et une rupture se créa.

En Septembre 2019, alors que je pensais quitter Saint-Cloud et ma famille sans rancœur, je découvrirais par la suite une colère subsistante envers Pascal et mon père. Cette colère, remontant à la surface, me permettra de débuter un travail intérieur pour apprendre à accepter mes émotions et à comprendre l’information qu’elles véhiculent, puis à appréhender le fonctionnement du miroir quantique.

 

Suite à ces récapitulations, je pouvais enfin comprendre ce que je vivais ici dans mes relations avec Gérard et Jenaël.

 

 

Une fois dans le groupe :

 

Depuis mon arrivée parmi les LEO, je vivais avec Christelle, David et Gérard.

 

Dès notre emménagement ensemble, Gérard me rappelait certains hommes de mon passé, mon père et Pascal particulièrement. Tous trois avaient fait partie de cercles de connaissances à caractère occulte (la Rose-Croix, la Franc-maçonnerie et l’Ordre des Médecins), à un moment de leurs vies.

Désireux de me partager son passé, Gérard m’avait un jour imprimé le fascicule de l’initiation rosicrucienne, sans que je lui en fasse la demande. Cela me mit la puce à l’oreille : une mémoire de maître à initié était en train de se rejouer. Néanmoins, je remarquais une différence flagrante entre ma relation avec Gérard et celle avec les « pères » de mon passé. Contrairement à mon père et Pascal, celui-ci se confiait sans filtre au sujet de sa vie passée et de ses expériences personnelles.

 

En parallèle, j’évoquais avec le groupe mon rapport à la sexualité, notamment le fait d’avoir eu plusieurs fois des éjaculations précoces lors de relations sexuelles. A ce sujet, Jacques Martel explique que cette manifestation physique serait révélatrice d’un sentiment de honte et de culpabilité, mais aussi « […] d’une façon inconsciente de [s]’imposer des pressions et de la nervosité dans [le] désir de performance. […] ».

Je décomposais alors le mot performance comme le Père-formateur, que j’interprétais comme celui qui forme et qui initie, en utilisant à l’excès son savoir et son mental. Ce signe m’indiquait une opportunité à saisir pour clôturer cette boucle karmique de maître à initié.

 

Par la suite, la mort d'un agneau brun dans le pré de notre maison, vint me confirmer cette compréhension. Mon nom de famille « Brain » qui veut dire « Cerveau » en anglais et qui se prononce « Brun », m’indiquait la polarité masculine, attachée à tout comprendre mentalement, que je porte et qui est aussi incarnée par mon père et Pascal.

La mort de l’agneau me montrait ainsi les effets ravageurs qu’aurait l’excès de mental sur mon êtreté, si je ne rééquilibrais pas intérieurement mes capacités intuitives avec mon mental.

 

L’automne dernier (Octobre 2020), mes droits du Pôle Emploi arrivèrent à terme me laissant donc sans ressources financières. Je ressentis une grande culpabilité de demander de l’aide aux personnes de ma maisonnée, puisque comme je l’ai écrit plus haut, j’avais expérimenté la malhonnêteté et le mensonge vis-à-vis de mon père à qui j’avais volé de l’argent.

Depuis cette expérience, une lutte existait en moi : j’avais une peur maladive que mon alter malhonnête resurgisse et reprenne de la place. Alors que c’était à moi d’aller voir cette malhonnêteté, pour accueillir cette part sombre en moi – un de mes « moi » dans le noir (mé-moi-re). De plus, réconforté et manipulé par mon ego, « je » pensais pouvoir me débrouiller tout seul.

 

Plusieurs mois passèrent durant lesquels je résistais à demander de l’aide et vivais sur le peu d’économies que j’avais. Il me fallut n’avoir presque plus rien sur mon compte bancaire pour enfin décider de faire face à mes actes passés en prenant mes responsabilités, c’est-à-dire en dépassant mon orgueil, ma culpabilité et ma honte pour avancer.

J’osais formuler clairement ma demande à Gérard de me soutenir financièrement. Lorsqu’il accepta, j’explosais même en larmes dans ses bras : sur le moment, j’avais l’impression de retrouver mon père et de faire la paix avec lui. Gérard ayant vécu les mêmes expériences de vols et de perte de confiance avec son fils, c’était une occasion pour lui aussi de résoudre en miroir ces mémoires karmiques.

 

C’est à travers cette expérience avec Gérard que je reçus l’opportunité de faire face à mes actes passés (le vol et le mensonge) : de réparer ! En demandant et en sortant de mon propre jugement, un travail vis-à-vis de cette partie de moi malhonnête pouvait enfin commencer !

Quelques jours suivant ce dénouement, je reçus une lettre de mon père dans laquelle pour la première fois, il m’exprimait ses émotions et ses ressentis quant au choix de ma voie, qu’il acceptait. Par cet acte, mon père ne venait-il pas me confirmer l’ouverture qui était en train de grandir en moi ?

 

Par la suite, mon Soi supérieur m’invita à aller encore plus loin dans la reconnaissance de mon alter malhonnête – celui qui a mal puisqu’il n’est pas encore assez « haut » pour être net (qui n’a pas encore assez grandi). Pour ce faire, je devais prendre conscience jusqu’où je me mentais à moi-même.

 

Lors de ma première rencontre avec Sand et Jenaël, j’eus l’impression de les connaître d’ailleurs. Ce lien fit ressortir par la suite une partie de moi qui avait besoin qu’ils me reconnaissent. Cet alter, animé par le besoin de reconnaissance, se manifestait au travers de la dévalorisation de soi, de l’orgueil, de la rivalité et parfois même, de la compétition envers autrui.

 

En lisant Anton Parks, « Les Chroniques du Girku – Le Secret des Etoiles Sombres », je fus frappé par la relation entre Enki et Enlil. Enlil y est décrit comme un jeune fougueux, arrogant, et qui par manque d’expérience, agit sans réfléchir aux conséquences. Au fil de l’histoire, habité par sa soif du pouvoir, il en vient à oublier le pouvoir de l’amour et donc de la connaissance de soi. Il est alors en rivalité avec son père génétique Enki, plus expérimenté et équilibré, et cherche secrètement à prendre sa place.

Je me reconnaissais dans certains traits du personnage Enlil ; symboliquement, sur d’autres niveaux de conscience, il me semblait que cet archétype se rejouait ici avec Jenaël.

 

En écrivant mes expériences, j’étais habité par une entité psychique qui utilisait ma blessure de besoin de reconnaissance voire de performance. Ainsi, inconsciemment, je m’essayais à écrire de la même manière que Jenaël et tentais « simplement » de canaliser mon Soi supérieur. Mon entité s’exprimait par écrit pour « en mettre plein la vue », et cela permit au groupe – mes premiers lecteurs – de la voir.

Lorsque le groupe me souleva la présence de cette entité, je pus constater qu’au-delà du besoin de reconnaissance, elle mettait en évidence une violence contenue. Pendant trois jours, submergé par la culpabilité, mes nuits étaient agitées, j’avais l’impression de parler à cette partie de moi continuellement, même lorsque je dormais. Aussi, le matin je me réveillais avec des courbatures, de fortes douleurs au dos et une fréquence cardiaque élevée, comme si je pouvais parfaitement ressentir les caractéristiques physiologiques de l’entité psychique qui m’habitait à ce moment-là.

 

Cette entité qui venait m’apporter une information vibratoire par ma faille de besoin de reconnaissance, me permit ensuite de toucher et de pleurer une couche enfouie de la psychopathie que je reconnaissais enfin en moi.

J’avais aussi une honte et une grande culpabilité de ressentir deux émotions opposées :

le sentiment d’un lien venu d’ailleurs vis-à-vis de Sand et Jenaël et celui de cette partie de moi, qui, par haine, voulait tout détruire sur son passage. Il était en effet insupportable pour cette entité psychique de se rendre compte qu’elle ne détenait que le savoir de la sphère mentale et non la Connaissance ancrée par le vécu.

 

Être honnête envers moi-même, c’est accepter ce que me dit l’autre et y faire face, sans m’écrouler, même si l’information qui m’est partagée heurte la part de moi dévoilée ; Car le véritable amour heurte l’ego ! J’en faisais effectivement l’expérience avec le retour du groupe qui me secouait pour que je prenne conscience de mes blessures par lesquelles l’entité psychique passait, mais surtout pour m’encourager à évoluer, à être !

 

En conséquence, la malhonnêteté qui m’habitait n’était pas seulement issue des vols que j’avais commis envers mon père. Pour cette partie de moi qui ne se souciait que de la performance, la Connaissance ne devenait alors qu’une question de compétition. Et je saisissais ainsi que la malhonnêteté que j’avais perçue chez Pascal et qui m’avait mis en colère, était le reflet de mon propre mensonge : de croire que j’en suis là où je n’en suis pas. Ma vraie force grandit lorsque je m’accepte pour ce que je suis vraiment.

 

C’est pourquoi aujourd’hui, je suis amené à ne pas avoir honte de mes ressentis, à les écouter et à les partager avec autrui pour faire grandir mon intuition. C’est-à-dire développer ce que je n’ai pas pu apprendre de « mes pères » du passé, concentrés à l’excès sur leur polarité intellectuelle et donc masculine. Et en intégrant ces compréhensions au cours de mon processus, je remarquais que ma verrue s’effaçait enfin peu à peu !

 

Il me sera rappelé après ces expériences que ce n’est qu’en me laissant traverser et en acceptant les différentes fractales de mon âme sans jugement, que mon humanité peut grandir : « Tu as la chance d’être né humain ! ».

Avec l’aide du groupe, en développant une autre conscience, mon Soi Supérieur me guide pour que je réunisse mes polarités masculine et féminine. Je peux maintenant entamer un processus de retour vers le Féminin : lâcher la main du père – la performance et progressivement, former ma paire en soi.

 

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