Le lâcher prise sur le chemin qui s’ouvre
Et voilà encore un enchaînement d’évènements qui me laisse sans forces, les jambes qui flageolent et la tête qui part dans tous les sens. Un véritable ping pong de possibilités se mélangent dans ma tête, le chaos total, je n ‘arrive plus à me stabiliser. Je me suis dit que d’écrire me permettrais peut-être d’y voir plus clair. Fabriquer des phrases m’aide à démêler des fils.
Je vous résume brièvement la situation. Avec mon compagnon et nos deux filles qui ont presque 7 ans, nous vivons dans le Cantal depuis 3 ans. Nous étions avant cela dans les Pyrénées où nous avons vendu notre maison pour ne plus avoir de crédit. Avec ce qu’il nous restait, impossible d’acheter là-bas car à l’époque du couillonavirus l’immobilier était trop cher. Nous atterrissons donc dans le Cantal avec nos critères principaux respecté : vivre en altitude, du “sauvage” autour de nous, et un terrain de jeu pour toutes nos ambitions d’autonomie. Après trois années passées ici, on pose un bilan qui n’est pas très positif. Mais on a vécu des expériences, on a tiré des leçons.
On se pose la question depuis plus d’un an : reste-t-on ici ? Pourquoi cette question ? À cause de toutes les embûches, les coups dans la gueule à répétition et… les signes !! J’ai deux avis contradictoires qui me viennent à l’esprit. Les embûches sont des expériences que je dois vivre, subir et décortiquer pour faire évoluer mon âme. Donc ici ou ailleurs je devrai affronter ces mêmes situations. Déplacer le problème ne sert à rien. Mais d’un autre côté je me dis que si ce chemin est très tortueux, c’est que peut être cela n’est pas le bon chemin. Soit parce que le lieu ne nous correspond pas, soit parce que notre manière d’y vivre n’est pas en adéquation avec notre évolution.
Et puis il y a les signes. Je connais et aperçois les nombres doubles dans l’heure depuis environ 2009. Cette année ils m’apparaissent en beaucoup plus grand nombre que d’habitude et de manière exponentielle. Ce mois-ci je ne pourrai pas vous dire combien j’en vois dans une journée mais c’est énorme. Je prends encore cela de manière très contradictoire. Je me sens soulagée, épaulée de ne pas être seule pour affronter cette montagne qui va m’apparaitre. Et d’un autre côté j’appréhende ce qui va encore me tomber sur la gueule. Non mais sérieusement, il est où le bouton pause ?? J’aimerais avoir le temps de me relever, de me remettre de mes émotions et soyons fous, de vivre quelques jours de bonheur paisible. Crochet du gauche, petit coup droit, je relève la tête et hop méga bim bam boum !!!! Ça va toujours par trois ?
J’ai aussi un monstrueux signe qui m’est apparu quatre fois en quelques mois. Impossible que cela soit dû au hasard, je n’y crois plus depuis longtemps. Ce signe c’est celui de la bête “666”… Il apparait dans des numéros de téléphone, des statistiques et des sommes à payer. Là pour se sentir visé il n’y a pas mieux. Alors que faut-il faire ? Affronter la bête ou suivre un autre chemin ??
J’ai écrit ces premières lignes après avoir vécu tous les quatre une sacrée épreuve. C’était encore à chaud. Là après une dizaine de jours de réflexion, cela s’est radouci dans mon corps et un peu aussi dans ma tête. J’ai aussi passé ses quelques jours avec des “lunes” encore plus cataclysmiques que d’habitude. A l’agonie dans le fond du lit sans pouvoir lire ni regarder un film. Seule avec moi-même, avec toutes mes pensées en état de semi-conscience.
BIM
L’épreuve du bim : la juge pour enfants.
Gregori et moi avions depuis toujours une même obsession : fonder une famille avec beaucoup d’enfants. On s’est arrêté à deux, la double claque nous a suffi !! Depuis la naissance des filles nous essayons au maximum de suivre notre ligne : liberté, autonomie, amour, partage. J’ai rayé le mot bienveillance je ne voudrai pas que Sand vomisse son repas… et puis on en est revenu de la bienveillance !! On leur donne tout ce dont nous avons été privés l’un et l’autre durant notre enfance. Oui, on vit à travers elle… mais on ouvre quelques cils, on essaie de changer… A l’époque on pensait bien agir en éloignant les filles du système établit. Nous avons donc choisi la voie de l’école à la maison mais en mode “hors radar”. Pour nous, l’IEF Instruction En Famille est en voie d’être supprimée, donc nous pensions bien faire en n’apparaissant dans aucune liste officielle. J’expliquerai le pourquoi du comment dans un autre texte : pour vous la faire courte : on s’est fait balancer !! C’était à la rentrée 2024.
A ce moment-là je découvrais tout juste le Réseau Leo. Le “hasard” d’une dent à soigner pour Aélis a orienté Gregori vers votre site. C’est la deuxième fois qu’il me parlait de ce site. La première fois, je n’en ai aucun souvenir, je ne devais pas encore être prête à “entendre” ces informations. Là j’ai commencé par les dents, j’ai bifurqué vers l’onglet santé puis vers l’alimentation. Méga claque… Puis j’ai découvert les dialogues à un moment de ma vie où tout basculait autour de moi… encore. J’ai écouté l’intégralité des dialogues et les suites avec frénésie. J’ai fait des pauses à chaque fois que mon corps ne suivait plus le rythme des compréhensions.
Les synchronicités c’est un truc de dingue. Comme depuis le début de notre relation, on part avec Gregori dans des discussions et des compréhensions qui nous illuminent le regard. Et pour chaque nœud démêlé, dans les deux jours qui suivent, j’écoute un dialogue qui parle pile poil de ce que l’on vient de découvrir. Même si la vidéo a 8 ans… C’est arrivé tellement souvent que le hasard est écarté. Et là c’est juste l’inverse. Nous n’arrivons pas à résoudre une situation et hop : j’écoute les rencontres avec Nina et cela éclaircit le brouillard qui est dans ma tête. Et cela arrive pile poil au bon moment.
L’épreuve : passer devant le juge pour enfant. C’est la procureure de notre procès sur l’obligation scolaire qui nous avait menacé de poursuites sociales si nous décidions de poursuivre la désobéissance civile. Et elle l’a fait. Le seul hic s’est que la procédure habituelle est de passer devant le juge pour enfants après avoir suivi le protocole d’enquêtes diverses et variées… Le juge est là pour conclure toutes ces enquêtes et décider de la suite. Nous, nous avons juste eu le plaisir de connaitre les procédures pénales : gendarmerie, tribunal, procès… Nous n’avons pas encore eu la joie de croiser le chemin des assistantes sociales ni des psychologues pour discuter de “bienveillance parentale“ !!!!
Nous voici donc en route pour passer tous les quatre devant la juge pour enfants. Nous y allons la fleur au fusil, sans aucune préparation ni avocats. Nous estimons ne pas avoir besoin de défense en choisissant la voie de la sincérité. Et puis nous n’avons aucune confiance au système judiciaire, de la manière que nous n’avons aucune confiance au système éducatif ou au système de santé ... au système tout court. Système = 6 thème judiciaire, 6 thème éducatif , 6 thème santé, 666 … Avant les lectures et les écoutes du Réseau Leo, j’étais persuadée de pouvoir nous créer un monde à nous, rempli de bonheur, d’amour, de partages. Je me disais qu’il suffisait pour cela de créer un monde sans eux. Eux le gouvernement. Le gouverne ment !! Eux ont un besoin vital de nous. Mais nous, nous n’avons pas besoin d’eux. Je voulais pour cela nous entourer de personnes comme nous. Ou au moins un peu éveillé, je pensais pouvoir finir de les réveiller. Finalement c’est moi qui ai besoin de me réveiller !!
Nous pensions pouvoir rester à moitié dans le système et à moitié en dehors. Mais cette vidéo chez Nina m’a encore ouvert les yeux. Il reste encore quelques cils de collés. Dans la 3ème densité nous ne pouvons pas être à moitié dans le système et à moitié hors radar. On est forcément rattrapé et plus on y pense plus on est rattrapé. On est dans un système de 3ème densité on obéit aux lois de 3ème densité. De la même manière que Nina a dû se mettre en règle avec ses contraventions, nous devons nous mettre en règle avec cette loi. Loi qui oblige soit à faire une demande d’autorisation pour faire l’IEF, soit à scolariser. Même si cela nous fait vraiment mal au cul de respecter cette loi !! Nous payons bien notre taxe foncière alors que tout notre être est contre. Il suffit de faire pareil. Respecter le plus possible les lois de 3ème densité. C’est seulement après le passage en 4ème densité que… que quoi ? Je ne sais pas exactement… être pleinement nous-même ? On verra bien !!
Maintenant j’analyse à quoi a servi cette épreuve. A appuyer pile là où ça fait mal. Dans ma famille et celle de Gregori il y a une redondance qui traverse les générations. L’abandon. Je pourrai en écrire dix pages tellement nos familles et nous-mêmes en ont vécu. J’en avais parlé à ma sage-femme et elle m’avait expliqué comment cela s’inscrit dans nos gènes. Elle m’avait prévenu que les filles seraient particulièrement sensibles aux séparations. Sé pa ration : je n’ai pas eu ma ration d’amour !! Et effectivement Aélis et Arwen ne supportent pas être loin de moi. Le cordon ombilical est tenace. Ce fameux cordon qui m’attache à la 3è densité. Et pourtant j’y travaille depuis plus de 6 ans, mais apparemment pas assez. Je dois apprendre à lâcher prise côté attachement, à moins de maitriser leur bonheur, leur avenir. Non bien sûr je ne vais pas les abandonner au bord de la route. On ne va pas abandonner non plus nos 5 chiens ni nos 5 chats. Ouais on a un peu chargé la mule côté attachement !! J’essaie de lâcher prise sur tous les évènements du moment. Et pas sans peines : crises d’angoisses, pleurs, remontées, redescentes…
Revenons à cette bim épreuve. Nous sommes tous les quatre dans un couloir insipide à attendre le juge pour enfants. Nous poireautons 30 minutes. Forcément nous occupons les filles, nous relâchons notre garde. En quelques secondes tout bascule, trois personnes arrivent, un homme et deux femmes. Les deux femmes nous disent brièvement bonjour et rentrent directement dans le bureau. L’homme s’adresse à nous sans se présenter. Il nous demande direct : laquelle est Aélis ? Il s’adresse à elle et lui demande de rentrer dans le bureau seule. On est tous les quatre sous le choc. Nous pensions que cela allait être une simple procédure explicative où nous serions tout le temps tous les quatre ensemble. Je pensais qu’avant de parler aux filles seules, ils allaient d’abord nous en parler. Mais là rien, ils ne se sont même pas présentés. On a été pris de court, c’était bien leur but dès le départ. Diviser pour mieux régner !! Ni Gregori ni moi ne nous sommes interposés, pour ne pas rentrer dans un combat perdu d’avance. Ne pas envenimer la chose et finalement lâcher prise.
Aélis s’est retournée vers nous, regard qui tue. Mélange de colère, d’amertume et d’incertitudes. Et voilà un premier fil d’un bout de cordon ombilical qui saute. Aélis est celle des deux qui est encore plus attachée à moi. Quand elle était bébé, elle faisait la misère à Gregori qui la faisait patienter le temps de la tétée d’Arwen. Ils ont tapé pile où ça fait mal. On garde notre sang froid. Aélis sort du bureau et passe en mode boudin. Arwen passe aussi seule, pas de regard qui tue. Puis vient notre tour, Gregori et moi en même temps et sans les filles. On s’en prend plein la poire. Ils coupent systématiquement la parole à Gregori qui boue intérieurement. Il revit le passage devant le juge pour enfants lors du divorce de ses parents. Il avait 10 ans, de mauvais souvenirs.
Ils nous imposent une MJIE : Mesure Judiciaire investigation Educative. Enfin impose façon de parler : ils nous demandent notre accord, soit on suit la MJIE, soit ils placent les filles !! Rien de très légal là-dedans juste du bluff et des menaces. Nous ne rentrons pas dans ce combat-là. Nous insistons même sur le fait que nous n’attendons que cela, qu’ils viennent constater nos méthodes. Faisons cette enquête … qui va encore une fois gratter pile là où il faut !! Des questions du genre : quel lien on a avec notre famille, tout un programme. Si seulement je pouvais leur parler de notre famille d’âme au lieu de la famille génétique.
Le lâcher prise sur l’abandon. Peut-être que toute cette histoire est justement là pour que je lâche prise. Que j’abandonne l’idée de vouloir confiner les filles dans un monde de bisounours. Car finalement cette bienveillance est malveillante. Elles aussi ont une âme à faire travailler. Elles aussi doivent vivre des épreuves. Elles aussi doivent couper le cordon. Sinon elles ne seront jamais prêtes à survivre à ce monde de fous une fois adulte. Je ne peux pas les priver de vivre leurs mésaventures, de suivre leur chemin de vie. Alors oui je me pose la question. Faut-il que je les scolarise avant qu’il ne soit trop tard. Avant qu’elles ne soient trop grandes pour supporter ce changement radical de vie. Je dis “je” car leur père a déjà lâché prise sur ce choix. Il est prêt à les envoyer à l’école même si l’école telle qu’elle est ne nous plait pas du tout et ne correspond pas du tout au rythme des filles ni à ce qu’elles sont au fond d’elles.
BAM
L’épreuve du bam : pôle emploi.
Je suis inscrite à pôle emploi depuis 01/2017 dans la case : créateur d’entreprise. Un attachement double… Euh non un accouchement double !! Ah ah, j’ai vraiment écrit attachement, alors que dans ma tête la phrase disait accouchement. Donc un accouchement double et un double déménagement m’ont largement tenue éloignée de mon projet. Cela fait 3 ans que nous sommes dans le Cantal, il serait peut-être temps de me lancer. Mais j’hésite toujours et encore : est-ce le bon chemin ? Peut-être que je manque encore de confiance en moi. Ou alors je ne veux pas couper le cordon avec les filles, une bonne grosse excuse pour ne pas me lancer.
En tout cas ce n’est pas un manque de courage. Mon prédateur me fait m’acharner à travailler très dur, à travailler dans la souffrance. J’enchaine “l’autonomie” au potager, la plantation du jardin-forêt, la multiplication des plantes pour créer une micro-pépinière, les animaux…Tout cela avec l’école à la maison et quasiment aucune place pour moi ou Gregori. J’adore tout ce que je fais : quand j’étais petite je voulais être jardinieuse. Mais là vraiment c’est trop. Je dois faire du tri dans mes priorités. Pourquoi cet acharnement ? Je me levais parfois ( tout le printemps été ) à 5h du matin en trimant non-stop toute la journée jusqu’à 22h où je m’écroulais. J’ai travaillé pendant plus d’un an avec une blessure à l’épaule. Une micro-fissure faite lors d’une chute en travaillant dans la bouillasse sous les trombes d’eau !!
Mon docteur m’a demandé si je pensais donner une bonne image du travail à mes filles en étant autant acharnée. Cela m’a mis une claque. Pourquoi autant d’acharnement : acharne ment ?? Je me mens à moi-même !! La recherche de reconnaissance dont j’ai temps manqué de ma naissance à mes trente ans ? Et finalement encore un peu aujourd’hui. Re co naissance. La peur du manque ? Vouloir à tout prix produire le plus de nourriture possible pour les filles, pour qu’elles ne manquent de rien. La peur du lendemain ? Savoir que tout va basculer et vouloir créer un monde nouveau, un monde d’abondance où je pourrai sauver des gens grâce à cette abondance. A bon danse … et si je dansais au lieu de planter excessivement. C’était un peu tout cela à la fois. Mais tout cela aujourd’hui ne tient plus la route.
J’en ai longtemps voulu à Gregori de ne pas assez avancer les travaux, de ne pas assez m’aider au jardin ou avec les filles. Pourtant il en fait déjà énormément, mais nous nous sommes attachés à une trop grosse charge de travail. Gregori, lui a réussi petit à petit à prendre le temps sans se mettre la pression du lendemain. En plus de son travail et de l’artisanat, il prend du temps pour lui, pour les filles, pour moi … même si l’équilibre n’est pas encore au point. Je le remercie grandement de m’avoir montré le chemin. Je ne lui en veux plus du tout, bien au contraire. Je m’en veux à moi-même de ne pas avoir ouvert les yeux avant. Gregori me montrait le chemin mais je ne le voyais pas. J’ai compris cela en écoutant le Réseau Leo. Aujourd’hui j’ai complètement lâché prise vis à vis de mes attentes envers lui. Je suis passé en “carpe diem”...
Maintenant, je dois lâcher prise sur le jardinage sans pour autant m’arrêter. Je dois juste apprendre à travailler autrement, sans attentes, sans projections et sans attachements. Cela me parait une mission impossible !! J’apprends à travailler au jour le jour, sans pressions sur les résultats. Je jardine en conscience avec plaisir, un immense plaisir même. Dès que je ressens de la fatigue ou de la souffrance, ou même un gros manque de motivations, je m’arrête. Tant pis si je ne suis pas “autonome” en légumes cette année. Par contre, l’attachement j’avoue j’ai du mal. Quand on plante un arbre c’est pour un résultat 5, 10, 20 ans après. Si finalement on décide de déménager, tout ce travail est enraciné, attaché ici. Il y a quelques jours, on a évoqué l’idée de peut-être encore déménager. J’ai littéralement pêté un câble, j’ai hurlé excessivement fort sur Gregori. Le dragon est sorti. “tu te rends compte tout ce que j’ai planté en trois ans, tout ce travail acharné en me faisant mal, tout ça pour rien “ … Chez moi quand ça sort ça ne fait pas semblant. L’attachement racinaire est encore là. Rien qu’à l’idée de déménager je me fais déjà une liste dans ma tête de toutes les plantes que j’emmènerai !! Je suis incapable de déménager sans toutes ces plantes… j’y travaille !!
J’ai vécu une grosse quantité de signes qui me disaient “ arrêtes de jardiner “ mais je ne les ai compris qu’avec un gros recul. Ça aide les claques !! Les filles m’ont gâchée une quantité phénoménale de plantes, détruit des semis, cassé des branches de fruitiers et récolté des fruits et légumes pas mûrs… Stop trop de sucre !!!!! Jamais à l’époque je n’aurai pu croire qu’une abondance de fruits et légumes serait nocive pour nous. Je me suis dit qu’avec l’âge cela leur passerait, mais non : godzilla et terminator sont toujours à l’œuvre. Mais arrêtes de jardiner maman !!!!!
Je m’organisais en avance pour avoir des grosses journées de jardinage mais tout mon planning était systématiquement bousculé. Je prévoyais de m’avancer sur les corvées, le menu était préparé pour Gregori, les activités étaient prévues pour occuper les filles. La météo annonce une belle journée, je prépare le matériel en avance. Attention = enchainement !!!! Des “connaissances” monopolisent Gregori pour des urgences qui du coup contre sa volonté ne s’occupe plus des filles, ni des repas, ni des animaux. Je me lance quand même : tout est prêt !! Les chiens, chats, poules, canards sont pris ce jour-là dans une faille énergivore. Un chien s’échappe chez le voisin, les poules débarquent dans le potager, un canard manque à l’appel et un chat est blessé… Les filles se mettent à devenir “démoniaques”… elles se battent, se poussent dans l’escalier, se disputent ou font un caprice toutes les 5 minutes !! Je ne connaissais pas ce terme à ce moment-là mais oui le canal de prédation était très très fort. Le repas crame pendant que je gère un des imprévus animaliers. Quand il fait beau j’arrive à attirer les filles dehors et à jardiner pendant qu’elles jouent. Là il se met à pleuvoir : la cagate totale !! Gros fiasco … Le linge, les coloriages, les outils … Je me fais quand même la réflexion “ tout est fait pour que je ne jardine pas “. J’abandonne totalement l’idée de travailler et j’occupe tout ce petit monde.
Gregori revient en mode grognon. La journée s’est mal passé et en plus il faut qu’il y retourne. On ne s’en rendait pas encore compte mais il se faisait complètement vampiriser son énergie par des PNJ !!!!! ( portails organiques ) Forcément on s’engueule .... je craque !! Je lui raconte le fiasco de la journée. Il en a marre qu’à chaque fois qu’il s’absente les journées sont dramatiques. Ce n’est pas la première fois que ce genre de fiasco nous arrive. Le scénario se répète avec quelques différences. Il me réconforte, veut m’aider à préparer le dîner. J’avais prévu un gratin de choux de Bruxelles mais je n’ai même pas eu le temps d’aller les récolter. Il se propose d’y aller et revient tout palot. Il ne sait pas comment m’annoncer la mauvaise nouvelle. Il n’y a plus un seul chou de Bruxelles ni aucun autre chou, ainsi que tous les légumes qui étaient sur la terrasse du bas : une trentaine de choux, tous les poireaux, quelques salades !!! Grosse radzia la nuit précédente. Les biches et les cerfs se sont régalé. La quantité de traces de pattes et de crottes nous montre une harde plutôt très grosse, d’où la radzia intégrale. Gros cracage. Beaucoup d’émotion et de fatigue. Les radzias continuent les jours suivants et la harde se rapproche de la maison. Ils sont gentils quand même, ils nous ont laissé deux immenses bois qui nous servent de support pour l’artisanat. Aujourd’hui on en rigole. Non, on ne va pas arrêter de manger des choux. Mais cette claque m’a fait réfléchir sur ma manière de travailler. J'ai tellement rigolé en écoutant Sand raconter les attaques de limaces sur leur jardin. Pour nous le signe c’est des biches à la place des choux. Moins de légumes, plus de viandes !!!!
Nous augmentons donc notre consommation de viandes … avec encore d’autres synchronicités qui nous le disent. Nous avons eu trois expériences en quelques mois. Pour bien comprendre, je vous explique brièvement ou l’on en est à ce moment-là de notre évolution alimentaire. Je venais de découvrir le Réseau Leo depuis trois ou quatre mois ainsi qu’un livre sur l’alimentation anti-inflammatoire. Je décide donc d’arrêter complètement le gluten qui n’aide pas mon endométriose. Je parle de l’alimentation paléo à Gregori et lui dit que j’essaie petit à petit de remplacer mon assiette. Pas de panique je ne force personne. Greg et les filles restent en alimentation “omnivore classique”. Qui veut me suit .... ou pas !! On vit à ce moment-là des profondeurs abyssales financières. Gregori reprend un travail à mi-temps mais il nous faut plusieurs mois avant de remonter le compte. Durant cette période hivernale Greg et les filles mangent beaucoup de pâtes. Notre stock de légumes du jardin est terminé, les quelques conserves que j’avais réalisées étaient bonnes pour le compost : je n’avais pas racheté de capsules neuves. Les poules nous faisaient un œuf par jour. Les filles mangeaient quand même à leur faim avec le gluten et les conserves de légumes “ à pas chers”. Moi je suis en mode “survie”, je mange quelques feuilles de salades, les légumes dégueux, du riz de temps en temps et un bout d’œuf !! Je suis en sous-alimentation mais je ne craque pas et ne mange toujours pas de gluten. Je continue à jardiner, mes jambes flageolent, j’arrive à peine à remonter le terrain en pente. Les écoutes des dialogues m’aident énormément.
Gregori lui aussi est très fatigué par la reprise du travail et affaibli par le manque de protéines. Il me raconte qu’il rêve d’un morceau de viande .... Le lendemain notre voisin nous envoie un texto pour savoir si cela nous intéresse de récupérer un reste de charcuterie. Oui bien sûr.... comment dire .... raaaaaaa ouiiiiiiiiiiiii. Il venait d’organiser un repas de famille un peu trop gargantuesque. Il se trouve que ses invités étaient soit végétariens soit en mode “régime après les fêtes”. Et comme il partait en vacances juste après ce repas il ne voulait pas faire de gâchis. Il débarque au portail avec trois immenses plateaux quasiment pleins de charcuterie en tout genre, du rôti de porc et de bœuf de la boucherie locale. Woaaa la tête de Gregori, c’était énorme !!!! Nous n’avions à l’époque pas de congélateur et un frigo minuscule. Gregori s’est transformé en lion affamé dévorant une gazelle. Les filles adoooooooorent notre voisin. Moi j’étais en mode “presque jeun” car j’étais au tout début de mes lunes, mais je me suis rattrapée dès que l’appétit est revenu. Durant le même hiver, le scénario se répète avec un autre voisin qui est chasseur. Il débarque à l’improviste avec un énorme cuissot de sanglier. Gregori s’occupe de la découpe, il pensait ne pas pouvoir y arriver et être dégouté. Mais il était tellement en manque de protéines qu’il me disait pouvoir faire ça tous les jours. Nos yeux brillaient, nos ventres gazouillaient. Au début du printemps, le scénario se répète une troisième fois : la fin de mois est difficile. Notre voisin (celui des plateaux de charcuterie) nous invite à manger. Notre voisin se régale avec notre salade croquante et nous on se régale avec un énorme steak !! Les filles dévorent leur steak haché en quelques secondes…
Les protéines sont toujours arrivées pile au bon moment, comme par enchantement, par appel inconscient de notre être. Avec du recul, ces synchronicités m’apparaissent comme une évidence. Cela devrait faire taire ma peur du manque. Cette peur a largement diminué mais elle est toujours un peu présente par rapport aux filles. Maman poule a peur que ses poussins aient faim. Moi qui les gave depuis leur naissance, un peu trop... et dans tous les sens du terme !! Oula, je me suis vraiment éparpillée là. Je devais parler de pôle emploi et finalement j’ai dévié sur l’alimentation. Mon prédateur m’éloigne-t-il ?
Pôle emploi… Commence à s’impatienter sur ma création de micro-pépinière. J’arrive enfin à avoir le statut de suivi parcellaire auprès de la MSA. Je n’ai même pas encore eu le temps de faire des marchés que la MSA me colle un contrôle !! On a des rendez-vous pour : les assistantes sociales de la MJIE, pour l’inscription à l’école, pour une audition en gendarmerie (encore )… et maintenant pour la MSA !!!! La factrice en a marre de nous amener des recommandés. Le calendrier n’a jamais été aussi plein. Je ne jardine quasiment plus. Pour ne rien arranger je ne touche plus d’ASS qui est censé se prolonger encore trois mois. Il me manquait un papier, le dossier ne s’est pas validé. Galère de tunes … je ne pourrai même pas faire de marchés, le peu de gasoil qui reste est pour les rendez-vous “sociaux”.
BOUM
L’épreuve du boum : le voisin.
J’ai gardé l’épreuve la moins éprouvante pour la fin. Notre seul est unique voisin qui est quasiment collé à notre maison vend sa maison. On le savait depuis quelques semaines déjà mais cela nous paraissait loin d’être fait. Et là pile en deux, trois jours : juge pour enfants, plus d’ASS et notre voisin nous annonce que des Parisiens vont sûrement acheter. Ça nous a fait une indigestion !! Et quelques jours plus tard : la MSA. Oh on en est plus là hein ... on est plus à ça près !! Pour la vente de la maison voisine, quelques semaines plus tard, on attend toujours des nouvelles... Je me suis encore caillé le lait pour rien.
Et dire qu’il n’y a pas si longtemps je voulais maitriser cette vente. Trouver des gens avec qui travailler, échanger. Mais non !! Je dois être avant de faire. Je suis justement en train d’écouter les vidéos qui expliquent cela. J’ai finalement lâché prise, on verra bien qui viendra à nous... Cela sera peut-être un signe pour savoir si l’on reste ou si on déménage. Peut-être que nos futurs voisins appuieront pile où ça fait mal.
Mais avant d’appuyer encore, je demande à mon être supérieur de nous laisser finir de régler le bim et le bam. Le boum peu bien attendre encore un peu. Dans tous les sens du terme. Il y a quelques jours, je sens une odeur de gaz très fort. Je cours vérifier la cuisine : rien. Je cours chez mon voisin, l’odeur est de plus en plus forte. Même s’il ne me l’a pas avoué, je crois qu’il avait oublié de fermer sa bouteille de gaz. Le “boum” peut attendre...
Nous ne savons pas où nous serons dans un an… Nous avons reparlé du Canada, des Pyrénées... ou rester ici… nous verrons bien. Carpe diem.
Cela fait un an que je mange paléo, depuis j’ai perdu à peu près 15 à 18 kg. Avec tout ce que l’on a vécu cet automne, le stress est pas mal monté. On mange plus de viande, je congèle en début de mois… Depuis 3 jours j’ai commencé l’iode, la vitamine C lyposomale, le magnésium glycinat et le mélange sélénium zinc. Je sens déjà les effets, mes jambes ne flageolent plus et j’ai l’impression d’avoir bu 3 cafés au réveil. Je commence le régime céto pour peut-être trois mois. Cet après-midi on a encore rendez-vous à la gendarmerie : ils veulent nos empreintes et nos photos… Lundi les filles font leur première rentrée scolaire… Mardi j’ai mon premier rendez-vous avec le psy et l’assistante sociale… et après je commence un très gros tri… on va s’alléger !!!!!
* * *
Réponse de l'équipe LEO
Bonjour Katy,
Que d’aventures ! En effet, ceux qui appliquent véritablement leurs prises de conscience voient leur quotidien évoluer. Nous ne pouvons que t’encourager dans ce sens, en te confirmant qu’il est effectivement possible, même à partir d’une vie infernale, d’attirer à soi de nouvelles conditions de vie. Mais ces transformations sont loin d’être gratuites ! La vie nous pousse à conscientiser, parfois rudement, les croyances que nous transportons dues à nos mémoires et que nous devons lâcher pour aller de l’avant.
Comme tu peux t’en rendre compte, le travail sur soi au quotidien est intense. Pourtant, plus nous reconnaissons le chemin à emprunter pour sortir de la lutte (dans laquelle avec nos instincts primitifs, nous nous plongeons tellement naturellement !), moins nous sommes obligés de souffrir le martyre pour apprendre.
Tes enquêtes sont riches et dynamiques, et nous t’invitons à continuer à les partager.
Alors à bientôt !
Manifestation d'un esprit de la nature dans la roche.
Photo transmise par Katy
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