Dr. Michèle Serrand – La cétose contre la maladie d’Alzheimer

La piste des cétones

Les chercheurs ont montré que la maladie d’Alzheimer s’accompagne d’une diminution de l’utilisation du glucose au niveau des cellules cérébrales. Cette diminution est de l’ordre de 20 à 40%. Or, le glucose est le premier aliment du cerveau. La bonne nouvelle c’est qu’il y a une autre source d’énergie pour les neurones : ce sont les cétones. Grâce à une diète ciblée, la diète cétogène, on sait augmenter le taux de cétones dans le sang. Une part de ces cétones est directement utilisable par les cellules du cerveau. Lorsque les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer bénéficient d’une diète cétogène, on observe une amélioration de leurs performances cognitives et une diminution des troubles. Pour certains individus, l’évolution de la maladie est ralentie. Pour d’autres, elle est même stoppée. Malheureusement, pour d’autres encore les effets sont modestes. Mais, il n’y a rien à perdre à essayer et tant à gagner ! […]

 

En l’absence de glucose, les neurones ont la capacité de s’approvisionner en énergie à partir des cétones. […]

 

 

La maladie d’Alzheimer : un diabète de type 3 ?

 

Lorsque l’on observe l’activité du cerveau à l’aide d’appareils très complexes appelés Pet-scan, on s’aperçoit que chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, le métabolisme du glucose dans le cerveau est anormal : il est ralenti par rapport à celui de personnes non atteintes.

 

Ce même type d’anomalie se retrouve chez des personnes prédisposées génétiquement à la maladie avant même l’expression clinique de la maladie. On ne sait pas quel est le sens exact de cette observation : cause ou conséquence de la maladie ? Ce qui est sûr, c’est qu’il y a un lien entre la maladie d’Alzheimer et la difficulté d’utilisation du glucose au niveau cérébral. […]

 

Les personnes atteintes de diabète de type 2 ont 50 % de risque supplémentaire de développer une maladie d’Alzheimer par rapport aux non-diabétiques. […]

 

En 2005, une chercheuse, Suzanne de la Monte […] a observé que chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, les cellules cérébrales présentent une perte de sensibilité à l’insuline et que celle-ci s’aggrave avec la sévérité de la démence. Les cellules cérébrales deviennent en quelque sorte résistantes à l’insuline, ce qui explique qu’elles n’utilisent plus correctement le glucose.

 

Elle émet l’hypothèse que la maladie d’Alzheimer serait une forme de diabète du cerveau. La chercheuse parle de diabète de type 3. […]

 

 

Et si l’on apportait des cétones au cerveau ?

 

Si, dans la maladie d’Alzheimer, les neurones ne parviennent plus à utiliser le glucose comme source d’énergie, auraient-ils la capacité d’utiliser le carburant alternatif que sont les cétones ?

 

La réponse est oui : dans la maladie d’Alzheimer, les cellules cérébrales peuvent également utiliser les corps cétoniques et cela pourrait modifier le cours de la maladie.

 

Des études, tant chez l’animal que chez l’homme, sont parues dans plusieurs revues scientifiques au cours des dernières années et sont venues étayer cette affirmation.

 

Des études sur des modèles de souris développant une maladie d’Alzheimer de façon spontanée ont montré que les corps cétoniques freinent la maladie. A l’âge de 12-14 mois, de nombreuses plaques séniles se développent spontanément dans le cerveau de ces souris. En présence de corps cétoniques, les chercheurs observent une diminution de la protéine bêta-amyloïde.

 

Chez l’homme, à ce jour, seulement deux études cliniques ont montré qu’en augmentant la concentration des corps cétoniques dans l’organisme, on pouvait améliorer les performances cognitives de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer à un stade léger ou modéré. […]

 

C’est un premier pas très encourageant et la communauté scientifique ne s’y est pas trompée. […] [De nouvelles études] sont en cours et les résultats, vous vous en doutez, sont très attendus.

 

Les mécanismes qui pourraient expliquer cette amélioration des capacités cognitives ne sont pas compris à l’heure actuelle. Est-ce que les corps cétoniques réduisent la toxicité des plaques amyloïdes ?

Est-ce que les corps cétoniques sont utilisés comme « combustible » à la place du glucose que les cellules cérébrales n’arrivent pas à utiliser ?

 

De multiples hypothèses sont envisagées, mais une chose est sûre, c’est une nouvelle voie de recherche qui s’ouvre et elle est porteuse d’un grand espoir pour les familles.

 

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(Source : Extraits du chap. 3, Maladie d’Alzheimer, Et s’il y avait un traitement ?, 2014)

 

Note :
En guise de rappel, les Amérindiens mangeaient principalement de la viande, de même que les américains d’origine européenne avant la diabolisation des graisses saturées :

"Pendant ce temps entre 1898 et 1905, les Amérindiens du sud-ouest ont été observés par le médecin devenu anthropologue Aleš Hrdlička, qui a relaté ses observations dans un rapport de 460 pages du Smithsonian Institute. Les Amérindiens qu’il a rencontrés avaient un régime alimentaire principalement composé de viande, en général de viande de bison, et pourtant, comme Hrdlička l’a observé, ils semblaient avoir une santé spectaculaire et cela jusqu’à un âge avancé. Le nombre de centenaires parmi ces Amérindiens était, selon le Recensement de 1900 aux États-Unis, de 224 par million d’hommes et de 254 par million de femmes, par rapport aux seulement 3 par million d’hommes et 6 par million de femmes dans la population blanche. Bien que Hrdlička note que ces chiffres sont sans doute quelque peu inexacts, il écrit "qu’aucune erreur ne peut expliquer l’extrême disproportion des centenaires observées". Parmi les personnes âgées de plus de 90 ans qu’il a rencontrées, ”aucune n’était démente ou dépendante”."

Voir aussi : Une présentation du régime cétogène

 

Article extrait du site News of Tomorrow

 

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