Histoire de boucher ou de dévalorisation - par Galline

Me voilà partie au magasin, en quête d'escalope panée pour mon mari. Amadouée par sa gentille requête, je me retrouve devant le rayon boucherie et les escalopes sont présentées dans une boîte en plastique ! Rien d'alléchant. Je les trouve sèches (comme si elles n'étaient pas du jour). Quelle déception, je ne pourrais pas faire plaisir à mon mari, comment vais-je lui expliquer mon échec ? 

 

Je suis à mon insu pleinement manipulée par mon prédateur. Je retourne ma frustration devant l'homme de la situation que je prends pour coupable ! Je ne manque pas de faire remarquer l'état de la viande au boucher. Qu'avais-je dit  ! Je le sens piqué au vif, il rentre dans une explication sogrenue m'expliquant que le froid de son frigo assèche la viande, la rendant rouge et sèche naturellement. Il tente une explication en me faisant un parallèle entre l'action du froid et celui du soleil : plus on reste exposé, plus la marque est importante. Ce qui est étonnant c'est que la conclusion de sa métaphore va dans mon sens. Escalope rouge et sèche : viande qui a attendue !

Je ne me suis pas gênée de lui faire remarquer que la conclusion de son argumentaire allait dans mon sens ! Quelle joie d'avoir raison ! 

 

Il était humilié, il me dit qu'il ne pouvait pas me laisser sous entendre qu'il vendait de la M.... ! Il prit donc l'initiative de me mettre sous le nez la barquette d'escalope pour me prouver mon erreur et laver son honneur. Et là horreur, il y a eu à cet instant comme un voile qui se déchire, une opacité obscurcissant ma vision venait de se lever et je voyais la réalité : les escalopes n'étaient pas si "vilaines", pires elles étaient totalement "normales".

Je me posais même la question pourquoi je ne les achète pas ? Je suis restée figée devant le boucher, seule un "merci bonsoir" sortit de ma bouche. 

 

J'étais sous le choc, ma vision avait été trompée peut-être par la buée de la vitrine ? Ou par une subtile manœuvre de mon prédateur ?

Moi qui était depuis la parution de mes témoignages sur le réseau Léo dans la fierté de prendre mon prédateur à son propre jeu en le démasquant. C'était lui qui m'avait pris à mon propre jeu ! C'est un bon enseignement !

 

Mon arrogance, ma survalorisation avait créer ce canal de prédation. J'étais inattentive ce soir car je me croyais plus forte que mon prédateur, dans la croyance d'être "celle qui sait" car je venais de dénoncer au grand jour les ficelles de mon prédateur par le réseau Léo. Je souhaitais pousser plus loin ma démarche en reprenant dans un site intitulé le journal de Galline tous mes témoignages au fil du temps. 

 

Le boucher blessé continuait de se défendre auprès des clients suivants. Je repartais du rayon la tête baissée, en totale dévalorisation. Je sentais dans mon dos ses paroles critiques. Je me sentais désormais attaquée par lui, humiliée devant les autres pour "avoir parlée", pour avoir oser dénoncée l'état de la viande. A ce moment précis aucune prise de conscience du stratagème de mon prédateur, qui se nourrissait de ma gêne et de sa colère. J'entendais dans ma tête "tu vois, si tu parles au grand jour, voilà ce qui t'attend. Tu vas être incomprise, rejetée, invectivée, humiliée par les autres. Est-ce que ça en vaut la peine ?" Et bien, oui cher prédateur, c'est un bon enseignement que je vais partager à nouveau. 

 

Le partage, en langue des oisons est "la part de la tache" celle du Soi. Je réalise en témoignant ma part sur le chemin SDA et concrétise ainsi mon engagement vers cette voix. Il est temps que je prenne conscience/confiance de ma fiabilité. Je dois reconnaître et apprécier mon honnêteté et ma persévérance à toujours être attentive à une perte d'énergie et à en chercher la cause. 

 

Ma sur-évaluation, ma fierté ou ma sous-évaluation, ma déception crée un canal de prédation. Ma volonté de dénoncer a été parfaitement orchestrée par mon prédateur qui s'est ensuite régalé de ma culpabilité. Je suis passée d'un état de bourreau (de sur-confiance) à un état de victime (de sous-confiance) et cela en moins de 3 minutes.

Ce qui nous a aliéné (et créer notre lien) le boucher et moi, est bien notre dévalorisation instinctive à chaque pseudo "erreur". Je détecte notre posture commune de victime, celle liée à un sentiment d'échec dont on serait coupable.

 

"Dans la voiture qui me conduisait à la maison", l'idée de "mettre fait avoir" par mon Prédateur créée en moi une honte : "comment je peux me dire Léo en ayant été piégée de la sorte, moi qui témoigne, je risque d'induire en erreur les autres, si les Léos apprennent mes failles/erreurs ils vont me chasser !"

Je suppose qu'en ressentant cette peur d'être démasquée et rejetée je suis en train de me reconnecter avec un de mes alter, un autre moi dans une autre ligne temporelle. 

 

Ceci étant, selon moi, ma meilleure option pour sortir de mon état de victime est de communiquer. Témoigner m'offre une clarté d'esprit et un renforcement intérieur. A chaque nouveau récit, la force du Lion m'envahit un peu plus, et la sensation de victime s''effondre un peu plus. Je ne peux pas éviter la Prédation dans ma vie 3D, je peux apprendre d'elle.

 

En parallèle de cette compréhension : ce soir mon mari me parle de l'invectivation de sa chef à son égard. Il voit bien son double jeu, entre gentillesse, colère et culpabilisation. Pour la première fois je lui parle du prédateur. Comment le prédateur de sa chef utilise sa peur du cancer de son compagnon, l'amenant à ressentir "l'injustice de cette situation" pour la diriger vers la colère. Ensuite par ses postures, elle déclenchera la colère et l'indignation de mon mari "d'être traité d'une manière si injuste".

 

Cette expérience avec le boucher m' a permise de ne pas être dans la volonté de convaincre mon mari. Pour la première fois, j'ai été avec lui dans un partage honnête de mon point de vue (sans concession ou oubli volontaire du prédateur).

Autrefois j'aurai passé sous silence les ficelles du prédateur pour ne pas le froisser, mais surtout par crainte de sa réaction, d'être rejetée.

 

Aujourd'hui la force du Lion m'aide à être dans cet intégrité. C'est un bon début.

 

Galline (inscrite au cénacle - dépt 83)

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Commentaires : 1
  • #1

    Camille R (lundi, 04 septembre 2017 12:30)

    Viande rassie...

    Oui Galline ... Et en plus il est vrai que les « bons » frigos sèchent la viande, pour la bonne cause!!

    Pour info une viande bien "rassie" devient plus tendre et plus goûteuse qu'une viande trop fraîche et toute brillante. Seulement faire rassir la viande demande un temps de maturation plus long (pour le bœuf minimum 10 jours) pendant lequel la viande perd du poids en eau (1% par jour), plus de manutention aussi, ça revient plus cher… Dans les grandes surfaces, c'est pas de leur intérêt : vive le cellophane qui retient l’évaporation, et les viandes toutes fraîches !
    A noter : une viande stressée (issue d’un animal stressé) ne pourra pas rassir bien.

    Maintenant il y a aussi des boucheries fines (et des cuisiniers) qui se font connaître sur des temps de maturation élevés où la viande "travaille" plusieurs semaines.

    Expérimentons, goûtons…. bon chemin à toi !
    Camille R