L'état de nos prions (prison) — Le mal-être comme arme de soumission - par Galline

 

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Annexe de la partie 9 : 

 

Ma mère fait la "gueule" parce qu'elle n'a pas eu de moi, de sa petite fille ou de mon époux sa dose de gratitude de notre part en échange du cadeau d'habits fait récemment à sa petite fille. 

 

Mon époux m'a dit ce matin : "le plus dur avec toi c'est qu'un moment ça va et un autre c'est plus le cas. C'est pénible tu es une vrai sinusoïdale."

Il a raison un jour j'ai le moral, le lendemain je ne l'ai plus... A quoi cela est dû ? Je m'aperçois que faire la gueule, être triste, être désespérée est un moyen pour obtenir ce que je veux avec plus de facilité. J'utilise à mon insu l'apitoiement. Comment me refuser quoi que ce soit quand je vais si mal ?

 

L'autre ne veut pas être responsable de plus de souffrance donc il se plaît à ma volonté. Je m'aperçois que c'est une technique d'attaque pour repousser mon prétendant. Quand je suis joyeuse, mon mari ne comprend pas pourquoi je le repousse, refusant de faire l'amour car mon envie n'y est pas. Comment puis-je ne pas avoir envie de partager ma vitalité avec lui ? C'est bien cela, être sa source de joie. Je refuse d'être son vecteur de bonheur après une dure journée. Et ce sont ces moments de pansement sexuel que je refuse. Car son énergie baissant (en raison de la souffrance de sa journée de travail) je dois la remonter avec mon énergie (celle issue d'une journée respectueuse de mon être). Je ne peux pas être la solution à sa souffrance. C'est à lui de décider de mettre fin à son calvaire de salarié, pas à moi de l'aider à tenir dans sa prison. Je ne veux pas être complice de sa peur à changer de vie.

 

Alors je tombe malade, je suis triste... Ainsi je peux faire respecter ma volonté de refus de sexe avec plus de facilité. Dans le cas contraire quand je suis bien portante (physiquement ou mentalement), mon refus entraîne questionnement de la part de l'homme : "qu'ai-je fait pour mériter cela ? Pourquoi avec tout ce que je t'offre (les biens matériels) tu te refuses à moi ?...

Entre en jeu le confort matériel en échange du confort émotionnel qu'apporte le sexe. Je te donne l'un tu me donnes l'autre. Je ne peux plus continuer ainsi, je préfère perdre mon confort que continuer ce deal involutif pour nous deux.

 

Je m'aperçois alors que j'utilise ma tristesse comme une arme pour faire respecter mon droit à la liberté de mon corps. Je veux pouvoir choisir pour moi-même et par moi-même de m'ouvrir à l'autre (d'ouvrir mes cuisses pour l'accueillir en moi). Je veux faire l'amour pour une raison évolutive de partage non pour une raison de compensation d'humeur. Et je sens bien l'une et l'autre, c'est instinctif quand mon époux vient vers moi sans attente mon corps s'ouvre, je vais vers lui. Quand il vient avec une attente (se détendre, décompresser grâce à moi et à mon corps) je me referme et un mal au ventre se crée en moi, j'ai mal au coeur. C'est pour ça que je lui ai proposé que quand il a trop d'envie, quand il a besoin de décompresser de sa journée alors l'auto-câlin est une solution (car dans ces cas là il va chercher en lui - non chez l'autre - l'énergie de son apaisement).

 

Je n'aurai jamais imaginé que la raison de notre désarroi lié à la sexualité, soit lié à la souffrance qu'il endure au quotidien dans son travail. Finalement le piège du salariat est total, priver l'autre de sa liberté, priver l'autre de son plaisir. De victime il devient bourreau au point d'aller chercher sa dose compensatrice. Plus la souffrance est grande plus le besoin est grand. Cela pousse le partenaire à se retrouver sauveur sans sa dose, il doit affronter sa source de souffrance. Je me sens alors devant un choix terrible : le laisser souffrir ou l'apaiser. Je sais maintenant que cet apaisement est notre prison à tous les deux. Lui cela le maintien dans la souffrance de son quotidien, car la douleur qu'il endure étant apaisée (par le sexe avec moi), elle ne fait pas son travail de moteur pour l'aider à s'auto-libérer.

Moi je suis maintenue esclave sauveur ce qui affecte mon énergie vitale. Mon énergie (cumulée par mes choix de liberté) est alors réutilisée pour le maintenir en vie et non pour ma vie. Ce pose alors la question en moi : " à quoi "je" sers ? " Sous-entendu à quoi ça sert que mon énergie existe si elle est donnée en sacrifice à l'autre sur l'autel de l'amour. Mon âme crie l'alerte.

 

Mon dernier frottis vaginal parle de suspicion de cellules cancéreuses, de papillomavirus. En d'autres termes, j'ouvre mes ailes comme un papillon pour mon salut, non pour celui de l'autre. Que se passe-t-il si j'ouvre mes ailes pour l'autre, si je donne mes ailes à l'autre, j'en meurs. Voilà l'alerte qui me pousse aujourd'hui à refuser de me plier à toutes ces envies. Non à refuser le sexe mais à avoir le choix de venir vers lui quand je sens que l'énergie entre nous n'est pas une recherche de compensation.

 

Mais que va-t-il se passer entre nous puisque je refuse aujourd'hui de lui fournir cette dose ? Je me retrouve dans la posture de l'esclave sexuelle qui reprend sa liberté et se retrouve face à sa plus grande peur, oser s'opposer à son bourreau pour se respecter. Va-t-il voir que ses bourreaux (ses chefs au travail) ont fait de lui un bourreau à la maison ?

 

Je suis le messager, le révélateur du problème mais non la source. La source est dans son quotidien d'esclave dans un cadre idyllique (un port de plaisance) : l'enfer au paradis. Pourtant il refuse aujourd'hui de se voir victime, il a été conditionné à être vainqueur (merveilleux programme du prédateur) qui l'empêche de reconnaître son sort et de le faire valoir. Il est aujourd'hui harcelé au travail, des collègues lui ont conseillé l'arrêt maladie.

 

Pour l'anecdote le médecin psychologue conseillé est Freyria. En langage des oisons Freyria est entendu tel que "frère il y a". Quelle ironie... Il ne veut pas arrêter ce travail, il préfère se sacrifier qu'abandonner ces frères de travail. Pourtant la vie lui indique qu'on lui propose avec Freyria de retrouver la fraternité, l'entraide, l'aide vers lui s'il en fait la demande. La sortie est là mais c'est à lui de faire la demande d'être libéré de cette prison. Laura Knight dit bien : « chaque choix nous amène vers une autre réalité » Mais son programme fierté et combatif l'empêche d'y accéder. Un merveilleux verrou pour le tenir prisonnier et qu'à son tour il me tienne inconsciemment prisonnière.

Mais que se passe-t-il quand l'un des deux prisonniers s'échappe pour sauver sa peau ? Alors le système d'enfermement est mis en déroute - un élément manque est tout s'écroule - et se montre au grand jour l'état réel de la situation ! 

 


Ce qui est le plus étonnant, c'est qu'il m'a toujours dit qu'il serait prêt à tout si on s'en prenait à sa famille. Pourtant c'est bien ce qui se passe, ce qui lui font vivre m'affecte aussi mais d'une manière plus subtile, invisible. C'est une attaque d'un autre genre auquel personne ne nous a préparée ni informée, pourtant le moyen est invisible mais l'impact est réel.

Nos corps sont amoindris. Le sien avec sa hanche gauche qu'il ne peut plus pliée (une alerte de l'âme sur sa situation d'être prisonnier / de se plier). Le mien avec mon vagin qui crie l'alerte.

 


Il est temps de mettre de la lumière sur ce jeu de verroux et de prisons dans lequel nous sommes. Le titre est révélateur à la place de "l'état de nos prisons", j'ai écrit "l'état de nos prions". Cela indique bien que quand une prison n'est pas déprogrammée et donc un choix n'en découle pas pour en sortir concrètement. La prison invisible entraine la mort du prisonnier qui voyant son sort, crée dans un dernier espoir le prion. Sa dernière prière pour une réaction consciente de sortie de crise. 

 

En effet un malade est obligé de s'arrêter de travailler et donc sort inconsciemment de la prison. Wikipédia : Le prion dérive d'une protéine qui existe à l'état naturel chez tous les mammifères et donc chez l'homme. Pour une raison inexpliquée, cette protéine peut se replier et changer de forme, elle devient alors nocive et on l'appelle "prion".

 

Faut-il tomber malade pour réagir ? Parfois sortir de son sommeil - son ignorance et agir en conséquence - est si douloureux qu'il faut un réveil costaud. Je suis la preuve avec ma suspicion de papillomavirus que "le réveil énergique" est efficace.

 

Le prion n'est pas toujours nocif. C'est une belle métaphore pour montrer que le prédateur démasqué est enseignant et devient l'élément libérateur de notre prison. Sa présence dans ce cas stimule notre régénération. C'est le fameux décide ou décède. Décide de changer le prion te stimulera, refuse le prion t'anéantira.

 

« Le prion apporterait son soutien aux cellules souches.

Depuis la découverte, il y a une dizaine d’années, de la protéine prion et de son rôle dans l’ESB chez l’animal ou la maladie de Creutzfeldt-Jakob chez l’homme, les scientifiques cherchent à comprendre à quoi sert le prion à l’état normal. Une équipe apporte aujourd’hui une piste solide : les prions aideraient les cellules souches de la moelle osseuse, les cellules hématopoïétiques, à se diviser et à générer sans relâche de nouvelles cellules du sang et du système immunitaire. »

Source 

 

Galline (inscrite au cénacle dépt. 83)

 

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L'état de nos prions (prison) — Le mal-
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Commentaires : 3
  • #1

    Vyninho (lundi, 30 octobre 2017 06:14)

    Merci beaucoup pour l'interprétation de ton quotidien, il est plein d'enseignement et de connaissance intégré.
    Bonne continuation !

  • #2

    Arcenciel (lundi, 30 octobre 2017 10:30)

    Comme j'aurais souhaité lire ce texte 20 ans plus tôt !
    L'histoire de ma vie, de mon couple y est résumé d'une façon plus que limpide.
    Merci pour ce témoignage authentique qui m'apporte énormément

  • #3

    Vava (mercredi, 15 novembre 2017 23:21)

    Au fil de ce texte, je lis un passage de ma vie,
    Merci pour ce partage.