Ma prédatrice - par Virginie

 

J’écris ce texte suite à différentes prises de conscience qui ont dû faire leur chemin pour que l’information me parvienne plus claire ou me parvienne tout court ! L’information a pu traverser le brouillard grâce aux différents échanges qu’il y a eu parmi le groupe ces dernières semaines, à travers les conflits exprimés aux seins de chaque maison mais également à travers les émotions contradictoires que je ressens et qui m’ont permis enfin de commencer à dissocier mes pensées de celles de la prédatrice qui m’emprisonne dans sa guerre et ses peurs.

 

Pour une meilleure compréhension je vais faire un retour bref sur mon passé, sur mon histoire de ces 20 dernières années. Je vais tenter de ne relater que des faits.

 

Mon contact avec les hommes a été principalement basé sur la peur mêlée à une grande demande de sécurité. Pourtant aussi loin que je me souvienne la trahison à été le maître mot de ma relation avec le masculin. Premiers amours, l’unique couple durable que j’ai vécu tel un parcours du combattant dans lequel j’ai expérimenté humiliation, mensonges, enfant cachée hors mariage, relations sexuelles forcées, adultère : un véritable enfer psychologique ; ou encore mon père menant des actions derrière mon dos et enfin la levée du voile sur les attouchements subis durant ma petite enfance même si pour le moment je ne sais pas qui, où et quand. Mais ce que je sais aujourd’hui, c’est que chacun d’entre eux étaient et sont également pilotés par leur propre prédateur.

 

Il y a 4 ans, lors de ma séparation avec le père de mes enfants, j’ai été traversée par cette impression de pouvoir enfin prendre le contrôle de ma vie. Je ne me doutais pas à l’époque de la mise sur le trône de ma prédatrice qui à partir de ce moment a eu un contrôle sans limite sur ma psyché et donc sur mes pseudo choix de vie. Brimée et humiliée par les hommes, elle pouvait enfin reprendre les rennes et tisser sa toile. La crainte et la méfiance envers les hommes étant encore plus enracinée par les évènements de ma vie.

 

Parallèlement j’émettais le souhait de comprendre enfin le pourquoi de mon existence sur terre, le but de cette vie terrestre. Je me permettais d’écouter cette partie de moi qui me faisait comprendre que la vérité était ailleurs, ressenti difficilement explicable avec des mots. Ce fut le début de mes lectures sur le réseau LEO, la découverte des mondes transdimensionnels et de la prédation.

La découverte d’un travail intérieur diffèrent de ce que j’avais pu jusque-là découvrir. Aujourd’hui comprenant qu’il n’y a pas de hasard, la découverte du monde prédateur coïncide avec la prise totale de pouvoir de ma prédatrice, comme si elle souhaitait que je comprenne qu’elle était là, toute puissante et qu’elle voulait être reconnue, à travers son égo, comme étant la maitresse des lieux !

 

Ma vie relationnelle extérieure reflétait le pouvoir mis en place, elle n’a permis à aucun homme d’accéder à « notre intimité ». Sauf un, car c’était une voie sans issue et elle se savait en sécurité car il ne pouvait y avoir de futur possible, elle (ma prédatrice) me faisait croire, à travers les pensées qui me traversaient, qu’une vie sereine pouvait se faire sans homme. Aujourd’hui même le livreur ne passe pas la porte !

 

Depuis quelques jours je ressens une fatigue extrême et des douleurs physiques notamment à l’avant-bras droit. En me penchant sur les indices mis à ma disposition, j’ai ainsi pu faire le lien avec son combat contre le masculin. Un autre indice supplémentaire m’a été donné par une situation que j’ai vécu la semaine dernière : un après-midi je prends la décision de me balader seule dans la forêt aux alentour de mon domicile. J’avais cette impression de me faire enfin un cadeau longtemps repoussé car j’ai toujours eu peur seule dans les bois, je ne m’autorisais jamais ces moments de solitude bienfaisants qui m’appelaient. La balade était déjà bien entamée et je savourais enfin ce plaisir d’être en pleine nature et dans un doux silence, m’autorisant à m’arrêter de temps en temps juste pour contempler le paysage automnal.

 

Vers la fin, je me trompe de chemin et je dois faire demi-tour. A cet instant j’entends un vacarme énorme de quads et de motos cross, une véritable invasion qui se dirigeait tout droit vers moi. La déstabilisation a été totale, une peur viscérale m’a complètement envahie. J’en prends conscience et je m’immobilise en me centrant sur ma respiration et ne souhaitant qu’une chose, stopper cette peur que je ne connais que trop bien et qui m’a toujours pourrie la vie. Mais elle a été trop forte et le vacarme s’approchant de plus en plus, je me suis jetée dans les buissons, tapie, cachée et j’ai vu cet escadron passer devant moi. Je ne suis sortie de là que lorsque le bruit s’est fait lointain. Durant toute la scène, j’étais tout de même consciente que se rejouait des mémoires, de cette peur incontrôlable et quelque part de la stupidité de mon attitude. J’étais tellement désolée pour moi et très en colère de me mettre dans un tel état. J’ai tout de même réussi à finir ma balade, mais à l’affut, aux aguets.

 

Autres indices, depuis plusieurs partages que ce soit à l’Estagnol ou lors de la rencontre chez François hier après-midi, l’accent a été mis sur le fait de s’identifier aux pensées du prédateur. Cette remarque est très insistante au sein du groupe ces derniers jours.

 

Hier soir, arrivée chez moi je vois ce film de ma vie au contact du masculin défiler dans mon esprit et enfin j’ai pu voir SES pensées, celle de ma prédatrice qui entretient cette peur qui m’habite depuis des lustres. Ce ne sont pas mes pensées, cette peur lui appartient. C’est son combat, sa colère.

 

Comme je l’ai partagé, je suis fatiguée de cette lutte, je n’aspire qu’à une chose : retrouver un équilibre féminin-masculin, une confiance commune. Je ressens cette nécessité de m’ouvrir de nouveau à lui, renouer le contact. Cette partie me manque. Mais pour ça il me fallait me désidentifier de ses pensées de peur et de méfiance à elle !

 

Elle a une emprise incroyable sur ma psyché, et la culture de la peur des hommes est la faille par laquelle elle s’engouffre et instaure sa suprématie. Je me rends enfin compte de quelle manière elle a dictée ma vie, et j’en ai eu le vertige lorsque j’ai vu la toile immense qu’elle a tissée, me faisant croire que je serais toujours une proie face aux hommes. J’étais surtout sa proie, et à travers cette blessure béante savamment entretenue, elle me soutire jour après jour de l’énergie.

 

J’ai beaucoup pleuré et je lui ai parlé. Je ne serais pas son alliée dans ce combat même si je comprends sa colère. Je ne lui en veux pas de m’avoir utilisée étant inconsciente de sa présence mais maintenant c’est terminé. Le jeu est fini, l’ayant mise à jour, je peux enfin comprendre cette réalité que je faisais mienne jusqu’à aujourd’hui. Je laisse tomber les armes et même si je sais que plus de discernement et de vigilance seront de mise dorénavant, j’entrevois avec soulagement une autre réalité d’existence que je peux me proposer et qui rejoint cet appel que j’ai au fond de moi.

 

Cette compréhension me permet également de mettre à jour cet alter petite fille, qui venait me soulager lorsque ce monde de femmes était trop dur. Elle, qui ne voyait pas le mal chez l’autre et qui innocemment se laissait le droit de faire confiance à l’autre.

 

Merci aux membres du réseau LEO, car c’est grâce au travail individuel et commun que je peux moi aussi avancer.

 

Virginie (11)

 

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