Partie 3 : Retard, justification, culpabilité, prédation - par Galline

Pdf en bas de page

(Envoyé le 16 novembre 2017) Voir : partie 1 ; partie 2

 

Je me percevais autrefois et me décrivais dans mes textes comme la victime incapable d'agir, soumise à la prédation d'autrui, alors que j'agissais à ma manière avec toutes mes capacités de prédatrice. Je décris cela dans le texte la prise de pouvoir de la victime.

 

Mon prédateur s'immisçait donc dans mes témoignages en m'incitant à me voir uniquement dans ma posture de victime soumise, et donc à exacerber le caractère tragique de mes aventures pour être soutenue par le réseau ? Pour être plainte ? Ce qui expliquerait pourquoi certains lecteurs ont pu être réticents à lire mes textes. Sentaient-ils cette prise d'énergie sans peut-être pouvoir la verbaliser ? Ou étaient-ils hypnotisés par mon prédateur pensant : ouaaah le courage qu'elle a de faire ça. Ils pouvaient tomber dans la posture de fan, ce qui a pu éclipser leur intention de me démasquer dans ma part prédatrice.

Dans tous les cas, ils apprenaient ainsi des postures qu'ils connaissent peut-être, à savoir l'écrivain en recherche de public ou le fan passif dans sa propre existence. 

 

Muriel S l'exprime d'ailleurs très bien quand elle écrit : "Et dire à Galline que je commence toujours la lecture de ses témoignages en étant agacée, pour finir par comprendre que c'est l'effet miroir de ce que ça me renvoie qui m'énerve. De toute façon quand je lis une question, un témoignage, le visionnage d'une vidéo et que je sens monter de l'agacement, c'est que je dois être attentive, quelque chose est pointé vers moi et la prédation n'aime pas bien sûr, alors c'est très bien."

 

J'intégrais enfin la remarque des Léos : "attention à ne pas tout voir en noir, il y a un caractère d'enseignant à tout cela." 

L'équilibre en moi s'est restauré : j'ai compris que je vis toujours en même temps deux situations (ou dans un même contexte deux postures) pour ne pas avoir à faire de choix entre toutes les parts de moi-même. Ainsi dans une situation, je peux voir que je suis à la fois incapable et capable, victime et bourreau. Si je suis tout, je ne peux plus juger de ce qui est bon ou mal en moi, car je suis le mélange des deux sans distinction. Il n'y a plus d'ombre ou de blanc juste une combinaison.

 

Malgré cette avancée sur l'énergie de victime cachée derrière ces quatre récits, les textes étaient encore dans mon ordinateur. Avaient-ils encore des choses à me dire ?

 

La deuxième énergie qui s'y cachait (que je refusais de voir dans mon écriture) était celle du sauveur. 

 

Je me cachais derrière la posture de bon élève, de "membre dévoué à la cause" pour ne pas voir que mon "travail", l'écriture de mes textes, nourrissait aussi une énergie égotique de recherche de reconnaissance. 

 

Bien sûr mon intention est, et a toujours été, de partager mes connaissances (dans une volonté d'orientation SDA), mais une partie de cette énergie était récupérée par mon prédateur. 

 

J'avais, depuis un an exactement, cessé d'être thérapeute refusant d'apporter "l'aide" aux autres par le biais de mes dons (de voir les alter) car cette énergie de sauveur était alors manipulée par mon prédateur (source d'enrichissement et d'un réseau de clients dévoués). 

 

Aujourd'hui, je me persuadais que cette énergie de sauveur que je sentais toujours active en moi, ne s'opérait qu'avec ma famille de sang. Je me persuadais que je ne me comportai pas comme un sauveur avec les Leo, ma "fille d'âme" (je voulais écrire famille d'âme). 

 

Pourtant, tous les indices étaient là. Je vois bien avec qu'elle attente je regardais chaque jour la page news du site Leo, espérant y voir mon "article". L'emploi du mot article me fait penser à ce rêve d'enfant d'être reconnu pour mon talent, adulée pour ma capacité de "dénonciatrice du mal", tel un enquêteur qui travaille avec sa plume. C'est d'ailleurs la définition que j'avais du métier de journaliste (le métier d'un de mes alter).

Aujourd'hui, ma volonté de sortir de la matrice est totale. Cependant cela crée une profonde douleur de désintégrer doucement l'identité professionnelle. 

 

Le plus dur est la perte de l'adulation d'autrui (le sevrage de mon prédateur à une de ses sources d'énergie préférée). Être rien (rien de catégorisé pour la matrice SDS : notre système économique).

La valeur sociale que nous donne autrui est souvent liée à la fonction que l'on a pour le système et dont il profite directement ou indirectement. Pourtant travailler pour ce système me devient impossible et quand c'est le cas, je ressens des troubles immédiats physiques, psychiques, énergiques : mon corps et mon âme disent stop. Donc malgré cette certitude que ma place n'était plus dans ce système, cette place me manquait.

 

J'ai réalisé pour ma fille un collier en perles. Et quelle fierté quand elle a décidé de le mettre pour aller à l'école. J'espérais que quelqu'un voit mon travail et m'en félicite, que je sois source d'inspiration pour lui. Et inconsciemment, que lui soit source pour ma part prédatrice de nourriture à travers son énergie de fan de mon travail qu'il m'accordait.

Ce fut le cas, l'une des maîtresses m'interrogea sur ce collier. Je lui fis part de mon travail créatif avec une grande joie que l'on s'intéresse à moi. Elle aimait l'idée de ce travail manuel avec des perles. Peut-être une possibilité de cadeau de Noël pour sa fille se disait-elle. Elle me demanda tous les renseignements nécessaires : quelles perles j'utilisais, selon quelle méthode. Je lui donnais toutes ces informations et lui proposais un soir, le temps de la garderie des enfants de 17h à 18h, de lui montrer comment faire.

 

Elle me répondit que ce n'était pas utile, il devait bien exister des vidéos YouTube pour qu'elle essaye par elle-même. (Elle avait la même attitude que moi. Quand j'ai découvert le tissage de perles, je m'étais dit : "je vais essayer par moi-même avec des vidéos sur internet". Je me suis fais confiance, j'ai cherché et trouvé ce qu'il me fallait.")

 

J'étais déçue, frustrée de ne pas avoir de place dans sa découverte. Elle me renvoyait sa volonté d'autonomie. En effet, par mon insistance à lui montrer comment faire (sans qu'elle me le demande), je mettais en doute sa faculté à y arriver par elle-même donc j'impulsais sur elle une vision dévalorisée de ses capacités, et sur moi la vision d'un sauveur qui pouvait lui montrer le chemin (la technique). Sauf qu'elle, sa vision d'elle-même et de ses capacités étaient "intactes", confiante. Donc mon impulsion, mon jugement sur elle, elle l'a ressentie mais cela n'a pas ébranlé sa conviction intérieure, car elle n'avait en elle pas de brèches (pas de vie d'alter dévalorisé en de telles circonstances). Mon énergie de prédateur n'a donc pas "pris".

Cet échec prédateur sur elle, a alors révélé ma propre brèche. Vouloir prendre de la place dans la vie d'autrui car je n'arrive pas à bien conscientiser mon "rôle" dans ma propre existence. 

 

Pourquoi suis-je là ? Jusqu'alors je pensais que mon travail était de débusquer mon prédateur, mais ce n'était que la moitié de ma tâche. Il me restait après avoir débusqué sa prise d'énergie, à voir l'alter en détresse. Quand je restais bloquée sur la prise d'énergie et que je n'arrivais pas à percevoir mon alter, j'étais frustrée de ne pas comprendre et compensais en aidant autrui. Mais cette posture de sauveur m'amenait aussi à combler ce vide de compréhension sur mon alter. Autrui devenant le mime de l'alter que je ne percevais pas. 

Donc je suppose que quand j'ai une vision globale de la situation (le prédateur + l'alter) je n'ai plus besoin d'imposer mon aide à autrui (sans qu'il me l'ait demandé, juste parce que ça me soulage d'être utile pour apaiser ma frustration de pas comprendre ce que je vis).

 

Sur le réseau Léo, je vois bien ma fierté à voir la quantité de mes textes sur ma page. Je perçois alors mon besoin de place. D'ailleurs le jour où les Léo m'ont offert une place dans le site pour mes témoignages je me suis dit : ça y est moi aussi je suis un Léo, j'ai ma place parmi eux. Ils m'ont d'ailleurs souhaité la bienvenue. Chose que je n'avais pas ressenti dans ma famille : être la bienvenue parmi eux. Leur bienveillance m'a donné la force d'écrire et de me dévoiler.

Cependant une remarque de mon époux m'a permis de voir que ce besoin de place (autrefois utile à mon évolution) alimentait maintenant ma part d'égo prédateur et là, j'avais quelque chose à voir... C'est mon époux qui a été le révélateur, il m'a dit : "Qu'est-ce que c'est long tes écrits !" Pourtant quand je le questionnais sur ce qu'il pensait être superflu il ne savait pas quoi me dire, au contraire tout d'un coup tout lui paraissait utile, je disais les choses de milles manières différentes pour que chacun les comprennent.

 

Je sentais qu'il avait mis le doigt sur une énergie sous-jacente à mes textes. Je ne faisais jamais de petit commentaire (je me disais alors : "trop succinct pas assez compréhensible pour aider l'autre"), ma part prédatrice m'incitait a toujours faire des longueurs... Par la longueur il y avait une volonté inconsciente de tenir le lecteur en haleine, en spectateur reconnaissant. 

 

En effet, j'attendais patiemment de voir mon travail s'afficher (en recherche de reconnaissance) et quand il était publié venait immédiatement la peur. Je n'osais pas me relire ou même cliquer sur la page (la peur du regard d'autrui). Tout cela sont des signes de mon besoin d'être gratifiée par le jugement d'autrui. D'ailleurs, ma part prédatrice trouvait les commentaires sur mon travail (signes de gratitude face à "l'immensité" de ma tâche) trop peu présents. Et heureusement, car leurs absences me permettaient de ne pas tomber dans l'égo prédateur, insolent, supérieur ; juste de voir à quel point mon égo était encore orienté domination sur autrui (je suis là pour leur apprendre), pour me rassurer sur mon utilité sur terre. 

 

J'ai été d'ailleurs blessée (dans mon égo prédateur) quand Muriel S avoue ne pas être sous le charme de mon écriture mais en colère. Une mémoire d'un alter écrivain, bourreau des cœurs ? Aurait-elle été une femme éconduite, qui préférait se complaire dans l'illusion de mes mots, plutôt que de voir ma fourberie à son égard et devoir remplir son coeur d'une autre forme d'amour, l'amour d'elle-même. Accepter d'être adulée était peut-être pour elle une manière de combler sa dévalorisation (due à sa blessure non réglée) et pour moi une manière de créer de faux sentiments pour ne pas contacter par ma part féminine (être honnête dans mes ressentis).

 

Je ris à l'écriture de ces mots car je vois que le réseau est aussi le lieu d'un équilibrage. Tous les lecteurs représentent nos alter et nos interactions avec eux. D'ailleurs le commentaire de Vava à la suite d'un de mes textes le dit clairement : "Au fil de ce texte, je lis un passage de ma vie, Merci pour ce partage."

Je suis un passage de sa vie, un morceau, une fractale d'elle-même : un de ses alter. 

 

Mon sentiment de sauveur persistait à travers mes textes car il y avait Muriel S dont l'énergie ramenait à ma conscience cet alter non vu, écrivain en attente de son rachat pour ses actes de "bourreau des cœurs" (Love bite). 

 

Il y avait aussi Eliane. Dans son texte « G aka la Prima Materia aka l’ADN — Transe-pire : élève les liquides et Deviens qui tu es ! », elle me consacre un paragraphe dont mon nom est le titre :  « Galline. Je lis le journal de Galline (partie 9.3). J’ai remarqué que nous étions souvent en parfait écho et une fois de plus, son texte sur la lovebite et les mémoires d’esclave me parle. »

 

C'est comme si j'étais une source d'inspiration pour Eliane. Serais-je dans un de mes alter, une muse en attente d'être plus, d'avoir sa reconnaissance ? Un alter qui désire ne plus être vue que pour sa beauté (dans le texte qu'elle écrit elle cherche une explication à ses tâches blanches qui la défigurent) mais également reconnue pour son intelligence, sa dialectique ? 

La présence et la démarche de recherche d' Eliane auprès de moi (mon travail), me rappelle l'énergie d'un enfant qui revient vers sa mère. Nos alter partagent-ils un lien mère-fille dans un autre espace ? Je me sens proche et pourtant loin d'elle. Suis-je sa mère décédée dont elle lit le journal intime en son absence pour que cela l'éclaire sur les incompréhensions de sa vie ?

 

Je comprends alors pourquoi une énergie de sauveur persiste à travers mes textes, c'est la mienne encore non vue (rêve d'écrivain, de journaliste) et celle de mes alter. Mes alter sont représentés par les lecteurs du réseau qui projètent en la recherchant cette énergie sur mon travail. Comme Eliane qui si elle est connectée à cet alter de petite fille orpheline de sa mère peut se dire : "les textes (de Galline qui représente mon alter mère) vont me sauver." 

 

Je perçois par télépathie l'énergie de sauveur posait sur mes textes et à ce moment-là cela correspond à ma propre volonté d'être un sauveur, car "j'aime encore cette posture prédatrice". Donc j'accède à cette demande invisible à ce moment-là qui correspond à mon souhait intérieur (inconscient). 

 

Aujourd'hui, je ressens cette demande de sauveur mais mon Soi est au commande et m'ayant donné une vision plus élargie de la situation, cela entraîne un choix de ma part : mon refus d'être sauveur. J'applique et je fais un choix de posture différent. Ici, un choix d'écriture différent où mes actions sont présentées de manière moins héroïques. En d'autres termes mon style d'écriture tend à être plus objectif en orientation SDA. 

 

Autrefois le style de mon récit était d'orientation SDS (héroïque, tragédique) visant à m'embellir, je suppose dans le but de me revaloriser face à ce défi de dévoilement de mes programmes abus. Un "beau style" pour un sujet sur ma "part d'ombre". 

 

Aujourd'hui ma valeur de moi-même étant rétablie - je juge de moins en moins mes actions bien ou mal - je n'ai plus besoin de ce subterfuge prédateur (bien qu'autrefois utile pour ne pas sombrer dans la dévalorisation de moi-même)".

J'ai l'impression que la construction complexe de cette phrase vient de mon alter écrivain du XVIIIème siècle. C'est littéralement lui qui vient de s'exprimer ! 

 

En conclusion : je peux avoir désormais un récit dont le sujet est d'orientation SDA (dévoilement du prédateur et des alter cachés) avec un style d'écriture d'orientation SDA (objectif). Un alignement se fait entre le fond et la forme.

Je consacre le maximum de mon temps et de mon énergie à la compréhension de mes mécanismes et jusqu'alors je ne voyais que des mécanismes d'abus en moi (le sauveur abus) mais j'ai peut-être aussi des mécanismes évolutifs : respectueux d'autrui. Je peux débusquer les deux programmes en moi, ceux involutifs et ceux évolutifs car je suis le mélange des deux. A moi de trier le bon grain de l'ivraie.

 

Quel serait cet automatisme SDA en moi que cachait le sauveur abus ? 

Je ressens en moi, un aspect maternel évolutif, peut-être une version SDA du sauveur "si je puis dire". L'emploi de la phrase "si je puis dire" en fin de ma pensée est typiquement une forme d'expression de mon alter du XVIIIème siècle. Pourquoi sa présence, que veut-il me faire comprendre ? 

 

Je saisis son message télépathiquement (je me familiarise peu à peu avec ce canal de communication). Mon alter utilise les mots pour cacher des informations, les laissant ouvertes seulement aux consciences prêtes à les accepter (et donc capables de comprendre le double sens de ses textes). Je l'entends me dire : "tout n'est pas bon à dire à celui qui n'est pas prêt."

 

Mon refus d'envoyer mes textes cacherait-il le même message ? J'attends le bon moment pour que l'information puisse être lue. Le "bon moment" coïnciderait avec l'état de conscience des lecteurs prêts à "accepter" en leurs existence (c'est à dire voir chez eux) ce que mes textes révèlent. 

 

Quand je me sens prête à transmettre les textes aux Léo pour leur publication c'est que ma Supra-conscience m'a donné le feu vert, car elle seule sait l'état de conscience dans lesquels nous sommes (moi et les lecteurs du réseau) et ce que nous pouvons digérer pour appliquer concrètement.

 

Les envoyer trop tôt reviendrait à ce qu'ils soient entendus mais non-compris : que la connaissance qu'ils transmettent soient non appliqués. De la même manière je lis un texte quand je suis "prête", pas d'urgence comme le dit Camille (Témoignage 284, Décide ou décède).

 

Je télécharge l'information par télépathie avec un de mes alter qui a une conscience plus élargie de la situation que moi au moment où j'écris. Je suis alors un simple scribe. L'information est alors un savoir non une connaissance, car l'information n'a pas été encore expérimentée par moi-même seulement par mon alter. Donc pour respecter mon souhait de témoin : celui de transmettre ma connaissance une fois expérimentée et non un simple savoir théorique (mental), je vis des situations dans mon quotidien en lien avec ce que j'ai écrit jusqu'à ce que ce que je vive, me permette de ressentir en moi cette information.

Ce temps d'arrêt (en attente d'envoi) est le temps expérimental qui m'est nécessaire à vivre l'information pour avoir mes propres expériences et non me calquer sur celle de mon alter (ces expériences transmises sous forme de visions). Mon texte, ce sont des visions d'alter soumises à mon vécu.

La volonté d'un bon timing est donc une orientation SDA. Et ce bon timing est "automatique", non sous notre contrôle mais celui de notre Supra-conscience. 

 

Ce matin j'ai vécu une situation qui exprime parfaitement cette idée. J'arrive devant un parking, il est fermé, il n'ouvrira que dans 45 min, il est donc trop tôt pour que j'y accède. Je me dirige donc vers le second, il ouvre dans quelques minutes. Pourtant quand je m'approche de la barrière qui est fermée tout naturellement jusqu'à l'heure indiquait, une angoisse m'envahit, on m'interdit l'accès, pourquoi ?

J'appelle le PC sécurité pour plus de renseignements sur la raison de cet empêchement qu'on me fait subir (notion de victime). Il m'explique que cela ne vient pas de moi, la barrière s'ouvrira automatiquement à l'heure dite, à moi d'attendre, même lui n'y peut rien (sous-entendu mon prédateur qu'il représente est bien lui aussi soumis à un timing automatique sur lequel il ne peut rien).

Je patiente, une voiture se met derrière moi, j'ai la sensation qu'elle me demande d'ouvrir le passage par sa simple présence, je dois agir (notion de sauveur) mais je ne peux rien. J'accepte alors mon impuissance et m'en remets au timing de l'heure (l'horloge symbole de ma Supra-conscience qui au bon moment ouvre la porte pour mon passage ?). L'heure arrivée, je monte vers le "ciel", au niveau aérien du parking, et j'attends à nouveau l'heure d'ouverture du magasin (utilisant ce temps pour écrire cette anecdote !).

 

Cet arrêt de ma part freinant la publication de mes textes peut être vu du point de vue SDS comme un échec : un retard, ou d'un point de vue SDA comme de la patience. 

 

Cette notion de patience me fait penser à l'exercice du chaman qui applique ce qu'il sait et accepte le temps qui lui est offert (un arrêt de la situation) pour expérimenter plus en profondeur (pour avoir une conscience plus élargie de ce qu'il vit).

 

Je repense à une phrase de Sand (que je retranscris de mémoire) : "c'est celui qui a la conscience la plus "élargie", la plus globale de la situation qui doit agir."

 

Il me vient une scène que j'ai vécue récemment. Anna vient me voir, elle est très fière. Elle a coupé sa clémentine en trois parties, qu'elle a mis dans trois bols différents. Et compte devant moi : 1, 2, 3. Je ne peux pas m'empêcher de lui enseigner un savoir supplémentaire (les fractions). Je lui dis : "tu vois, c'est un des trois bols, et là c'est deux des trois bols. On dit alors un tiers ou deux tiers." Elle se met en colère et me dit : "c'est bon !" Et s'en va avec les bols de clémentines. 

 

Ces trois parts pouvaient aussi représentés les trois parts de nous-même le corps, le coeur et l'âme. Peut-être était-ce elle qui venait m'offrir une information de manière ludique et symbolique ? Mais j'étais tellement obnubilée par le fait que c'est moi qui enseigne, c'est mon rôle (d'aidant), que je ne me suis pas ouverte à son message car il n'avait pas la même forme que le mien. Son message était visuel par la présence du fruit, le mien auditif par la présence du mot. Le mot a plus de valeur à mes yeux à ce moment-là que son exemple plus matière (via la présence du fruit). Ma préférence va aux mots car parler est ma spécialité.

 

Dans cette situation, je perçois qu'elle n'était pas prête à entendre, je me suis tue. Oh cette phrase révèle la présence de "mon égo enseignant" dominateur. Ma part prédatrice s'exprime, car en réalité c'est ma fille qui m'a fait taire sentant ma prise de pouvoir sur elle "moi qui sait". Je me suis "tue" avec une frustration de ne pas pouvoir transmettre plus, dans la peur de ne pas savoir quand mon savoir serait offert en partage. 

 

La présence de ce mot "tue" du verbe tuer (un hasard de frappe) dans ma phrase, est-ce un lapsus révélateur d'une mémoire d'un alter mort avant d'avoir pu transmettre à ces contemporains ce qu'il savait ? Cela expliquerait-il l'importance que je donne à mes textes sortes de traces de mon existence ?

L'expérience de cet alter mort (expérience transmise jusqu'à moi via notre ADN commun) est celle d'un homme qui est mort "silencieux" sans avoir pu s'exprimer. Sa souffrance d'avoir dû taire ce qu'il savait expliquerait-elle mon besoin absolu que mon témoignage soit lu ? Et mon affection pour les mots, mon plaisir de transmettre par le mot (oral ou écrit), serait-il lié à cette mémoire ?

 

A la lumière de cette compréhension, je dois aussi accepter que ce n'est peut-être pas par moi que "ce savoir" sera transmis, et que peut-être je gardais le temps nécessaire cette information en moi jusqu'au temps "mûr". 

 

Me taire n'est donc plus un échec comme le percevait cet autre moi, sa perception n'est plus mienne. Ce que mon alter ignorait, c'est que le temps propice des révélations peut se situer en cette vie, en cet espace-temps ou dans un autre. 

 

Je m'explique, mon alter écrivain du XVIIIème siècle m'a transmis cette information "du double sens des mots, de l'énergie qui peut se cacher derrière un texte" qu'il n'a peut-être pas révélée à ces contemporains, car leurs connaissances et donc leur niveau de conscience n'est pas adéquat, n'est pas proche de la sienne. Or moi, ma conscience ici et maintenant, est proche de la sienne donc je peux recevoir l'information car je sais quoi en faire (comment l'appliquer). 

 

Je pourrais me dire que cette information a attendu plus de 250 ans pour être exprimée mais ce serait percevoir l'information comme de la matière soumise au temps linéaire que je connais. L'information est quantique (ne connaît ni le temps, ni l'espace) donc au moment où mon alter l'a pensé, je l'ai reçu via notre ADN commun. Notre ADN est un peu l'internet entre alter. 

 

La vie est comme un mille feuilles à découvrir... Il y a la crème entre les feuilles (le prédateur entre les vies d'alter). Et on croque dedans. Quelle richesse. Je pense que c'est une vision de la vie d'un de mes alter pâtissiers !!!

(Après cette phrase, mon écran portable s'éteint comme pour m'indiquer "jeu stop et fin". Plus d'énergie, il n'y a plus rien à voir.)

 

Bonne quête à tous.

 

Galline (inscrite au cénacle dépt. 83)

 

 

Télécharger
Partie 3 - Retard, justification, culpab
Document Adobe Acrobat 110.9 KB

Écrire commentaire

Commentaires : 1
  • #1

    Isa (dimanche, 26 novembre 2017 20:46)

    Je pense qu'au-delà de l'ego, tes partages sont là pour décrire ton expérience, que peut-être plusieurs vivent ou ont vécu et pour lesquelles ils peuvent avoir une explication (quelquefois il m'est arrivé "enfin" de voir que je n'étais pas folle et que ce que j'avais vécu s'expliquait).
    Donc merci simplement pour tes partages, même s'ils sont qqfois un peu tarabiscotés d'explications.
    Qqfois je parle de qqch à qqn, je ne sais pas pourquoi, et j'ai eu des réflexions genre "ah merci je viens de comprendre qqch". C'est toujours intuitif qd ça arrive.
    On pourrait faire le parallèle avec le collier, tu lui as donné les éléments (qu'elle avait peut-être ou peut-être pas demandés?), donc loin d'elle l'idée de te demander plus.