Psychogénéalogie, imbrication et intrication - Pierre Kerroch

Commentaire du Réseau LEO : Cet excellent article de Pierre Kerroch sur les prodiges de la "psychogénéalogie familiale", explique le sens des stigmates physiques, émotionnels et psychiques (de l'entité corps-âme-esprit que nous sommes), qui nous assujettissent à l'arbre généalogique de nos ascendants. 

Nous rajouterons simplement que ces liens "karmiques" (généalogiques/gènes de la logique), sont souvent aussi d'origine transdimensionnelle. Ils nous attachent non seulement à notre passé, nous lient à notre futur, mais proviennent également d'autres densités de réalité ou d'existence. 


Publié par Pierre Kerroch

 

Voici un article très librement inspiré du livre : se libérer du temps généalogique — comment déprogrammer son destin par la psychogénéalogie — Élisabeth Horowitz — Pascale Reynaud.

 

On répète les secrets de famille pour en prendre conscience et les régler. Quand un fantôme vit dans une maison hantée c’est pour une bonne raison. C’est parce que c’est une âme qui n’est pas en paix. Alors elle erre et tourmente la famille. Elle obsède et possède les esprits de ceux qui habitent la maison, en parlant par leur bouche, en agissant à travers eux, et en semant des catastrophes. Tant que le fantôme n’est pas en paix, nous ne sommes pas en paix.

 

Pour te faire une idée de la psychogénéalogie, je pense que tu peux regarder un film d’horreur en ayant à l’esprit que la maison hantée est ton corps, ta mémoire familiale.

Avouer un secret familial libère à la fois celui qui le dit et celui qui l’entend. En psychogénéalogie, quand quelqu’un se libère on remarque que c’est libérateur pour tout le monde.

 

Il y a autant d’atomes dans une molécule d’ADN que d’étoiles dans notre galaxie : 100 milliards. Tu es aussi 100 milliards de personnes différentes dans ton corps.

On a ce qu’on appelle le cumul des rôles, par exemple avec la parentification. La parentification c’est quand l’enfant prend le rôle de parent : il s’occupe de sa mère ou de son père, de son frère ou de sa sœur, voire de plusieurs à la fois.

 

Ça peut arriver quand le parent s’infantilise, et se déresponsabilise, en donnant le rôle de parent à un enfant qui s’occupe de la famille. L’enfant est à la fois mère ou père, il a donc un cumul des rôles. Ça créé une confusion généalogique et une crise d’identité, qui peut entraîner entre autres des désordres ou des catastrophes dans la vie émotionnelle, ou encore des fausses couches et des infanticides (tuer l’enfant).

 

Il y a un truc très important en psychogénéalogie, c’est l’introjection et la projection. L’introjection est qu’on absorbe le monde extérieur et on en fait notre monde intérieur, la projection est qu’on envoie notre monde intérieur sur le monde extérieur. C’est une boucle. Avant notre conception, pendant notre conception, pendant notre gestation, pendant l’accouchement, pendant notre enfance, nous absorbons les événements, les désirs, les sentiments, les idées de notre entourage : c’est l’introjection.

Dans le même temps, puis quand on est adulte, on va projeter toute cette vie sur le monde extérieur, sur les événements, sur les autres, nos amis, nos collègues, les institutions, notre femme, nos enfants, etc : c’est la projection. Et c’est pour ça que nous répétons les relations qu’ont eus nos arrière grands parents, nos grands parents, nos parents, nos frères et nos sœurs, parce que tout ça nous a été transmis, pas forcément de façon verbale, consciente (intergénérationnelle) mais de façon non verbale, inconsciente (transgénérationnelle). De ces deux processus inséparables et en boucle permanente, découle la psychogénéalogie, la plupart des choses qui nous arrivent dans notre vie.

 

Je me rappelle que pour Nietzsche l’âme est une partie du corps, et que pour Blake le corps est une partie de l’âme. Je pense que les deux propositions sont vraies. Je suis un corps qui a un esprit, mais je suis aussi un esprit qui a un corps.

Nous sommes des êtres humains qui vivons une expérience spirituelle, mais nous sommes aussi des êtres spirituels qui vivons une expérience humaine. Mais pour moi, les mots divisent l’expérience qui, elle, est forcément une. L’expérience est vraie quand l’expérimentateur a une place dedans, voire disparaît dedans. Le scientifique disparaît dans son intuition, le mystique disparaît dans son extase, le philosophe disparaît dans son illumination (eurêka!), l’artiste disparaît dans son œuvre. Ils ne sont plus qu’un cristal transparent qui laisse passer la lumière, quand l’univers se révèle à la conscience, quand il exprime sa vérité, qu’on perçoit par la beauté. Plus la lumière brille, moins on voit l’ampoule. Nous sommes seulement des fils conducteurs, des transmetteurs, des médiateurs, des convoyeurs de conscience.

 

Le prénom est un mantra, une formule magique, qui invoque et évoque quelqu’un ou quelque chose. Si j’épouse un homme qui a le même prénom que mon frère, disons Armand, à chaque fois que je nommerai mon mari, je nommerai mon frère. Dans mon imagination inconsciente, le nom évoquera mon frère. C’est la même chose quand on donne à un enfant le nom d’un grand père. Si ce grand père est un héros de la famille, soit il va être un appui pour l’enfant (image positive qui le soutient) soit un handicap (modèle insurpassable).

 

Dans les deux cas, il s’agit d’une prise de pouvoir sur l’enfant, il n’a pas pu choisir ça. Notons que tout ça se passe dans l’inconscient, si on n’est au courant de rien, ça marche encore plus et mieux. Le prénom forge et forme toute notre vie, car on l’entend depuis notre naissance plusieurs fois par jour. Il faut attention à qui ou à quoi il fait référence, parce qu’à chaque fois qu’on va le prononcer, il va évoquer tout ce à quoi il renvoie, à quoi il est lié. Il faut à la fois voir ce que le prénom représente dans l’inconscient collectif (renvoie à l’histoire, aux mythes, aux légendes, aux contes, aux films, aux romans…) et à l’inconscient familial (membre de l’arbre généalogique, événement marquant…).

 

Petit exemple gratuit : un homme ingénieur militaire n’a que des relations qui durent 3 ans. En se penchant sur la vie de sa mère, il découvre qu’elle a été fiancée à un homme ingénieur militaire pendant 3 ans. Dans chaque femme il retrouvait cette relation de sa mère à l’ingénieur militaire. On conclue en psychogénéalogie qu’il faut tout dire à ses enfants, il ne faut rien cacher, surtout ce dont on a honte, ce qu’on regrette, ce qui nous traumatise. C’est aussi à ça que servent les oncles et les tantes, quand on a interrogé l’arrière grand mère et l’arrière grand père, le grand père et la grand mère, le père et la mère, il faut interroger le grand oncle, la grande tante, les oncles et les tantes, voire les cousins et cousines, puis les amis des ancêtres, ou les personnes qui les ont côtoyés. Ce n’est qu’après ça qu’on peut commencer à interpréter son arbre généalogique.

Et encore, le mieux c’est d’ailler aux endroit où ont été nos ancêtres, se renseigner sur l’histoire, comparer les dates de naissance, de mariage, de faillite, de réussite, de décès, avec les événements historiques. On va physiquement aux endroits où ont été les membres de l’arbre généalogique, on revisite nos lieux d’enfance, consulter les documents officiels des mairies, etc.

Quand ton père t’a éjaculé et que ta mère t’a ovulé, ils ont recréé un Big Bang et t’ont permis d’entrer en expansion. Il faut étudier tout ce qui a empêché ton expansion depuis.

 

Voilà la grande question en psychogénéalogie : si CHACUN répète ce qui s’est passé dans la vie de son ancêtre, avec qui ça a commencé? Ok je tombe amoureuse d’hommes qui m’abandonnent parce que mon père m’a abandonnée, parce que lui s’est fait abandonner par sa mère, parce que elle a été écrasée par une mère tyrannique, parce que cette dernière a été orpheline et élevée dans un couvent par une sœur cruelle, qui elle est née d’une sorcière brûlée sur le bûcher et a donc fait vœu de foi et de chasteté, cette sorcière était élevée dans un village où tout le monde est devenu fou en mangeant du pain pourri à l’ergot de seigle, etc, etc, etc.

Est-ce que ça voudrait dire que je tombe amoureuse d’hommes qui m’abandonnent parce que une ancêtre sorcière a été brûlée sur un bûcher ? Jusqu’où la chaîne remonte ? Il faut noter que la psychogénéalogie est un outil efficace, mais qu’elle est à ses débuts et a ses zones d’ombre évidemment.

 

Elisabeth Horowitz : « Être authentique, dire la vérité, ne pas faire de compromis permet de soulager le destin de ses descendants. » C’est dur hein ? Il faut le faire, pour nous et pour les autres. Quel soulagement quand une honte gardée secrète est partagée ! On se rend compte que les autres nous comprennent. La tension accumulée et entretenue s’en va, enfin.

 

Fais attention à la psychogénéalogie et à qui sont les psychogénéalogistes. Il y en a un qui va te dire que si tu es médecin c’est parce que ta grand mère a aimé un médecin en secret ; ou que si tu es tombé amoureux d’une femme avocate c’est parce que ton grand père a été victime d’une erreur judiciaire. Je trouve que ça peut être dangereux, non ? Ça prétend expliquer les choses, non ? Ça peut nous tromper, enlever notre goût pour quelque chose, si on croit aveuglément le psychogénéalogiste.

 

La synchronicité est que c’est le sens qui fait le lien entre la cause et l’effet. Tout est possible !

Des enfants jouent à la guerre autour de moi, dans le salon. Ils n’ont rien pour le faire, seulement leur imagination. Je me dis qu’ils activent leurs neurones-miroirs en imitant la guerre. Imiter une action, pour le cerveau et le corps, revient à la faire.

Une métaphore est aussi réelle pour le corps qu’une action vraiment accomplie. Les enfants sont maîtres en symboles. Ils satisfont leur cerveau de guerrier en imitant la guerre. Les même neurones s’activent que s’ils la faisaient vraiment, de façon approximative, mais cela suffit. Là est toute la base de l’effet placebo.

 

Et en avant pour la psycho-cuisine (psycooking) ! Il s’agit d’avoir le flair et d’être un grand cuisinier, capable d’improviser des plats et de savoir ce qu’il faut à la personne pour qu’elle aille mieux. Pour une femme divorcée qui n’a pas connu d’hommes depuis 10 ans, un gros éclair au chocolat blanc (symboles du sexe masculin et du sperme). Pour un raciste dont la famille fut très mal accueillie dans un pays, il lui faut une salade composée de plusieurs origines. Pour une femme qui n’arrive pas à être enceinte, un bel œuf (symbole de fertilité).

Ça part du principe que manger ce qu’il faut peut accompagner une guérison, ré-équilibrer l’esprit par le moyen du corps. Seul un cuisinier artiste et thérapeute avec une intuition très développée et une grande connaissance des symboles et des plats du monde entier pourrait être capable de faire ça. La symbolique des couleurs se mêlerait à la connaissance de la symbolique des odeurs, des saveurs, des tacts. Ça serait de l’hédonisme, rien de plus ! La particularité est que chaque plat est fait sur mesure, pour la personne. Elle irait dans un premier temps voir le cuisinier-thérapeute, lui parlera de son histoire, de son problème et de ses goûts, et il lui préparera un plat spécial.

 

En alchimie, on ne cherche pas l’endroit mais l’envers du monde. Le monde, dans le tarot, c’est 21. Ce qui est « en vert » c’est la connaissance des choses cachées. Le lion vert (ou l’ion vert) de l’alchimie ne désigne pas que l’acide sulfurique, mais aussi le dissolvant universel, le VITRIOL : Visita Interiora Terrae Rectificando Invienes Occultum Lapidem, visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée, visite l’intérieur de toi-même et tu trouveras la lumière. 21 à l’envers donne 12, la position des jambes de la danseuse du monde donne le pendu à l’envers.

Le pendu c’est le monde à l’envers. Ce qui est « en vers » c’est aussi un corps en décomposition, dévoré et digéré par les vers. Ce qui est « en vers » c’est aussi la poésie. Si quelque chose se cache dans le tarot, c’est le pendu qui dira où. Parce qu’on dit que le monde, le 21, est le symbole de la totalité, mais la totalité sans son envers n’est pas complète. Alors la somme théologique du pendu, de 12, c’est : 1+2+3+4+5+6+7+8+9+10+11+12 = 78, et il y a 78 arcanes dans le tarot, le pendu est donc la totalité cachée du tarot. Et la réduction théologique de 12 est 1+2=3, qui rappelle la trinité du corps/âme/esprit, sel/mercure/soufre, minéral/végétal/animal, père/fils/saintesprit, mère/fille/saintâme, mais aussi on dit que le 3 est la création parce que 1 papa + 1 maman = 1 enfant, pour créer il faut 3. Et 78 divisé par 3 est égal à 26, chiffre de Dieu dans la Kabbale, donc on peut dire que le tarot est l’expression des 3 monothéismes : religion juive, islamique, et chrétienne. Le lion vert est l’ion vert c’est-à-dire le rayon vert alchimique, c’est un mystère.

Edgar Morin a écrit une phrase mystérieuse dans un de ses livres (Journal de Californie) : « Je fixai le rayon vert. » Qui fait les 3 « è », rappelant le mercure dans ses formes multiples : « fixAI le rAYon vErt. » (AI, AY, E). Tandis que Rimbaud (dans Une Saison en Enfer) écrit « Je fixais des VERTiges. » Des tiges vertes, des rayons verts.

 

La matière a une nature vibratoire, c’est des vibrations. La musique est là pour te faire percevoir la beauté, l’harmonie de ces vibrations. Quand une musique transmet de l’émotion, c’est que la matière a des émotions et que tu les ressens toi aussi. Mais faut pas faire comme Bach.

 

Dans plusieurs de mes poèmes, depuis que j’ai 15 ans, ce vers se répète : « Deux soleils pour une seule ville ». Le soleil est le symbole du père, donc deux pères. Ça avait pour moi un sens mystique, ça venait d’une expérience intuitive profonde. Mais les poèmes révèlent l’infini parce qu’ils parlent à plusieurs niveaux. Ici, il y avait un niveau psychogénéalogique que je n’avais pas encore capté jusqu’à aujourd’hui.

 

 

IMBRICATION ET INTRICATION — La psychogénéalogie marche par imbrication et par intrication. Ce sont des contrats entre des parties de plusieurs systèmes qui se complètent. Par exemple, d’un côté on a une mère et une fille qui ont le même amant sans le savoir. C’est un inceste indirect parce l’amant sert de pont entre les deux femmes, psychologiquement, mais aussi physiquement : elles échangent leur fluide quand le mec passe de l’une à l’autre fille. Elles n’ont pas eu une relation profonde et elles font un inceste symbolique pour réparer ça. Et l’amant a eu un père qui a souffert de ne pas aimer sa femme mais d’avoir une amante plus jeune comme un amour impossible.

Donc d’un côté, les deux femmes font un inceste pour réparer leur relation inexistante, et de l’autre côté l’amant répare la situation de son père, en pouvant aimer une jeune et une vieille à la fois. Tout s’imbrique, la psychogénéalogie n’est jamais à sens unique. Il faut vraiment le voir comme deux brins d’ADN qui se complètent, où comme les branches de deux arbres qui viendraient s’embrasser ou se faire la guerre, s’ignorer, rentrer l’une dans l’autre en symbiose. L’intrication est quand deux personnes ou événements sont liés, de façon inséparable, il peut y avoir soit un lien sain soit un lien malsain (nœud). Dans le cas évoqué ici on peut dire que les 2 femmes sont intriquées, et qu’elles s’imbriquent avec l’amant. Une petite fille qui a des crises d’asthme terribles dans la nuit du 25 avril alors qu’on découvre que son arrière grand père est mort gazé dans les tranchées dans la nuit d’un 25 avril, on dit que la petite fille et son grand père sont intriqués.

 

Dans cet univers les choses sont tissées ensemble (complexes), intriquées, elles se chevauchent, sont emmêlées, interdépendantes, interconnectées, interactives, récursives, rétroactives. Le symbole qui se trouve au fond de moi, avant que ce ne soit l’impensable pur, est l’image de deux serpents entrelacés. On retrouve cette vision dans le tarot, dans le caducée d’Hermès ou Tirésias, chez les shamans d’Amazonie, ou encore dans le yin/yang qui représente deux têtes de serpents entrelacés.

 

Exemples de pistes qu’on peut explorer dans le cas suivant : un homme tombe amoureux et devient l’amant de la sœur de sa femme. Il y a déjà un inceste parce qu’il est à la fois le beau-frère et l’amant (cumul des rôles). Ensuite, on peut regarder sa généalogie : il peut être enfant unique et chercher une relation fraternelle, et ici c’est la belle sœur qui peut le mieux remplir ce rôle ; il peut être issu d’une fratrie où il n’y a que des garçons, et cherche ainsi une sœur dont il a manqué ; il peut être séparé d’une sœur par un grand écart d’âge et cherche à consolider sa relation avec elle par inceste interposé ; ou il peut avoir une demi-sœur légitime ou illégitime, une sœur cachée ; ou son père peut avoir été amoureux de la sœur de sa femme sans avoir pu concrétiser cette relation. Il y a plein de possibilités, il ne faut jamais en écarter, toujours explorer. C’est une répétition, on répète une situation vécue dans notre famille : un manque ou un excès subis.

Généralement, on répète pour révéler, exprimer ce manque ou cet excès subis. La répétition peut être une duplication (même situation), une opposition (situation inverse), une compensation (situation équilibrante), ou une interprétation (situation transposée autre part). Dans les quatre cas, il y a une identification à un ou plusieurs membres de la famille, on ne vit donc pas notre vie mais la vie des autres. La psychogénéalogie consiste à se libérer ou se réconcilier avec nos liens, passer d’un nœud malsain, fermé et destructeur (cercle vicieux) à un lien sain, ouvert et créateur (cercle vertueux).

 

Elisabeth Horowitz : « Généralement on répète afin de mettre à jour les secrets des générations précédentes. La répétition sert à devenir conscient d’une situation secrète inscrite dans le passé familial. La situation passée se présente à nouveau pour deux raisons, d’une part parce qu’elle était cachée et d’autre part parce qu’elle est restée sans solution. » Ça c’est extrêmement important et bien résumé, quand quelqu’un a un problème, il veut révéler un problème similaire caché ou non résolu dans sa famille. Il ne faut jamais dire : « C’est mon problème » ou « C’est ton problème », mais « C’est notre problème » ou « C’est votre problème, à toi et ta famille ». On est à la fois totalement innocent de ce qui nous arrive et totalement responsable de ce qu’on peut faire de ce qui nous arrive. Si tu ne te crois pas responsable, alors tu es irresponsable.

 

Les personnes interposées. Les personnes interposées sont ce qu’il y a de plus courant en psychogénéalogie. Ma mère ne s’est pas occupée de moi, je vais choisir une femme qui a le même âge qu’elle, ou qui est née le même jour et le même mois qu’elle, ou qui a des traits physiques qui lui sont très proches, qui a le même prénom qu’elle ou presque (ma mère Marianne, ma femme Ariane, ou Anne-Marie : Marie-Anne : Marianne), ou bien qui a le même nombre d’enfants, ou bien qui a une situation familiale similaire à celle de ma mère. Par personne interposée, on cherche à restaurer le lien avec la mère. On cherche des ressemblances chez des personnes que nous utilisons comme un moyen pour régler un manque ou un excès vécus avec un membre de notre famille. Ces sont des personnes interposées.

 

Elisabeth Horowitz : « Sophie a épousé un homme qui a le même prénom que son père. Quand elle prononce le prénom de son mari à qui parle-t-elle ou à qui s’adresse-t-elle? »

Toute situation incestueuse est caractérisée par le cumul des places généalogiques, qu’il soit réel ou symbolique.

Le rôle du tarologue n’est pas de donner les bonnes réponses mais de poser les bonnes questions.

 

Après avoir lu une dizaine de livres sur la psychogénéalogie, après avoir regardé plusieurs fois des dizaines de vidéos, de courtes interviews, de reportages ou de longues conférences sur le sujet, après avoir interrogé mes grands parents, après avoir médité, après avoir écrit plusieurs articles sur le sujet, je COMMENCE tout juste à comprendre les choses (là, aujourd’hui). Il ne s’agit pas du tout d’avoir en tête comment ça marche, mais de le ressentir. Il faut se plonger dedans, et c’est vraiment une initiation, c’est pas du tout agréable. Je commence juste à comprendre que tout ce qui bloque l’expansion de la conscience est une faiblesse de la famille.

Deux jumelles se marient avec deux frères, c’est incestueux symboliquement, parce que l’expansion de la conscience vise à la dilatation, l’extension, à ce que ces deux jumelles soient allées chacune accomplir une vie totalement différente, dans un pays différent, avec des maris qui n’ont rien à voir ensemble, des enfants singuliers, etc. Tout ce qui fait qu’un arbre ne peut pas étendre ses ramifications vers la plus grande surface de lumière, est une faiblesse de la généalogie. Il ne s’agit pas de nier nos liens, car ce serait s’y identifier inconsciemment, mais de les rendre sains. La psychogénéalogie est un travail de purification alchimique. L’alchimie est un modèle de travail, une métaphore de la quête psychogénéalogique.

Les alchimistes étaient des mystiques de la matière est ont perçu des « mécanismes » (je mets bien des guillemets) qui peuvent se transposer à tous les niveaux de la matière, car c’est l’esprit qui relie les différents niveaux d’organisation ensemble.

Par exemple le soufre et le mercure, ne désignent pas des choses matérielles mais des principes : la forme et l’information, si on veut. Tout comme l’air, l’eau, le feu, la terre, ne désignent pas forcément les quatre éléments, mais plutôt des états différents de la matière. Le soufre-soleil-masculin et le mercure-lune-féminin, peuvent faire penser aux hémisphères gauche et droit du cerveau, ce que je compare respectivement toujours à l’esprit et à l’âme (contrairement à de vrais alchimistes, mais c’est comme ça, chacun son système, et il faut d’ailleurs remarquer que chaque alchimiste ou texte alchimique se contredit totalement, surtout en ce qui concerne le soufre et le mercure, et encore plus pour la pierre philosophale).

 

Bref, la psychogénéalogie a toutes les phases de grand œuvre, la dissolution et la coagulation par exemple, qu’on peut traduire entre autres par : nous séparer d’une ancienne vision qui nous enferme, se purifier en tant que séparé, puis nous réunir à une nouvelle vision qui nous ouvre au monde. Il s’agit d’élever l’enfant qui boude et d’exalter l’enfant qui s’émerveille devant le monde.

 

Tu as quatre centres : tête, cœur, sexe, corps. Lumière, amour, énergie, matière. Aux autres, il faut donner de la lumière, de l’amour, de l’énergie, avec des actes. Et ensemble on arrive à l’illumination, l’extase, l’orgasme, la transe. Ça c’est l’accomplissement.

Elisabeth Horowitz : « Le psychanalyste Carl Gustav Jung dit lui-même que l’amour déçu et la vocation contrariée sont à la base de la névrose. »

 

Les maladies aussi peuvent avoir une origine psycho-généalogique. Soit c’est génétique, soit c’est psychogénéalogique. Une fille de neuf ans est paralysée des jambes. Sa mère, à 9 ans, a été mise de force par ses parents dans une famille d’accueil. La paralysie de la petite fille symbolise le refus qu’avait eu sa mère, et de surcroît son propre refus de quitter le domicile des parents. Les maladies sont des symboles qu’envoie l’inconscient pour nous dire « Ici il y a quelque chose qui n’a pas été réglé. » Ce qui semble se passer c’est qu’on devient fragile à la même date ou au même âge que les membres de notre arbre généalogique quand il leur est arrivé une chose importante, souvent négative. Une fille a un kyste aux ovaires à seulement 19 ans, son père a perdu sa sœur brusquement à 19 ans. La fille manifeste la blessure émotionnelle de façon corporelle. Une fille est anorexique à 5 ans, sa mère a perdu sa sœur à 5 ans, elle manifeste la perte d’un être cher. On manifeste souvent corporellement la perte de quelqu’un. J’ai connu un acteur qui a pris 80 kilos à la mort de son père : pour exprimer le « poids » de cette perte, comme s’il le portait littéralement en lui, mais aussi pour se protéger du monde extérieur, comme pour symboliser une nouvelle carapace émotionnelle.

Le corps est poétique, il s’exprime par métaphores. La psychogénéalogie peut aider à COMPRENDRE, donner du sens à une maladie est déjà la moitié d’une guérison. On a toujours une intrication dans les maladies : un homme a une grosse opération le 23 septembre 1993, son père est né le 23 septembre 1923, ce qui nous donne des pistes à explorer entre la relation père-fils et le lien possible avec la maladie.

 

Elisabeth Horowitz : « L’opération peut être un acte ultime par lequel on règle dans sa propre chair une difficulté généalogique avec un parent. »

Béatrice a une embolie pulmonaire à 24 ans. La sœur de son grand père maternel est morte à 24 ans, après avoir découvert que son mari lui avait été infidèle.

Tout ce que nous faisons, en « négatif » comme en « positif », a des répercussions sur plusieurs générations qui n’ont rien demandé. Elisabeth Horowitz donne un autre exemple parlant : « Un jeune homme hospitalisé à la date anniversaire de décès de sa grand mère maternelle, avec les symptômes de la maladie de son arrière grand père. Son arrière grand mère est décédée le 27 juillet 1958, lui est hospitalisé le 27 juillet 1990, pour insuffisance respiratoire sévère et début de coma. Son arrière grand père avait été gazé à Verdun en 1916.

Ce jeune homme porte le prénom d’Honoré, ce prénom correspond au besoin du mort à être honoré, à être reconnu pour avoir défendu la patrie. » Je dis qu’il est parlant parce qu’on voit plusieurs choses : la répétition des dates et des événements associés, le rôle attribué au petit fils en lui donnant ce prénom, et les ravages de la guerre sur des dizaines d’années. Aujourd’hui encore on paye la Saint Barthélémy, la guerre franco-prussienne de 1870, ou encore la Révolution française et la Terreur, les 2 Guerres Mondiales, etc. L’inconscient a toujours un mode de fonctionnement qu’on dit « primitif » et a le sens du rituel : un acte qui se répète de façon cyclique et qui s’ancre dans l’éternité.

 

Une femme a une opération de ligature des trompes qui l’empêche d’avoir des enfants alors qu’elle a 37 ans. Son père est mort à 37 ans d’un cancer au cerveau qui l’avait empêché d’avoir un autre enfant qu’il avait souhaité. Mais ça peut aller plus loin, car on absorbe l’arbre généalogique des autres : un homme meurt à 41 ans d’un leucémie. Le père de sa femme est mort à 41 ans durant la guerre 14-18. Décéder au même âge que son beau-père est une façon se s’identifier et donc d’appartenir à la famille de sa femme. Ça va jusqu’aux maladies de passage : une petite fille est atteinte d’un otite le jour anniversaire de la naissance de la sœur de son arrière grand père devenue sourde.

 

Un homme souffre constamment de torticolis à répétition. Son père est né un 21 janvier (décapitation de Louis XVI le 21 janvier 1793), ses grands parents étaient royalistes et plusieurs membres de la famille avaient souffert de cancer de la gorge. Cela montre que l’identification est très, très importante. Ceux à qui on va s’identifier, on va amener leur date, leur maladie, leur arbre généalogique dans notre maison.

 

C’est comme les accidents. J’ai eu un accident de voiture à quelques routes de celle où mon arrière grand oncle avait eu un accident de voiture et était mort. Cet arrière grand oncle était amoureux d’une femme et l’avait donnée en mariage à son frère pour que celui-ci puisse revenir de guerre (guerre se Syrie). Pendant son accident de voiture, il a eu un arrêt cardiaque et a percuté un autocar rempli de militaires. Et… attention… Ça se passait alors qu’il revenait de Guer (petite ville bretonne, prononcer « guerre »). L’inconscient, comme l’avait vu Jacques Lacan, fait aussi des jeux de mots.

Cet accident, je l’ai eu le premier jour de tournage de mon film, dans lequel je me confronte à ma famille pour régler mes problèmes. Il pleuvait, je n’avais pas mon permis, je devais conduire sur des routes de forêt en sniffant de la coke (farine), du sang plein les mains, et crier comme un fou.

Dans la voiture, j’avais mon caméraman, mon preneur de son et mon assistante cadre. J’ai sniffé de la farine en pleine vitesse, je me suis aveuglé, mon cadreur a du tourner lui-même le volant pour éviter une voiture de face, on s’était arrêté dans un tournant.

 

J’ai insisté, totalement inconscient, pour reprendre la route et refaire la scène. J’ai perdu le contrôle de la voiture et on est atterri dans un champ, en passant par dessus un ravin. La voiture était fumante, mais avec seulement le phare droit cassé. Je te raconte pas l’atmosphère, je me demande comment on a pu tourner un film aussi fou par la suite.

 

J’ai su par la suite que mon arrière grand oncle était mort sur une route toute proche. Et aussi, pour faire une référence à l’alchimie, j’ai absolument voulu peindre un lion en vert pour le filmer en train de rugir. On n’a pas trouvé de lion disponible, alors j’ai voulu peindre un chat en vert, on n’est pas allé jusqu’au bout (c’est comme ça). Quelques semaines après, ma grand mère me dit que nos ancêtres s’appelaient Chatelier (référence au chat?) et Rialland de Verlion (Vert Lion, Lion vert).

Mon personnage était un violeur tueur en série cannibale et transsexuel, qui devenait une sorte de chevalier de la table ronde en rencontrant Merlin L’Enchanteur qui l’aide à trouver son Graal (dieu) intérieur. Il s’appelle Noé, et à la fin quand il renaît il inverse son nom et s’appelle Éon. Or Éon de l’Étoile est un illuminé qui prétendait sauver la Bretagne, habitant les forêts dans la région où a été tourné le film. Et le chevalier d’Éon (Charles de Beaumont), était un espion au service du roi, et on ne savait pas si c’était un homme ou une femme, comme mon personnage qui est transsexuel. Et le chevalier d’Éon a été enterré où ? Dans le Middlesex évidemment (sexe du milieu)…

En plus que je mettais de la symbolique partout dans mon film, que le spectateur peut s’amuser à décrypter si ça l’enchante (ex : Noé, Éon, One, Neo, même lettres), il y avait une autre symbolique qui s’y ajoutait sans que je le veuille.

 

Voilà c’était une petite pause, on revient à la psychogénéalogie. Mais c’était pour dire que dès que tu mets en route un processus de guérison par des actes importants (ici j’ai filmé les rituels de réconciliation symbolique), et bien tout commence à s’articuler autour de toi.

 

La psychogénéalogie n’a rien d’intellectuel, c’est vraiment dans un inconscient à la fois personnel et collectif que tout se passe. On entre alors dans le monde des mythes (familiaux ou autres), des symboles, des métaphores, des rêves, des synchronicités (hasards qui prennent sens pour nous transformer).

 

Ça se passe très souvent comme ça lorsqu’on pratique la psychomagie. Car là, en lisant de la psychogénéalogie, je dis à chaque page : « Ok, mais maintenant je fais quoi ? »

La psychogénéalogie (et le tarot) ciblent le problème où aident à le révéler, mais c’est la psychomagie (actes symboliques et efficaces qui parlent directement à l’inconscient) qui aide à se débrouiller avec le problème, à régler nos affaires (et dans mon cas, la cinémagie, des actes psychomagiques qu’on va filmer).

 

En fait on recopie des schémas qu’on a en nous, pour les projeter sur les autres plus tard. Un homme tombe gravement malade quand son enfant vient d’avoir 13 ans. Quand il avait 13 ans, ses parents avaient divorcé et il a gardé cette souffrance en lui tout ce temps. Il a fallu qu’une situation similaire survienne (son fils a 13 ans) pour que cette souffrance émerge à nouveau et puisse s’exprimer.

 

Les maladies sont des scènes de théâtre, au sens profond du terme, on fait du cinéma. Il n’y a pas de jugement dans ces propos. C’est un jeu de rôle qui nous dépasse. Une femme va se marier et son frère tombe gravement malade. Toute la famille et sa sœur vont devoir centrer l’attention sur lui. Nous sommes dans une société d’enfants où on a besoin du regard des autres pour se sentir exister. On veut être le centre de l’attention, et les maladies sont d’excellents moyens pour ça. Ça montre qu’au delà de la souffrance, le fait de sentir au centre de l’attention apparaît beaucoup plus bénéfique pour l’ego infantile.

 

On disait que l’inconscient avait le sens du rituel, de l’anniversaire. Ainsi il faut regarder ce qui s’est passé dans notre vie à des périodes qui se répètent. Par exemple, il est courant qu’une maladie se ré-enclenche tous les 10 ans. Ou qu’aux 50 ans de la mort de notre grand parant on tombe dans la dépression, ou aux 100 ans de l’entreprise familiale on ait un accident marquant.

 

On dit que l’inconscient fait des jeux de mots mais attention à ne pas vouloir trouver des choses sans qu’elles se vérifient. Si un homme reconnu dans son métier veut changer de carrière et a un cancer de la prostate, ce n’est pas forcément que « le pro se tâte ». Mais il peut arriver qu’avoir des problèmes au colon à répétition dans la famille renvoie à un passé colonial où se cachent de profonds traumatismes. Un homme a une sclérose en plaques, et au même âge son père manipulait des plaques dans un casino où il était croupier.

 

Qu’est-ce que sont les maladies et les souffrances? Elisabeth Horowitz dit que « Le corps exprime le manque d’adéquation entre les aspirations intérieures et la vie quotidienne. Pour aller mieux, il faut parfois changer radicalement son mode de vie. »

 

Une femme fait une dépression tous les ans en octobre, novembre, décembre. Elle découvre qu’elle a été en couveuse juste après sa naissance pendant ces 3 mois exactement. Les maladies ne sont pas là pour nous tuer mais pour nous inciter à renaître.

 

Je ne crois plus au développement personnel, on ne peut pas s’améliorer, devenir meilleur, ou mieux. Nous sommes parfaits dès le début, à tout moment. Plus je vis et plus je m’enrichis de mes contradictions, mes bonheurs et mes descentes, mes joies et mes frustrations.

 

J’ai des traversées du désert, mais je remarque maintenant que même quand je me sens mal, je ne distribue plus mon mal aux autres pour aller mieux. Je le traite sur le champ. C’est comme si j’avais un nettoyant automatique. On ne peut pas s’améliorer parce que s’enrichir de nos contradictions implique d’avoir de plus en plus d’inconvénients en même temps que de plus en plus d’avantages. C’est comme ça ! Et si je devais donner un nom philosophique à ça, même si ça tient pas la route, ça serait un ultra-optimisme tragique.

 

Base de la psychogénéalogie : les choses aimées se perpétuer.

 

— Où est-ce que je peux me ressourcer ? — Dans ton avenir. Ce n’est pas en faisant marche arrière à la dernière oasis qu’on peut traverser le désert. Il faut marcher avec Confiance par delà les dunes aux prochaines escales.

Un arbre généalogique est un système qui donne un programme à chacun de ses membres.

 

Une femme de 57 ans souffre de pertes d’attention et de grosses douleurs à la tête, et a de graves problèmes de mémorisation. La mère de son mari est morte à 57 ans d’une tumeur au cerveau. Horowitz : « Son conjoint n’avait pas vu sa mère dans le mois précédant le décès de celle-ci. Seuls les symptômes analogues chez sa compagne, lui permettaient alors de devenir conscient de ce qu’avait vécu sa mère. » Il aurait du dire à sa compagne ce que sa mère avait vécu, ainsi que ses détails généalogiques. Il aurait prévenu le risque de maladie.

 

C’est toute l’histoire de l’abréaction en psychanalyse, on devient conscient d’un problème et alors il disparaît. Je ne pense pas que ça soit si vrai que ça. Pour un vrai problème il faut pas seulement une prise de conscience, mais un changement radical de vie, une expérience émotionnelle, créative, concrète.

 

Si on n’obéit pas à la volonté de puissance en nous, nous tombons malade. La volonté de puissance (volonté vers la puissance) est un concept forgé par Nietzsche à la fin de sa vie consciente. Je trouve ça très novateur car ça va plus loin que la volonté de vie de Schopenhauer. Les choses ne veulent pas que la vie, elles veulent aussi le déclin, la destruction, la mort, elles ont des périodes de sublime et des périodes de décadence.

 

La volonté de puissance n’est pas vraiment définissable, mais je la vois comme un force de croissance et de décroissance partout à l’œuvre. Obéir à la volonté de puissance en nous signifie accomplir notre destin, trouver le sens de notre vie et se battre jusqu’au bout.

Il nous faut une certaine virilité d’esprit pour ne pas tomber dans des déprimes faciles, dans des petits caprices, dans des auto-conceptions héritées de la famille, de la société, de l’école. Guerriers spirituels, on ne tombe pas dans ce genre de panneaux. Le diable dit « Je ne peux pas » et dieu dit « je peux tout ».

 

Il y a deux attitudes pour les guerriers spirituels : soit on se dit « je peux le faire » et ça provient d’un sentiment d’impuissance, soit on se dit « je ne peux pas ne pas le faire ». Dans les deux cas, on a une confiance absolue, pas dans notre ego, mais dans une force qui nous fait bouger. Qui nous fait bouger le cul de notre passivité quotidienne.

La joie est le moteur de tout ça, et à un autre stade, l’amour est l’essence de tout ça.

Quand on est joyeux, dans l’authenticité, plus rien ne nous sépare des autres, et nous utilisons au mieux nos capacités. Mais dans le relâchement, nous sommes inefficaces, avec un sentiment d’être séparé. Je suis venu au monde parce que je suis un outil, mais un outil conscient et créateur.

 

J’en ai marre d’écrire, maintenant, je fais des vidéos.

J’EN AI MARRE D’ÉCRIRE, MAINTENANT, JE FAIS DES VIDÉOS.

 

« Tout ce que nous avons porte les stigmates du trop ou du pas assez. » Kostas Axelos. Ce sont des manques et des excès subis qui forment les répétitions des malheurs. Un manque d’amour détruit autant que trop d’amour, un excès d’argent ou un manque d’argent, et tout ça est subjectif, certains se sentent à l’étroit dans 200 mètres carrés et d’autres étouffent dans 20 mètres carrés.

 

Un enfant trop choyé par sa mère (elle même ayant été ignorée par des parents narcissiques) fait des crises de pleurs quand il part loin d’elle, et ceci jusqu’à ses 10 ans, ce qui en fait un sujet de rigolade de tous ses camarades. Ce n’est qu’à 20 ans qu’il prendra ses distances avec elle, mais restera dans la maison maternelle encore longtemps.

 

En réalité l’enfant est tombé dans le piège de sa propre réification. Il en veut terriblement à sa mère qui n’a fait que l’aimer. Certains rigolent de voir des bourgeois qui vont mal, dépriment, se suicident, alors que d’autres ont à peine de quoi nourrir leur famille et surmontent des situations difficiles. On ne peut pas prendre en compte que la dimension économique (ce que font les marxistes purs et durs, et les politichiens d’aujourd’hui), mais aussi la dimension physique (corps), matérielle (rapport à l’espace), libidinale (pulsions, désirs, sexualité, créativité), puis émotionnelle (affects, sentiments).

 

Aucun malheur ni aucun bonheur n’est comparable à un autre. Personne n’est comparable à personne, chacun est unique et a un rapport singulier avec l’univers, son univers. Un même événements n’affecte pas tout le monde de la même façon. Chacun fait avec son héritage et ses bagages. La psychogénéalogie consiste à poser les bagages qui ne nous appartiennent pas.

 

En psychogénéalogie, il faut voir les associations entre les choses, les personnes et les événements. Une femme n’arrive pas à se marier ni à avoir d’enfant. La sœur de ses arrière grands parents a été déportée avec son mari en camp de concentration quelques jours après leur mariage. Ici, le mariage est associé à la déportation. Information qui est transmise aux générations suivantes : si vous vous mariez, attention malheur vous allez subir un emprisonnement ou la mort.

 

Autre exemple. Un homme ébéniste est chargé d’enterrer des morts pendant la guerre, et n’ayant pas beaucoup d’argent il leur retire leurs dents en or et les revend. Sa fille enceinte développe un abcès dentaire qui se généralise et son bébé en meurt. Son petit fils fait une grave chute et se brise toutes les dents et devrai avoir une prothèse toute sa vie. Pourquoi? Parce que l’information transmise est que les dents sont associées à la mort. La guerre crée 300 ans de névrose chez des millions de victimes qui n’ont rien demandé.

 

Mais il faut repérer sur les associations inconscients : quelle information on m’a transmis? Pourquoi j’ai peur des nains? Pourquoi je sursaute quand on mon amant me touche le sein? Pourquoi j’ai de la culpabilité quand j’ai de l’argent?

Pourquoi j’ai toujours refusé de nager? Pourquoi je déprime tous les ans à la même date? Comme parler de quelque chose nous en sépare, une prise de distance est possible quand on a conscience d’où vient notre malheur ou nos manies.

 

En psychogénéalogie, un critère de l’analyse, je pense, est la qualité de l’analogie qu’on peut faire. Puisqu’il y a introjection (enfant on absorbe en nous l’environnement social et historique dans lequel on grandit) et projection (on le projette ensuite dans les situations, les personnes et les objets de notre vie quotidienne), on peut très bien transposer un conflit historique qu’on a absorbé sur nos enfant plus tard.

 

On remarque que beaucoup de femmes nées pendant la guerre sont des mères possessives et écrasantes, à l’image des pays en guerre à l’époque. Elles projettent ce qu’elles ont absorbé. Les couples nés pendant la guerre sont en conflits très vieux sans arriver jamais à se séparer définitivement, ils se chamaillent, parfois de façon cruelle, jusqu’à leur mort. Ils se disent heureux, mais transmettent à leurs enfants et petits enfants l’information que la relation de couple a une tendant sadomasochiste, on aime faire du mal et on se débrouille pour qu’on nous en fasse.

 

En fait il faut bien connaître l’histoire du pays de sa famille pour étudier sa psychogénéalogie, car l’Histoire affecte au plus profond l’inconscient de la famille, notre mémoire généalogique. Mais aujourd’hui, c’est différent, des événements comme la chute du mur de Berlin, la dissolution de l’URSS, ça a été des événements internationaux. Mais les attentats du 11 septembre 2001 aux États Unis, ou même l’explosion de l’usine de Fukushima, c’est toute la planète qui en est consciente d’un coup.

 

Or, c’est un traumatisme collectif, dans le sens où tout le monde a vu cette violence déchaînée en même temps (c’est faux, j’ai connu des personnes qui n’étaient pas au courant de ces attentats, et elles ne connaissaient pas non plus l’existence des Beatles — chacun son monde). Ce que je veux dire c’est que bientôt il faudra connaître l’histoire mondiale pour faire de la psychogénéalogie.

 

Parce que chaque événement, médiatisé ou pas, affecte tout le monde — maintenant on en est en tout cas beaucoup plus conscient. Je reviens une seconde sur cette étudiante chinoise venue habiter en France, première sortie d’une école de biologie, destinée à être une grande scientifique, qui ne savait rien à propos du World Trade Center, des Beatles, mais aussi (et surtout) elle ne savait rien à propos de la répression du printemps de Pékin, lorsque le 4 juin 1989, l’armée chinoise massacre avec des chars et des armes lourdes des milliers d’étudiants.

 

Elle me dit alors qu’en Chine (première de son école) on lui avait fait étudier l’histoire des différentes dynasties, mais pas ce genre de choses. Quelle fut ma surprise (et la sienne!) lorsque je lui montrai la photo de l’homme de la place Tiananmen (le fameux homme au tank).

 

Depuis ce jour en particulier, je me suis dit que mes parents avaient eu torts lorsqu’ils m’avait dit, quand j’étais adolescent, que le but dans la vie était seulement de faire le métier qui me passionne. Non, le but de l’humanité est de créer des humains conscients.

 

Mon amie chinoise était très heureuse, puis avait un avenir assuré, mais elle était tellement inconsciente, vivant dans un pays qui se permettait de cacher autant de choses sur ses propres dérives, ses secrets d’histoire, que le monde entier connaît sauf les Chinois! Après on s’autorise à aller défendre les droits de l’homme dans des pays plein de pétrole, mais quand il s’agit d’intervenir en Chine, premier marché du monde (si on regarde sa façon d’évoluer), on se tait très vite.

Bon je ne parle pas de politique je n’aime pas ça et je ne m’y connais pas, et ce n’est pas le but de ce blog. Tout ça a un rapport avec la psychogénéalogie. C’est que la psychogénéalogie mène à laisse une chance à des enfants conscients de naître.

La psychogénéalogie sert pas à aller mieux (nombrilisme de la spiritualité et du développement personnel), ça sert à donner plus de chance à la planète de ne pas être détruite par du sens inconscients.

 

Elisabeth Horowitz : « La généalogie est comme une mathématique, nous portons tous des programmes intérieurs en fonction de notre histoire familiale. C’est lorsque l’on parvient à un âge précis que l’on constate l’émergence de ces programmes. Les connaître permet de les anticiper et grâce à des actions simples de s’en libérer. »

 

Étant donné que nous descendons tous du Big Bang, nos atomes portent la mémoire du cosmos. L’histoire de l’univers est enregistrée en nous. Il arrivera un jour où nous montrerons que de la même façon que nous sommes une petite branche dans la ramification de l’évolution biologique, notre univers connu est une petite branche dans la ramification encore plus étendue de l’évolution de la matière cosmique.

 

Nous devons faire avec, c’est-à-dire prendre conscience que c’est le plus beau des cadeaux.

 

http://poderkeroko.over-blog.com/2014/11/psychogenealogie-imbrication-et-intrication.html

 

 

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Commentaires : 1
  • #1

    NiNa (samedi, 13 mai 2017 21:48)

    Immense merci pour cet article, qui sans aucun hasard, m'offre les précieuses clés pour mieux comprendre ce que je traverse.

    Le 02/05, j'ai appris que j'avais développé un carcinome infiltrant au sein droit. "Je m'autodétruis et c'est là un suicide déguisé !" explique Jacques Martel dans le dictionnaire des maladies, à propos du cancer. Il s'avère qu'un 20/05, ma mère s'est suicidée par défenestration (appelé aussi mort par précipitation...) Or, la tumeur présente une prolifération rapide comme si les cellules cancéreuses elles aussi se précipitaient !

    La psychogénéalogie me permet de comprendre pourquoi le cancer du sein vient sonner à ma porte 1 mois avant que ma fille ait 5 ans : parce qu'en effet je venais de fêter mes 5 ans, lorsque ma mère est morte, elle avait 27 ans. Or, il s'avère que le 5/05, j'ai eu 37 ans, soit 10 ans (2x5) de plus que l'âge de ma mère à son décès.
    La ligne temporelle de la vie de ma mère ainsi que ma vie de femme actuelle semblent se télescoper, et rentrer en résonance tant avec mon enfance qu'avec celle de ma fille...