Témoignage 267 - Camille R - Lettre à Hélène, ma fille…

 

« Oui, les enfants chambardent nos existences.

Le malheur veut que nous nous chargions de leur éducation

au lieu de les laisser faire la nôtre »

(Christiane Singer, extraits « Du bon usage des crises »)

 

Ces dernières semaines je commence à plonger avec plus de compréhension dans vos vidéos, que j’arrive à découvrir morceau par morceau beaucoup mieux qu’avant, sans trop de coupures d’ordi. Toujours étonnant pour moi cette conjonction entre « j’arrive à regarder grâce à mon ordi (un vieil ordi arrangé) qui capte mieux en ce moment »  et  « j’arrive à regarder parce que ma petite cervelle (un peu âgée quand même) capte mieux ces derniers temps ».

 

Souvent m’est venue l’envie d’écrire, chaque fois je me pousse pour le faire… mais rien, ma seule volonté ne suffit plus. En réaction contre le « devoir » que je me suis tant infligée ?

 

La nuit ou très tôt au petit matin les fils que je semble tenir clairs dans ma tête, s’embrouillent dès le lever et je me perds. Que ce soit pour écrire à toi, au réseau Léo, à moi-même, aux amis, ou pour le boulot : je me retrouve les mains vides ! Je me perds, Plouf je redeviens très lourde, plouf comme une pierre. Mais j’accueille comme je peux, au lieu de m’accuser trop (style « je mange pas comme il faut », « je veux pas comme il faut », etc…) et j’explore un grand vide… tout vide… 

 

Bon… à un moment ça va se dénouer, déjà au moins je t’écris, Là maintenant ! 

Je t’écris là, à un moment où je ne me sens pas « en manque de toi » (Ces moments là j’apprends à me les confronter, ça ne veut pas dire qu’il n’y en a plus !) Je t’écris là, à un moment où je me sens claire et légère dans ma tête, avec le désir de cheminer, et tu restes une personne importante sur mon chemin ! 

 

Je t’écris portée aussi par la rencontre de Marielle, au travers de la lettre à sa mère, où je nous entends au travers de ses mots. Quand tu me parlais de ce lien intrusif mère-fille, ou de la famille en général, je restais troublée bousculée, c’était trop dur pour moi à entendre à ce moment là, trop difficile face à toi (moi alors trop « en manque de ma fille »).

Je retrouve tes mêmes mots dans la lettre de Marielle et ils prennent plus de sens aujourd’hui. Et même ils me deviennent précieux, ils m’aident à me retrouver, à me rassembler, et à pouvoir te regarder autrement, avec une nouvelle distance.

 

J’ai eu ensuite beaucoup de plaisir à « partager votre cercle » en écoutant la dernière vidéo avec Marielle. Je me suis sentie presque chez moi, comme si j’étais à votre table ! (j’ai réalisé ensuite que nous avons chez nous au quotidien la même toile cirée !) 

 

Par contre à la fin… ce que j’ai vécu comme la pression collective pour que Marielle « saute » ça m’a fort dérangée – énervée (OK ça parle aussi de moi ?) et puis surtout cet intitulé « décide ou décède » !! 

 

Je me sens de pouvoir formuler une question au réseau Léo, à ce sujet… (je m’y colle et je vous l’envoie, pour de vrai. En commençant par vous envoyer cette lettre, comme un premier pas.) 

Bises d’une nuit où je commence à voir plus clair

 

Camille R.

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