Expérience de couple n°2 -  de Marielle

Suite de mon expérience de couple n°1

 

Bonjour à tous,

Je me rends compte que dans un couple, c’est souvent la femme qui est l’initiatrice des transformations dans la relation.

Peut-être parce qu'en tant que femme, nous communiquons davantage, nous exprimons nos émotions, nous voulons comprendre et cherchons par tous les moyens à « ouvrir la tour d’ivoire » dans lequel l’homme s’isole, se réfugie.

 

C’est une réalité que l’homme et la femme sont 2 Univers différents même si ces 2 univers sont complémentaires.

Mais quelle dépense d’énergie faut-il déployer en tant que femme pour pousser à la transformation du couple dans l’Évolution de chacun ?

 

Je m’explique avec mon expérience personnelle.

Ma vision du couple est qu’il se construit chaque jour, et ne se repose pas sur des acquis. En tous cas c’est ainsi que je souhaite le vivre, dans le respect des besoins de chacun pour l’évolution de chacun.

Comme dans toutes constructions, il est important que les fondements, la base soit saine et solide.

On ne construit pas sur d’anciennes fondations, surtout si elles ne correspondent plus à la forme de l’édifice que l’on souhaite élever dessus.

 

Comme j’en ai témoigné précédemment, je sors d’un divorce et je vis encore pour le moment (en attendant l’opportunité d’un déménagement possible) dans le lieu de vie que j’occupais avec mon ex conjoint. J’ai besoin de faire du vide dans ce lieu, de me délester de l’ancien, de nettoyer, afin que de « nouvelles énergies » puissent circuler. Ce que l’on nettoie à l’extérieur se fait aussi à l’intérieur de soi. C’est une façon consciente de voir un peu plus clair en soi.

 

J’ai besoin d’être seule pour mettre en œuvre ce « chantier » car je veux avancer à mon rythme, vivre dans le chaos des mises en carton, du tri à faire, de certains meubles à changer de place, sans devoir me rendre disponible pour d’autres… Je ne souhaite pas avoir des personnes autour de moi. C’est quelque part un « travail intime » pour moi, un face à face avec "moi-m-aime".

 

C’est une façon aussi de savoir où j’en suis de mon envie de poursuivre ma relation avec M. qui depuis Pâques 2016 reste habiter chez moi (voir mon précèdent témoignage).

Depuis 4 ans que nous sommes en relation, j’avais insisté dès le début pour que M. quitte le domicile de sa mère (percevant les intrications mémorielles inconscientes de manipulations affectives) et opère pour se faire un grand rassemblement de ses affaires personnelles (accumulées sur au moins 10 années) avec les tris, nettoyages et classements qui s’imposent. Il me disait que c’était prévu, qu’il allait le faire. Mais les mois passaient sans qu’il s’y mette ou alors il se mettait à l’ouvrage quelques heures et arrêtait avant d’avoir terminé, prétextant un manque de temps, des empêchements.

 

Depuis septembre 2016, je me sens frustrée de ne pas me sentir respectée dans mon besoin de solitude, ce qui fait que mon Amour pour M. est devenue moins démonstratif. Je m’emporte facilement contre lui, et nous en venons de plus en plus à nous critiquer. Beaucoup de déceptions pour ma part se sont accumulées au fil de ces 4 années, même si je reconnais avoir vécu des moments forts, de partages, d’échanges, de voyages, de découvertes, de complicité, de rire, d’évolution.

 

M. me promettait beaucoup de choses qui ne se sont pas toutes manifestées. Il me demandait d’être patiente, d’avoir « confiance en la vie », que malgré les apparences, des choses se mettaient en place. Dès que je soulevais une incohérence, une objection, il « m’endormait » avec des explications métaphysiques et il en était tellement convaincu lui-même qu’il arrivait à me convaincre aussi.

 

Ce qui a changé depuis pour ma part dans notre relation, c’est que j’ai perdu confiance en ce qu’il me dit. « Il ne marche pas sa parole » disent les amérindiens. Malgré toutes ses attentions, ses manifestations d’amour pour moi, je me rends compte que nous n’avons pas la même perception, le même regard sur la Vie. Et ce qui me blesse le plus c’est quand il me dit « tu ne sais pas regarder comme il faut, c’est toi qui refuse de voir le positif des situations et qui t’enferme dans la négativité » ; « tu ne sais pas être dans la gratitude ; tu ne sais pas être dans la compassion ».

 

Je perçois bien quand c’est sa propre blessure qui parle, son besoin constant d’être reconnu dans l’aide qu’il veut apporter aux autres. Il ne voit pas que c’est une forme de prise de pouvoir qu’il exerce sur autrui. C’est lui qui a raison, qui sait mieux et il veut que tous soient convaincus de ce qu’il défend.

J’ai vu depuis qu’on est « ensemble », dans nos relations communes que nous avons tissées, que ce que je perçois de lui, d’autres le perçoivent aussi. Cela a entrainé des ruptures, des conflits parmi ces nouvelles connaissances.

Loin de moi l’envie de le juger, je reconnais trop bien ses blessures et ses programmations dont certaines font écho avec les miennes. Mes propos visent seulement à ce que mes interrogations puissent aider d’autres personnes à percevoir ce qui se joue dans une relation de couple.

En fait, M. comme moi, n’avons pas LA vérité à défendre, mais une vérité, propre à chacun, selon le niveau de conscience d’où émane cette vérité.

La difficulté dans le couple est d’avancer ensemble, tout en accueillant que chacun a son rythme et sa compréhension selon ses filtres de croyances et de pensées. Mais pour pouvoir accueillir, nous avons besoin de communiquer sur nos états d’âme respectif, sans porter de jugement sur l’autre, de jugement sur les différences de perception.

 

Le problème (si c’est un problème) est que le mode de communication est différent entre homme et femme. L’homme va être dans l’action pour s’investir dans le couple (faire, construire, réparer, mettre en place) alors que la femme va vouloir parler, être dans la relation, exprimer ses émotions, stimuler les échanges verbaux. La femme va vouloir trouver des explications, essayer de comprendre le pourquoi du comment, « couper les cheveux en 4 » tandis que l’homme voit la vue d’ensemble, sans forcément focaliser sur des détails selon sa perception, il se fixe un objectif et fait en sorte de l’atteindre.

 

Bon c’est une vue archétypale du féminin et du masculin, sachant que des femmes peuvent manifester plus de masculin et des hommes peuvent manifester plus de féminin (principe du tao, symbolisé par l’union du yin et du yang portant en chacun une part de son opposé).

 

Vivre à deux dans l’expression épanouissante et évolutive de chacun relève d’une attention permanente, quotidienne et d’une recherche réciproque.

La quête d’être bien avec l’autre commence par être bien avec soi.

Comment être bien avec soi, dans la relation quotidienne à l’autre, pour se sentir bien avec l’autre ?

 

Je n’ai pas de réponse toute faite à cette question, seulement la certitude que lorsqu’on décide de vivre en couple c’est une vraie démarche « initiatique » dans la Connaissance.

Bien-sûr, personne ne nous l’apprend, ni à l’école, ni dans la famille, ni dans la société.

Nous devons en faire l’expérience, tout en apprenant à se déconditionner des contes de Cendrillon et de la Belle au Bois dormant, tels qu’on nous les a appris, dans la superficialité car ils renferment toutefois dans leur profondeur des merveilles de sagesse et d’évolution (objet d’un prochain message ? ;-) )

 

Mon besoin actuel, de solitude, de retour sur soi, est, je le sens, prémices à mon expansion future dans l’amour de moi. C’est une pause nécessaire pour recontacter justement l’équilibre de ce Tao, l’équilibre des énergies féminines et masculines, dans la réunification de leur complémentarité.

 

M. souffre de mon attitude plus agressive envers lui. Il voudrait « me rendre heureuse » (profil type de la prise de pouvoir inconsciente du « sauveur »), il voudrait retrouver la compagnie de celle qu’il connait rayonnante, souriante, drôle, enjouée. Je vois bien qu’il cherche à sa manière de « me faire plaisir », mais « sous condition » implicite, que l’investissement qu’il met, gage de son amour pour moi, répond au désir de me garder auprès de lui, pour sauvegarder notre relation, malgré mes sautes d’humeur.

 

Comprend-il que mon agressivité est le fruit de la frustration de ne pouvoir me retrouver seule un moment, pour accomplir ce que je sais devoir faire ? Et pour dans un même temps lui permettre aussi de faire la même chose de son côté, afin de clôturer un passé et d’ouvrir la porte de l’avenir ?

 

Devant mon mal-être, il a enfin décidé de faire « le grand rangement » qui l’attend chez sa mère et me laisser ainsi seule pour entreprendre le mien.

Pourquoi attendre que je sois dans le mal-être, alors que je lui en parle depuis que nous nous connaissons ?

Vais-je poursuivre ma relation avec lui, si je dois à chaque fois « me mettre mal » pour qu’il accepte de se prendre en main ?

 

Je n’ai pas envie de vivre une relation dans laquelle la globalité de mon Être ne s’épanouit pas, une relation dans laquelle « je m’efface » pour préserver l’harmonie du couple.

J’étais dans cette démarche avec mes précédents compagnons. Toujours préserver l’harmonie, me donner aux autres, répondre à leurs besoins jusqu’à m’ignorer moi-même.

Je refuse désormais de vivre ainsi. En cela, je remercie M. d’être celui qui me montre ce que j’ai besoin d’apprendre pour exister pleinement en manifestant qui je suis.

 

Je suis simplement triste de me poser ce genre de questions maintenant, alors que j’étais persuadée au début de notre relation que nous allions de par notre complémentarité, nous épanouir et nous réaliser dans nos projets.

Je suis triste de voir la violence par moment dans nos échanges verbaux, comme si nous devenions 2 tyrannosaures s’affrontant (tyrans reptiliens). Je perçois bien la présence de nos prédateurs respectifs.

 

Je me surprends d’ailleurs à pouvoir devenir observatrice de la scène qui se joue, me voyant criant et portant des joutes verbales, cherchant à protéger « mon territoire ». Je ressens alors la force qui s’anime en moi et qui me laisse après coup, chancelante, la gorge en feu, irritée.

 

D’ailleurs dans mes relations de couple précédentes, je n’avais jamais laissé s’exprimer « la Bête », par peur de la violence qu’elle recèle. M. me donne l’occasion de le faire.

Je vois ça comme une évolution, malgré les apparences :-)

 

J’ai toujours des sentiments pour M. mais seront-ils suffisants pour poursuivre notre relation de couple ? Je suis déçue par toutes les projections (illusion ?) que j’ai pu avoir sur notre relation et nos activités communes qui ne se développent pas comme je le souhaitais (souhaits de réussite du prédateur ?).

 

Je n’aime pas faire souffrir ceux que j’aime, même si je sais que la cause d’une souffrance provient de soi et non de l’autre. Les programmations ont la vie dure !

 

J’ai compris qu’il ne faut pas être « dans l’attente » mais agir chaque jour pour Être.

Il m’est plus facile de le manifester quand je ne suis pas en présence de M. en ce moment.

M. me rappelle trop de « projections irréalisées ». Sa présence focalise mes déceptions.

 

Même si nous avons une sensibilité commune sur la vision de l’invisible, sur les phénomènes métaphysiques, sur la Nature, sur l’Univers, je me rends compte qu’il reste encore attaché à des concepts de causes extérieures concernant des situations vécues, sans chercher à voir en lui ce qui a déclenché ces réactions. Je lui exprime mes observations qu’il accepte plus facilement quand elles concernent son entourage mais difficilement quand elles se heurtent à la remise en question de ses propres schémas de pensées. Je suis alors déçue que nous ne puissions ensemble s’aider mutuellement à démasquer nos prédateurs, à voir nos programmations pour pouvoir les transformer et avancer de concert.

 

Jamais nous n’avons pu ensemble lire « Les dialogues avec notre Ange » et en discuter par exemple. J’aurais aimé pouvoir partager avec lui sur « le réseau Léo » mais il ne semble pas intéressé comme moi à lire en entier et visionner les vidéos du site. Quand je lui lis un extrait des dialogues, il va écouter mais ne va pas s’intéresser de lui-même à en lire davantage. C’est pourtant un partage que j’aimerais vivre dans mon couple.

 

Alors peut-être que nous n’évoluerons pas de la même façon ? Comment savoir si M. et moi sommes faits pour cheminer ensemble et être un couple qui fonctionne en synergie dans la quête commune de La Connaissance ?

 

Mon « En-Je » me susurre que notre rencontre est un passage que nous devons traverser ensemble pour notre Évolution respective mais que nos chemins se sépareront pour que chacun puisse continuer sa quête différemment.

C’est difficile pour moi de conscientiser une nouvelle séparation.

 

La difficulté est plutôt mentale, car elle repose sur le sentiment de « m’être trompée, de m’être illusionnée », sentiment d’échec dans mon projet de couple, qui vient réactiver mes précédentes ruptures.

 

Alors qu’au niveau du Cœur, de ma Conscience, il n’y a pas de blessure, uniquement un besoin d’Être sur mon chemin d’évolution, reconnaissante envers les hommes avec qui j’ai cheminé pour ce qu’ils m’ont permis de comprendre dans la connaissance de moi.

 

Depuis que je suis enfant, je suis attirée par cette notion du Couple comme l’expression idéale de la manifestation de l’Unité par la fusion de 2 énergies différentes mais complémentaires... j’étais loin de me douter qu’il me faudrait passer par plusieurs compagnonnages !

 

Mais je n’ai pas envie de me limiter aujourd’hui sur un futur potentiel. Je laisse venir ce qui vient, je laisse venir l’inconnu, l’Année 2017 donnera sa réponse.

 

Marielle

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Commentaires : 1
  • #1

    François K (mardi, 24 janvier 2017 15:59)

    Bonjour Marielle,
    merci de tes témoignages sur le Couple. C'est effectivement une sacrée aventure pour ceux qui s'y lancent. Arriver à voir quelle est la nécessité de ce temps en commun, aussi voir comment nous sommes dans la relation à l'autre. Et ne pas se voiler la face sur tous les conditionnements que nous portons en nous sur ce sujet qui touche à quelque chose de majeur, puisqu'il induit la survie de l'espèce, l'instinct de reproduction ... Je me suis beaucoup retrouvé dans ce que tu dis dans ton avant-dernier paragraphe pour avoir voulu mettre sur le dos de femmes une attente, un "vouloir" qui ne me concernait que moi, illusion imprimée dans mon enfance .... La Vie étant espiègle , c'est en lâchant cela que je l'ai trouvé, même si la chute des illusions n'a pas été facile et à occasionner une rupture mais aussi été une chance pour régler des karmas familiaux .... Depuis, il y a une notion que je trouve essentielle qui est apparue : aimer , oui mais sans vouloir changer l'autre, le regarder Nu, et l'accepter tel qu'il est. "J'aime à dire dans toute sa perfection non encore réalisée". Dans cette alchimie, la Vie met sur notre chemin des compagnons de route dont nous n'avons plus à nous cacher et juste à partager, jusqu'à notre essence. Comme si nos prédateurs eux aussi se mettaient au diapason des nécessités des apprenti-sages !